La justice française a confirmé le 10 juin 2026 la tenue d'un procès correctionnel pour le géant français du nucléaire Areva, suspecté d'avoir sous-évalué la menace al-Qaïda, rendant ainsi possible l'enlèvement en 2010 de cinq Français, un Malgache et un Togolais, près de la mine d'uranium d'Arlit au Niger. Maître Olivier Morice, avocat de l'ex-otage Pierre Legrand, se dit « satisfait » mais « regrette […] que le parquet […] retarde l'issue de la procédure ».
En France, la justice l'a confirmé le 10 juin 2026 : il y aura bien un procès correctionnel pour Areva. Le géant français du nucléaire est suspecté d'avoir sous-évalué la menace d'al-Qaïda, rendant possible l'enlèvement de sept de ses employés – 5 Français, un Togolais et un Malgache – en 2010 à Arlit, dans le nord du Niger.
En septembre dernier, les juges d'instruction avaient ordonné un procès pour « blessures involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence et de sécurité imposée par la loi ou le règlement, ayant entrainé une incapacité totale de travail de plus de trois mois ».
Le parquet national antiterroriste avait fait appel mais a été débouté sur ce point.
« Le préjudice subi, notamment par Pierre Legrand, est tout à fait considérable »
Maître Olivier Morice, avocat de l'ex-otage Pierre Legrand – libéré fin-octobre 2013, après plus de 1 000 jours de détention –, se réjouit de cette décision. « La Cour d'appel de Paris, non seulement a confirmé le renvoi d'Areva pour blessures involontaires, mais elle a considéré que ces blessures involontaires avaient entraîné un préjudice extrêmement important, une incapacité de travail supérieure à trois mois, ce qui est le maximum. Et donc, nous sommes évidemment satisfaits », souligne-t-il au micro de Magali Lagrange.
« Ce que nous pouvons regretter néanmoins, c'est que le parquet, qui avait cru devoir faire appel dans ce dossier, retarde l'issue de la procédure devant le tribunal correctionnel pour un dossier qui, malheureusement, est en attente maintenant depuis extrêmement longtemps, puisque le préjudice qui a été subi, notamment par Pierre Legrand, est tout à fait considérable : il a été enlevé, séquestré dans des conditions abominables pendant plusieurs années. Et il appartiendra au tribunal correctionnel, si la responsabilité pénale d'Areva est retenue comme nous le souhaitons, eh bien de chiffrer son préjudice », conclut l’avocat.
Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010, cinq Français (Françoise et Daniel Larribe, Pierre Legrand, Marc Féret et Thierry Dol), le Malgache Jean-Claude Rakotoarilalao et le Togolais Alex Awando, avaient été enlevés à Arlit par des hommes armés. Après cinq mois de captivité, le 25 février 2011, Françoise Larribe, malade, avait été libérée avec les salariés malgache et togolais. Les quatre derniers otages avaient été libérés le 29 octobre 2013, après 1 139 jours de détention dans le désert sahélien.
Autres articles
-
Côte d'Ivoire: polémique après la destruction sans autorisation d'un quartier d'Abidjan
-
Bola Tinubu : «Plus de 13.000 terroristes ont été neutralisés sur l'année écoulée» au Nigéria
-
RDC: la 17e épidémie d'Ebola loin d’être maîtrisée, avertit le Centre africain de contrôle des maladies
-
Niger : Le nouveau Code pénal criminalise l'homosexualité avec des peines allant jusqu'à 20 ans de prison
-
Soudan du Sud: plus de la moitié du pays connaît une insécurité alimentaire aiguë, dit l'ONU




Côte d'Ivoire: polémique après la destruction sans autorisation d'un quartier d'Abidjan


