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Iinfidélité conjugale: Pourquoi les hommes lorgnent-ils

Quel est le Sénégalais marié qui pourrait jurer n'avoir jamais trompé sa douce moitié ? Ils ne sont pas en tout cas légion. Jeunes, vieux, tous ou presque, s'adonnent au pêché de la chair. Les châtiments prévus par le Coran et la Bible pour les fautifs ne semblent pas émousser l'ardeur des maris chauds lapins à coucher avec une autre que leur(s) femme(s). Encore moins l’opprobre moral social ou le fait d’être en couple depuis des années. Fatalité ou (im)pulsion éphémère, les raisons de cette incartade sont, comme ses occasions «clandestines», très diverses.



Iinfidélité conjugale: Pourquoi les hommes lorgnent-ils
De la réunion qui s'est prolongée tard dans la soirée ou le conseil d’administration pour les patrons tels que les directeurs de société, au dîner avec un partenaire pour les hommes d’affaires en passant par les reportages, une conférence de presse ou un bouclage tardif pour les journalistes et un dépannage d’urgence pour les techniciens. À coup sur, les moyens pour justifier une absence suspecte aux yeux de madame, ne font pas défaut. Pendant que certains profitent juste de l'absence de leur(s) femme(s) à leurs côtés. Reste à savoir les raisons qui pourraient pousser ces maris félons dans les bras d’une «autre». 

Seconde nature

En examinant de près l’évolution de la notion d’infidélité à travers l’histoire, on s’aperçoit qu’au XIIe siècle, le mythe des amoureux, celui de Tristan et Iseult, reposait déjà sur l’adultère. Et au fil des siècles et des années, l’infidélité s’est accrue pour devenir presque une seconde nature, encore plus chez la gent masculine. Il a été démontré que les femmes sont beaucoup plus portées sur le romantisme. La plupart d’entre elles ont tendance à entretenir des relations sexuelles lorsqu’elles sont éprises du partenaire. Tandis que les hommes marchent plus à l'attirance physique. De fait, ils ne peuvent pas s’empêcher de lorgner le moindre déhanchement d’une fille, au détour d’une rue, aux abords du lieu de travail… Les prétextes pour tromper sa compagne s’avèrent assez diverses. 

«Je n’y peux rien. J’ai beau essayé, mais je ne peux pas m’empêcher de regarder ailleurs», confesse Ibrahima Diagne (nom d’emprunt). Il lui est difficile cependant d’expliquer cette nature qui lui colle à la peau. Dans le registre des maris trompeurs, le cas d’O. Seck est atypique. Gérant d'un magasin de vente en gros de produits cosmétiques, il en est à sa quatrième année de vie conjugale. Ses escapades amoureuses ont commencé peu après la naissance de son premier enfant. «Madame est consciente que je la trompe, ce qui fait que nous avons régulièrement des altercations. Pourtant, je lui ai affirmé que je ne suis pas homme à me satisfaire d'une seule femme. Lorsque que le bébé est né, j'ai été franc avec elle en lui expliquant que je ne pouvais pas rester une semaine sans satisfaire ma libido. Beaucoup de dames venant s'approvisionner dans son magasin, il n'a que l'embarras du choix pour s’offrir du bon temps avec une partenaire. «Pourvu que je les aide à embellir leur teint, elles ne me refusent rien. Il arrive que ce soit une femme qui me propose des relations sexuelles moyennant un ou des produits de beauté ». Cela frise le maniaque sexuel.

Libido sans frein 

D’une seconde nature, l’infidélité des hommes peut passer à une étape supérieure où l’homme ressent un besoin insatiable et souvent désespéré de sexe. Il est en permanence en quête effrénée d’une femme avec qui assouvir ses pulsions charnelles qui deviennent à la longue incontrôlable. À l’image de ce coureur de jupon invétéré qui tire sur tout ce qui bouge ou plutôt sur toutes celles qui portent un pagne. C’est un riche homme d’affaires, polygame. «Malgré les efforts surhumains de mes 4 épouses, je ressens toujours le besoin d’aller voir ailleurs» concède-t-il. L’homme en arrive au point de voir sa vie de couple comme une routine.

La routine : un tue-l’amour 

La plupart des hommes justifie leur infidélité par la routine et la monotonie de leur vie conjugale. À force de toujours «brouter la même herbe», il leur vient l’envie impulsive d'aller chercher l'aventure... «Avoir une nouvelle conquête dans son lit, c’est nouveau et c’est ce qui rend la chose particulièrement attrayante», avance ce père de famille chrétien. Il a pourtant tout pour être heureux. Une belle femme, véritable cordon bleu, qui plus est très portée sur les artifices de séduction. Mais cela ne le retient en aucun cas chez lui. Bien au contraire, le mari se sent obligé de découvrir de nouvelles sensations, différentes de celles qu’il éprouve quand il est avec sa femme. «Du lundi au dimanche, c’est la même chose, il faut parfois un peu de piquant pour rendre la vie plus agréable», avoue ce mari volage. La monotonie peut aussi atteindre le lit du couple. Dans le meilleur des cas, c'est le manque de créativité surtout de la femme qui donne envie d'aller voir ailleurs pour tester d'autres postures. Et dans le pire des cas, ce sont les pannes sexuelles, la frigidité de la femme et autres troubles qui nourrissent le péché de la chair.

Manque de communication 

Les raisons qui poussent l’homme à être infidèle ne sont pas toujours celles que l’on expose consciemment. Certains aiment se convaincre de leur infidélité, juste parce qu’ils estiment le nombre de femmes supérieur au leur. C’est le cas d’Edouard qui a fait pourtant vœu de fidélité à sa femme. Bien que sa religion proscrive l’adultère, il reste persuadé qu’il «arrange» les autres qui «chôment», en cocufiant sa femme. Toutefois, c’est loin d’être le cas. Généralement, le manque de communication dans le couple est l’une des raisons de l’infidélité des hommes. Ces derniers préfèrent refouler cette absence de dialogue au fond de leur subconscient. Et forcément le manque de communication entraîne une incompréhension dans le couple. L’un des conjoints peut se sentir en manque d’affection ou d’amour et, le plus naturellement du monde, va essayer de combler cette lacune en faisant d’autres conquêtes. Soulèye, de son petit nom, fait partie de ce lot : «ma femme et moi avons perdu notre complicité d’antan, à cause de son emploi du temps chargé. Elle occupe un important poste dans une société de la place ; ce qui lui prend quasiment tout son temps. Elle arrive tard, contrairement à moi. Et par la force des choses, on a fini par ne plus se parler, sinon, on ne fait que se disputer. J’ai fini par me sentir mal-aimé et dévalorisé». En manque d'amour, les conjoints ne regardent plus dans la même direction, mais lorgnent ailleurs. Ainsi, l'infidélité puise sa satisfaction dans les faiblesses de l’homme, en le poussant à se consoler dans tous les bras à sa portée et prêts à l’accueillir.

Loin des yeux, loin du cœur

Les hommes sont plus enclins à tromper leurs femmes quand celles-ci sont loin d’eux. Une relation à distance...distend les liens et favorise les tentations et donc d'autres attachements. Elle est d’ailleurs en grande partie responsable de l’infidélité des hommes. Sur un échantillon de 5 maris infidèles interrogés, 3 se trouvent à mille lieux de leurs épouses. B. Sarr est employé dans une société sise sur la nationale 1. La quarantaine dépassée, marié et père de quatre bouts-de-bois-de-Dieu, mais sa douce moitié est restée à Khombole auprès de ses parents. Il louait une chambre depuis des années à Pikine, et dit avoir été sage au début, s'intéressant uniquement à son boulot. La tentation d'avoir une copine n'effleurait nullement son esprit. Il préférait être fidèle à son épouse. «Je me pressais d'aller rejoindre la mère de mes enfants pendant le week-end ou les fêtes comme la Tabaski ou la Korité», dit-il. Hélas, il a fini par succomber au charme d'une fille et s'en est entiché. «C'était d'abord des relations amicales qui ont rapidement cédé la place à l'amour. J'ai beau résister, mais quand on est loin de sa femme, cela devient difficile», se défend-il.

Aussi, malgré les prêches et autres sermons des religieux sur les châtiments contre l'adultère, les adeptes de cette pratique n'en font qu’à leur désir et plaisir. La sourate «Le voyage nocturne» : «Fuyez le pêché de la chair, c'est une turpitude périlleuse» et le commandement «Tu ne commettra point d’adultère», sont pourtant assez dissuasif.

ALY KHOUDIA DIAO, SOCIOLOGUE: «L’infidélité, c’est le côté obscur des hommes » 

« L’infidélité des hommes s’explique par la prédation qui est innée chez les hommes, les vrais, face à ces beautés angéliques, ces chutes de reins démoniaques…» C’est l’avis du sociologue Aly Khoudia Diao, interrogé sur la question de l’infidélité masculine. 

M. Diao, comment expliquez-vous la progression de l’infidélité chez les hommes, de nos jours ? 

A priori, le problème se pose en termes de disponibilité et de capacité, mais surtout, en termes d’inhérence dans la mesure où il s’agit de couples mariés, donc prisonnier des aspects normés par la religion au sens de l’interdit, de couples non marié, mais assujetti au critère de confiance et de respect mutuel. Il faut comprendre que le temps finit toujours par engendrer la routine, le besoin d’expérience nouvelle, la vieillesse d’un des conjoints, le besoin d’une nouvelle cure de jouvence, qui sont des facteurs favorisant ou entraînant l’infidélité chez les hommes. 

Si la disponibilité de la « denrée » ne pose pas problème, et que la capacité de frappe financière des « coureurs » est établie, alors si l’on n’a aucun remords, aucun scrupule, et Dieu sait qu’il y en a très peu qui se poseront ses questions métaphysiques, alors là, l’acte d’infidélité est possible. 

Donc, c’est un problème de disponibilité pratique, rendu d’autant plus possible que notre société est en passe de réussir sa mue. Notre environnement est « encombré» de belles nymphes à tous les coins de rue qui ne demandent qu’à être abordées, parce que c’est le premier pas vers la valeur marchande.

Or, les hommes mariés ont déjà des obligations familiales et parentales, des charges onéreuses qui réduisent leur marge de manœuvre. Ce qu’il tente de faire, généralement, c’est d’essayer de gérer la « go » outside, en essayant d’obtenir chez elle les sensations qu’ils n’éprouvent plus avec leurs femmes. Mais, d’aucuns avancent l’argument du nombre plus élevé de femmes au Sénégal…

Je pense que l’offre est N fois supérieure à la demande. Ce qui, en soi, explique aussi la disponibilité, l’accessibilité des femmes sénégalaises, mais je veux dire que le problème de l’infidélité réside beaucoup plus en nous que tout autre chose. 

J’ai tendance à dire que nous (ndlr, les hommes) sommes des fauves, nous sommes des prédateurs dotés d’un instinct de chasse que rien ne peut annihiler. Il peut cependant sommeiller en nous, mais notre « moi obscur » fait même qu’un homme, un vrai, ne puisse se contenter d’une seule femme. Ce n’est pas dans notre nature.

Ceux d’entre nous qui sommes restés fidèles jusqu’à présent devront remercier Dieu de nous garder de ce côté obscur de notre personnalité. Cela dit, quand on est en présence d’une « bonne proie », seules les règles de civilité et bienveillance, la pudeur, nous empêchent de donner suite à nos idées. Et on se met à dérouler une stratégie d’abordage, de séduction et de conquête à partir d’artifices multiples, aidés en cela par les mimiques, manières et façons de la « go ». C’est cela la réalité de la drague au Sénégal. Sociologiquement, la fidélité n’est pas un trait de nature, c’est la culture qui nous l’a imposée pour contrecarrer notre bonheur. Or le bonheur complet est impossible à l’homme, car il n’est pas une fonction de civilisation qui a, elle, une base répressive.

On constate aussi que le phénomène se banalise, pourquoi ?

La banalisation de l’infidélité n’est pas une abdication de la gent féminine, ni masculine d’ailleurs. C’est une chose qui est très mal vue au Sénégal, en ce sens que le mariage est, quand même, une institution qu’il faut protéger. Les liens du mariage sont sacrés et la famille est la première institution qui garantit aux enfants la sécurité et l’éducation nécessaires pour affronter la vie plus tard. Nous ne devons pas donner à nos enfants l’idée ou la croyance selon laquelle les liens d’amour peuvent se fabriquer n’importe comment, et même en dehors du mariage. Ce serait pervertir nos croyances, nos coutumes et nos mœurs. Ce serait donner libre cours à toutes les dérives. L’infidélité, au vu et au su de tout le monde, est une insulte aux liens du mariage et une négation des valeurs cardinales que la société nous a enseignées. La religion nous permet de prendre jusqu’à quatre épouses, je ne vois donc pas comment nous ne pourrions pas combler les besoins du côté obscur de notre personnalité.

COMMENTAIRE : Est- ce normal ?

C’est à se demander si l’infidélité masculine n’est pas légitimée. Sinon, comment comprendre que le délit d’adultère ne soit appliqué qu’aux femmes. Car, il ressort d’un échange avec un spécialiste du droit que les maris coupables d’infidélité passent moins sous le martinet du juge civile et religieux. 

Les femmes facilement tombent au mieux sous le coup d’une sentence, voire d’un châtiment. Elles sont beaucoup plus exposées aux risques de condamnation aux peines prévues pour châtier le péché de la chair. De la lapidation à la flagellation, rien n’est de trop pour réhabiliter l’image ternie de la chasteté de la femme. Justice discriminatoire ou tendance populaire ? En tous les cas, les femmes, moins enclines au libertinage sexuel, en font davantage les frais, pour ne pas dire uniquement. « Les hommes et les femmes n’ont-ils pas les mêmes droits », s’est interrogé, à juste titre, ce juriste. Quand les hommes se cachent derrière le manteau de la polygamie pour contracter une relation «officieuse et adultérine», les femmes elles trinquent, et à tous les coups. Loin de prendre partie pour les femmes frivoles, mais la loi devrait s’appliquer à tout le monde, sans discrimination. 




Lundi 9 Janvier 2012 - 14:28



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