« LA CHRONIQUE DU DIMANCHE DE BKD »
Encore une fois, la mer a parlé. Encore une fois, elle a rejeté des corps, comme pour rappeler au monde notre échec collectif. 69 morts au large de la Mauritanie. Des jeunes, des frères, des fils. Ils rêvaient d’Espagne, de dignité, de vie meilleure. Ils n’ont trouvé que la mort.
(10ᵉ Numéro - 31 août 2025)
Encore une fois, la mer a parlé. Encore une fois, elle a rejeté des corps, comme pour rappeler au monde notre échec collectif. 69 morts au large de la Mauritanie. Des jeunes, des frères, des fils. Ils rêvaient d’Espagne, de dignité, de vie meilleure. Ils n’ont trouvé que la mort.
Qui est responsable ?
La vérité est dure : tout le monde l’est.
Les passeurs, d’abord, sont des criminels. Ils encaissent l’argent, promettent l’Europe, et abandonnent leurs passagers à la mer.
Mais si les jeunes acceptent de leur confier leur destin, c’est parce que chez eux, l’horizon est bouché. Pas d’emplois, pas d’espoir.
On survit au lieu de vivre.
Les familles aussi portent leur part de responsabilité. Par amour ou par pression, elles poussent parfois leurs enfants à tenter « l’aventure ». On vend un terrain, on s’endette, et on confie la vie d’un fils à un inconnu sans scrupules.
Les États africains, eux, ont failli. Leur rôle est de donner une chance à la jeunesse, de construire des écoles, des usines, des routes vers l’avenir. Trop souvent, ils se contentent de discours.
Résultat : les meilleurs de nos forces vives s’embarquent sur des cercueils flottants.
Et l’Europe ? Elle parle de solidarité, mais construit des murs. Elle signe des accords pour repousser les migrants toujours plus loin, sans se soucier du prix humain. Les naufrages deviennent la conséquence directe de cette politique de fermeture.
Alors, que faire ? Il faut dire stop. Stop à l’indifférence, stop aux promesses creuses. Nos dirigeants doivent investir dans les jeunes : formation, travail, entrepreneuriat.
Nos États doivent coopérer pour détruire les réseaux de passeurs. L’Europe, elle, doit ouvrir des voies légales et sûres de migration, car fermer les frontières ne fera qu’agrandir les cimetières marins.
Chaque corps rejeté par la mer est un échec collectif. Mais aussi un appel : celui de bâtir une Afrique où partir ne serait plus une nécessité, mais un choix.
Par BDK
Par BDK
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