Pendant la campagne, Abiy Ahmed a défendu son bilan. Comme les méga-projets qu'il revendique : la finalisation du Grand barrage de la Renaissance sur le Nil, la modernisation de la capitale Addis-Abeba, ou encore les grands complexes touristiques luxueux qui fleurissent un peu partout. Une « jolie vitrine » qui camoufle mal la fragmentation du territoire et un bilan humain « désastreux », selon l'opposition.
Plus de 11 000 candidats de 47 partis sont en lice. Le parti modéré Ezema, et la coalition pour l'Unité de l'Éthiopie, plus radicale, sont les principaux concurrents au Parti de la prospérité au pouvoir. Ils dénoncent le manque de démocratie et la pauvreté, provoquée par une forte inflation depuis plusieurs années. Mais aussi l'insécurité qui règne dans une grande partie du territoire.
Le gouvernement d'Abiy Ahmed est en conflit avec des groupes armés dans les principales régions du pays. En Amhara, le gouvernement affronte les Fano et en Oromia, le Front de libération oromo : deux groupes armés qui réclament le renversement du régime.
Un contexte particulièrement tendu qui fait que l'opposition n'a pas pu présenter de candidats partout. Ils expliquent avoir été menacés par les groupes armés et des forces fédérales. Résultat : le parti au pouvoir, le Parti de la prospérité, concourt seul dans 12% des circonscriptions.
Au Tigré, le scrutin a été annulé. La communication entre le gouvernement régional du Front de libération du Tigré et le gouvernement fédéral est rompue depuis un mois.
Pour plusieurs chercheurs spécialistes de l'Éthiopie, la présence de l'opposition permet surtout au gouvernement de se donner une crédibilité sur la scène internationale.
Sabine Planel, chargée de recherche à l'Institut de recherche pour le développement, estime ainsi que les élections sont déséquilibrées : « À Addis-Abeba, l’aide alimentaire sert à s’assurer un soutien électoral. Dans un contexte de pauvreté et d’insécurité, la parole politique, les médias et les pratiques de vote sont étroitement contrôlés. »
« Abiy Ahmed se prête juste au jeu car il a besoin de légitimité, surtout vis-à-vis des pays occidentaux et des institutions financières telles que le FMI et la Banque mondiale, estime pour sa part Yohannes Woldemariam, politologue spécialiste de la Corne de l'Afrique. Car il a vraiment besoin d'argent. Mais les personnalités politiques d’opposition que les gens connaissent ne sont même pas dans le pays et beaucoup d'acteurs politiques sont soit en prison, soit réduits au silence. »
Le scrutin doit renouveler les 547 sièges de la Chambre des représentants, dominée aujourd’hui par le parti au pouvoir avec 96% des députés.
Deux missions d'observation sont déployées dans le pays, celle de l'Union africaine et celle de l'IGAD, l'organisation régionale de la Corne de l'Afrique. Au total, une centaine d'experts sont présents pour s'assurer de l'indépendance du scrutin.
Plus de 11 000 candidats de 47 partis sont en lice. Le parti modéré Ezema, et la coalition pour l'Unité de l'Éthiopie, plus radicale, sont les principaux concurrents au Parti de la prospérité au pouvoir. Ils dénoncent le manque de démocratie et la pauvreté, provoquée par une forte inflation depuis plusieurs années. Mais aussi l'insécurité qui règne dans une grande partie du territoire.
Le gouvernement d'Abiy Ahmed est en conflit avec des groupes armés dans les principales régions du pays. En Amhara, le gouvernement affronte les Fano et en Oromia, le Front de libération oromo : deux groupes armés qui réclament le renversement du régime.
Un contexte particulièrement tendu qui fait que l'opposition n'a pas pu présenter de candidats partout. Ils expliquent avoir été menacés par les groupes armés et des forces fédérales. Résultat : le parti au pouvoir, le Parti de la prospérité, concourt seul dans 12% des circonscriptions.
Au Tigré, le scrutin a été annulé. La communication entre le gouvernement régional du Front de libération du Tigré et le gouvernement fédéral est rompue depuis un mois.
Pour plusieurs chercheurs spécialistes de l'Éthiopie, la présence de l'opposition permet surtout au gouvernement de se donner une crédibilité sur la scène internationale.
Sabine Planel, chargée de recherche à l'Institut de recherche pour le développement, estime ainsi que les élections sont déséquilibrées : « À Addis-Abeba, l’aide alimentaire sert à s’assurer un soutien électoral. Dans un contexte de pauvreté et d’insécurité, la parole politique, les médias et les pratiques de vote sont étroitement contrôlés. »
« Abiy Ahmed se prête juste au jeu car il a besoin de légitimité, surtout vis-à-vis des pays occidentaux et des institutions financières telles que le FMI et la Banque mondiale, estime pour sa part Yohannes Woldemariam, politologue spécialiste de la Corne de l'Afrique. Car il a vraiment besoin d'argent. Mais les personnalités politiques d’opposition que les gens connaissent ne sont même pas dans le pays et beaucoup d'acteurs politiques sont soit en prison, soit réduits au silence. »
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