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Émigration irrégulière : Dr Hady Ba évoque un « échec collectif »



Émigration irrégulière : Dr Hady Ba évoque un « échec collectif »
L’émigration irrégulière continue de préoccuper et d’inquiéter l’élite intellectuelle sénégalaise. Invité de l’émission Le Grand Jury de la RFM, ce dimanche 4 janvier, Dr Hady Ba a livré une analyse sans concession de ce phénomène qu’il qualifie d’« échec collectif ».
 
Enseignant-chercheur en philosophie à la FASTEF (Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation) et Directeur de l’Animation Culturelle et Scientifique (DACS) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Dr Ba estime que la persistance de l’émigration clandestine est avant tout le symptôme d’un profond malaise social. Selon lui, le manque de perspectives réelles alimente la colère et le désespoir d’une jeunesse prête à emprunter des voies « périlleuses » à la recherche d’un avenir meilleur.
 
Face à cette situation, l’universitaire appelle les gouvernants à une remise en question des choix opérés jusque-là. Il juge notamment que le discours souverainiste souvent brandi ne se traduit pas suffisamment dans les faits. « On n’a pas besoin de dire qu’on est souverain. On a besoin de travailler à construire une société prospère, capable de nourrir ses enfants et de participer aux recherches qui se font dans le monde », a-t-il déclaré.
 
Pour Dr Hady Ba, la réponse à l’émigration irrégulière passe par des réformes profondes, notamment sur le plan économique, mais aussi par un investissement massif dans l’éducation et la formation. Enseignant en sciences cognitives, il plaide pour le renforcement et la diversification de l’offre éducative, en particulier dans les régions.
 
À ce titre, il recommande la multiplication des lycées techniques commerciaux et industriels, à l’image du lycée De La Fosse, qu’il considère comme des modèles à promouvoir. Il salue également l’avènement des Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel (ISEP), tout en appelant à leur renforcement afin de permettre à davantage de jeunes d’accéder à des formations qualifiantes facilitant leur insertion professionnelle.
 
Pour l’universitaire, c’est à ce prix que le pays pourra offrir des alternatives crédibles à sa jeunesse et freiner durablement l’élan vers l’émigration irrégulière.

Ismaila Mansaly

Dimanche 4 Janvier 2026 - 14:36


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