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Finances publiques : Vers une commission d'enquête parlementaire sur l'opération "TRS" de 650 millions d'euros



Le Groupe Parlementaire Takku Wallu a officiellement annoncé, ce lundi 30 mars 2026, le dépôt imminent d'une résolution visant à faire toute la lumière sur un montage financier complexe et jugé « opaque » de 650 millions d'euros, soit environ 426 milliards de FCfa


Cette initiative, fondée selon eux sur « l’article 50 du Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale », fait suite aux révélations du Financial Times concernant un mécanisme de Total Return Swap (TRS) contracté en juin 2025 par l’État du Sénégal auprès de la First Abu Dhabi Bank (FAB) et de l’Africa Finance Corporation (AFC).


S'exprimant lors d'une conférence de presse, Me Aïssata Tall Sall a précisé que « bien que ce montage ait été réalisé dès juin 2025, il n'a jamais été porté à leur connaissance, même lors des débats et du vote de la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026 en novembre dernier ». Selon les explications de Me Tall Sall, le TRS est un dérivé de crédit permettant de recevoir des liquidités contre la cession de rendements d'actifs, comme des obligations.


Étant juridiquement qualifié de « dérivé » et non de « prêt conventionnel », ce montant n'apparaît pas dans les comptes publics officiels, ce qui contribuerait, selon les parlementaires, à « masquer le niveau réel de l'endettement de l'État ». De plus, ils fustigent un contrat conclu de « gré à gré, sans appel d'offres ni publicité ».

 L'avocate et parlementaire a alerté sur des risques financiers jugés « dévastateurs » pour la viabilité des finances publiques sénégalaises. Elle a expliqué que ce type de financement impose souvent une décote de 30 à 40 %, soulignant que pour « 150 millions d'euros engagés, le Sénégal n'en percevrait que 105 millions, laissant les plus-values aux banques partenaires ». Elle a ajouté que si la valeur des obligations chute, l'État doit combler la différence et qu’en cas d'impayé, le Sénégal s'expose à « l'exigibilité immédiate de la dette assortie de lourdes pénalités ».
 

Sur le plan diplomatique et financier, le Groupe Parlementaire affirme que cette annonce a provoqué une « vive inquiétude chez les partenaires au développement et les créanciers traditionnels » qui n'auraient pas été informés au préalable. Cette situation pourrait « fragiliser gravement le crédit et la signature du pays à l'international ».



Au niveau national, l'absence de clarté sur d'éventuels « gages sur nos ressources en hydrocarbures » alimente l'angoisse des populations. Me Aïssata Tall Sall a conclu son intervention en jugeant les explications fournies par le ministre des Finances et du Budget comme étant « insuffisantes et contradictoires face à la gravité des faits ».



Lundi 30 Mars 2026 - 23:53


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