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Ennahda tient son congrès à la recherche d'une ligne idéologique claire

Le congrès du parti islamiste Ennahda est l'événement de la semaine en Tunisie. C'est le premier congrès public dans le pays depuis 1988, un fait exceptionnel pour lequel 500 journalistes ont été accrédités. Il réunira plus de 1100 délégués avec un objectif : fixer la stratégie du parti pour les années à venir et renouveler les instances.



Rached Ghannouchi lors d'un discours pour le 31e anniversaire du parti Ennahda. AFP/SALAH HABIBI
Rached Ghannouchi lors d'un discours pour le 31e anniversaire du parti Ennahda. AFP/SALAH HABIBI
C'est un congrès historique qui s'ouvre à Tunis ce jeudi, car Ennahda a été interdit pendant des années sous l'ancien régime. La plupart des ténors du parti ont passé entre dix et seize ans en prison, son chef Rached Ghanouchi a été exilé durant 20 ans à Londres. Ce n'est que depuis un an et demi, depuis le renversement de Zine el Abidine ben Ali qu'Ennahda est sorti de l'ombre. Légalisé en mars 2011, le parti a ensuite réussi à remporter les élections quelques mois plus tard.

Le chemin parcouru est à ce titre inespéré pour les militants. « Ces dernières années nous étions cachés, confie Hicham Laarid, un jeune sympathisant de 25 ans, nous travaillions en secret. C'est donc la première fois que nous allons nous réunir à la lumière, devant tout le monde, devant les médias, et en présence d'autres partis politiques qui ont été invités à participer à quelques séances », souligne-t-il, voyant là un « congrès exceptionnel », qui va « ouvrir une nouvelle ère non seulement pour le parti mais aussi pour la Tunisie, parce que Ennahda est le parti le plus grand et toutes les décisions qui seront prises dans ce congrès auront un impact sur la vie politique dans le pays ».

Ce congrès recouvre plusieurs enjeux. C'est d'abord l'occasion pour le parti de remettre à plat sa ligne politique et de réorganiser ses instances qui sont les mêmes depuis l'époque où Ennahda était un parti clandestin. Rached Ghanouchi, le patron du parti, va aussi remettre son mandat en jeu. Certains plaident au sein de l'Etat-Major du parti pour une direction plus collégiale, mais son leadership n'est pas vraiment contesté. « Je pense qu'il sera reconduit dans ses fonctions de président du parti car c'est lui qui a conduit le parti à la victoire aux dernières élections, c'est lui qui a tracé la ligne politique actuelle qui est modérée et consensuelle donc tant qu'il n'y aura pas de changement radical de la ligne politique du parti il n'y a pas de raison de changer de président » estime Ajmi Lourimi, membre du comité exécutif d'Ennahda qui rappelle que la décision reviendra aux congressistes.

Pas de charia dans la Constitution

Rached Ghanouchi a déjà fait savoir dans la presse tunisienne qu'il souhaitait qu'Ennahda reste un mouvement modéré et ouvert. Il s'était d'ailleurs prononcé pour l'abandon de la notion de charia dans la Constitution qui est en train d'être discutée actuellement. L'actuel patron du parti incarne l'aile modérée du part, ou l'aile pragmatique comme préfèrent dirent certains observateurs.

Certaines personnalités comme Sadok Chorou lui reproche cependant de faire trop de compromis. Et il est établi que la base du parti est plus dure que l'image que veut donner la direction. L'intérêt de ce congrès va donc être aussi, via les débats et les votes qui auront lieu, de donner peut-être une indication de la représentativité de chacun.

A quel islam se référer ?

Selim ben Abdeslam député du parti Ettakatol, souhaite que ce soit aussi l'occasion pour le parti de clarifier sa position jugée ambigue vis à vis de la mouvance salafiste. « J'attends d'Ennahda, qui est un parti islamiste et qui assume son identité, qu'il dise clairement à quel islam il se réfère et qu'il rejette l'islam des salafistes qui est un islam dangereux, qui est un islam qui veut diviser les Tunisiens et qui est un islam qui va à l'encontre de l'unité nationale dont la Tunisie a tant besoin aujourd'hui », dit-il. Car pour lui, la frontière est claire : « L'unité nationale doit se faire sur des projets communs, sur des symboles et ne peut en aucun cas sur la vision que nous proposent cette mouvance salafiste qui refuse la démocratie ».

Ennahda est aujourd'hui le parti le plus puissant du pays et compte bien le rester. Ce congrès traduit une volonté de se mettre en ordre de bataille pour les élections prévues en 2013. Ennahda va pour cela devoir se doter d'un nouveau programme, adapté à la période difficile aujourd'hui que traverse la Tunisie. Le parti est aujourd'hui critiqué pour son inaction ces derniers mois. Il ui est en partoiculier reproché de n'avoir pris aucune mesure économique phare pour relancer l'activité notamment dans les régions déshéritées du sud.
Source: RFI


Jeudi 12 Juillet 2012 - 09:50


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