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Éthiopie : une grave crise de la faim touche les régions d’Amhara, Afar et Tigré



Éthiopie : une grave crise de la faim touche les régions d’Amhara, Afar et Tigré
 Après 15 mois de conflit, près de 40% des Tigréens souffrent d’un manque extrême de nourriture. Parallèlement, l’agence onusienne estime que 9 millions de personnes dans les trois régions du nord touchées par le conflit ont besoin d’une aide alimentaire humanitaire, soit le nombre le plus élevé à ce jour. 
« Cette sombre évaluation confirme une nouvelle fois que les habitants du nord de l’Éthiopie ont besoin d’une aide humanitaire renforcée, et ce dès maintenant », a déclaré dans un communiqué, le Directeur régional du PAM pour l’Afrique orientale, Michael Dunford.

Dans la seule région éthiopienne du Tigré, l’enquête auprès des ménages a révélé que plus de 80% de la population interrogée sont en situation d’insécurité alimentaire. 
« Le PAM a mené une évaluation de la sécurité alimentaire dans le Tigré pendant la récolte principale en novembre 2021, en interrogeant plus de 980 familles dans toute la région sur leur situation alimentaire et nutritionnelle », a déclaré lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève, le porte-parole du PAM, Tomson Phiri.

Les denrées alimentaires se raréfient au Tigré
En termes de nutrition, l’enquête a révélé que 13% des enfants tigréens de moins de 5 ans et la moitié des femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition. Cette situation entraîne de mauvaises issues de grossesse, un faible poids à la naissance, des retards de croissance et même des décès maternels.  

En octobre 2020, avant le conflit, plus de 90% des habitants du Tigré ont déclaré avoir peu ou pas du tout souffert de la faim. Aujourd’hui, moins de la moitié peut en dire autant (45%). 
« Les familles ont dit à nos équipes qu’elles avaient épuisé tous les moyens pour se nourrir, les trois quarts de la population ayant recours à des stratégies d’adaptation extrêmes pour survivre », a-t-il ajouté. 

Les denrées ne sont plus disponibles et les familles se nourrissent presque exclusivement de céréales, tout en limitant la taille des portions et le nombre de repas par jour, afin d’étirer la nourriture disponible. 

Dans la région voisine d’Amhara, la plus touchée par les récents combats entre les Forces armées éthiopiennes et les Forces du Tigré (TF), la faim a plus que doublé en cinq mois. Plus de 14% des enfants de moins de cinq ans et près d’un tiers des femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition dans cette province. 

La situation est identique dans l’axe de la région d’Afar, à l’est du Tigré, où les déplacements dus au conflit font augmenter les taux de faim et de malnutrition. Des données récentes de dépistage sanitaire montrent que les taux de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans s’élevaient à près de 30%, soit bien au-dessus du seuil d’urgence standard de 15%. 
 
Toujours des difficultés à atteindre certaines zones isolées par le conflit
Comme pour aggraver le sort des personnes vulnérables, l’intensification du conflit à la frontière entre le Tigré et l’Afar ces derniers jours devrait contraindre « davantage de communautés à quitter leurs foyers et à sombrer davantage dans la faim ». 
Selon le PAM, les familles touchées par la crise dans le nord de l’Éthiopie ont reçu en moyenne moins de 30% de leurs besoins caloriques au cours des derniers mois, aggravant ainsi la crise. 
Cette situation devient de plus en préoccupante alors que l’accès continue à rester un défi. 

Selon le PAM, aucun convoi n’a atteint le Tigré depuis la mi-décembre 2021, même si l’accès au Tigré s’était amélioré pendant l’été. Cela a ainsi permis « de tenir à distance la famine pour les personnes qui avaient été privées d’aide avant le mois de mai 2021 ».  
D’une manière générale, les combats et l’insécurité font que le PAM et les autres acteurs humanitaires ont du mal à atteindre les zones isolées par le conflit, dans des conditions qui mettent en danger la sécurité du personnel et des fournitures humanitaires. 

Selon l’ONU, encore plus de gens fuient les combats autour de la ville d’Abala, dans la province d’Afar, près de la frontière avec la province du Tigré. Les affrontements empêchent aussi la fourniture de l’aide par la seule route ouverte vers le Tigré, aucune fourniture n’étant arrivée depuis la moitié du mois de décembre. 
 

Moussa Ndongo

Vendredi 28 Janvier 2022 - 22:32


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