Dans son discours du 13 juillet 2016, devant les officiers français réunis à l'hôtel de Brienne à la veille de la Fête nationale, le président François Hollande annonce la fin de l’intervention militaire française en Centrafrique. « Nous avons pu conjurer le risque de désagrégation de ce pays. Ce succès nous conduit à passer le relais à la communauté internationale et aux autorités centrafricaines », annonce le chef de l’État, qui précise : « En octobre prochain, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, se rendra donc en Centrafrique pour prononcer officiellement la fin de l'opération Sangaris ».
L'annonce du retrait militaire français est une opportunité pour Moscou qui veut accroître son influence en Afrique. Dès 2017, le Kremlin propose à Bangui une offre sécuritaire complète, rappelle Thierry Vircoulon, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri). « La question des livraisons d'armes a été la porte d'entrée pour Moscou, puisque la Centrafrique était sous un embargo de l'ONU ».
« Une très mauvaise appréciation de la politique russe par Paris »
Pour que les Forces armées centrafricaines (FACA) reçoivent des armes, il fallait en effet un accord du Conseil de sécurité. « C'est là que la Russie est intervenue et a obtenu, en tant que membre du Conseil de sécurité, une exemption pour cette livraison d'armes », explique le chercheur qui souligne qu’avec cette livraison d’armes, s’est logiquement posée la question de la formation. « Les instructeurs de Wagner sont alors arrivés. C'était un package : armes et formation ».
L'arrivée des Russes en Centrafrique est d'autant plus simple qu'en 2018, Paris, dans le cadre de son architecture de sécurité, plaide pour tendre la main à Moscou. « Il y a eu une très mauvaise appréciation de la politique russe », explique Thierry Vircoulon pour qui « il est clair que la diplomatie française voulait maintenir un espace de dialogue avec le pouvoir russe, sans réaliser que le pouvoir russe, lui, n'était pas intéressé par le dialogue ». Le chercheur rappelle que Paris était aussi engagé à l’époque au Mali avec l’opération Barkhane, et ne voulait pas, par conséquent, avoir la charge de deux missions en même temps. Pour Thierry Vircoulon, la France « a en fait sacrifié, il faut le dire, la Centrafrique à l'opération au Mali ».
Wagner n’a pas rempli son contrat de pacifier la Centrafrique
Cinq ans après leur arrivée, les Russes ont transformé la Centrafrique en une chasse gardée économique, sans remplir complètement le contrat sécuritaire initialement proposé.
« Ils ne l’ont rempli que partiellement », précise Thierry Vircoulon, « dans la mesure où, avec le déploiement par le groupe paramilitaire Wagner de 1 500 hommes, ils ne sont parvenus à sécuriser que la capitale Bangui et un certain nombre de chefs-lieux de province ». Le chercheur reconnaît que les mercenaires de Wagner sont également parvenus à former et équiper certains bataillons de l'armée centrafricaine. « Mais ils ne sont pas parvenus à pacifier la Centrafrique et à faire en sorte que les groupes armés qui sont dans la brousse soient complètement défaits et disparaissent », souligne-t-il. Depuis la fin 2021, les mercenaires de Wagner sont en effet harcelés par un certain nombre de ces groupes armés loin dans la brousse.
Le groupe Wagner se maintiendra-t-il en Centrafrique ou le président Faustin-Archange Touadéra cherchera-t-il d'autres soutiens ? À quelques jours du 2e sommet Russie-Afrique de Saint-Pétersbourg, toutes les options sont sur la table.
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« Une très mauvaise appréciation de la politique russe par Paris »
Pour que les Forces armées centrafricaines (FACA) reçoivent des armes, il fallait en effet un accord du Conseil de sécurité. « C'est là que la Russie est intervenue et a obtenu, en tant que membre du Conseil de sécurité, une exemption pour cette livraison d'armes », explique le chercheur qui souligne qu’avec cette livraison d’armes, s’est logiquement posée la question de la formation. « Les instructeurs de Wagner sont alors arrivés. C'était un package : armes et formation ».
L'arrivée des Russes en Centrafrique est d'autant plus simple qu'en 2018, Paris, dans le cadre de son architecture de sécurité, plaide pour tendre la main à Moscou. « Il y a eu une très mauvaise appréciation de la politique russe », explique Thierry Vircoulon pour qui « il est clair que la diplomatie française voulait maintenir un espace de dialogue avec le pouvoir russe, sans réaliser que le pouvoir russe, lui, n'était pas intéressé par le dialogue ». Le chercheur rappelle que Paris était aussi engagé à l’époque au Mali avec l’opération Barkhane, et ne voulait pas, par conséquent, avoir la charge de deux missions en même temps. Pour Thierry Vircoulon, la France « a en fait sacrifié, il faut le dire, la Centrafrique à l'opération au Mali ».
Wagner n’a pas rempli son contrat de pacifier la Centrafrique
Cinq ans après leur arrivée, les Russes ont transformé la Centrafrique en une chasse gardée économique, sans remplir complètement le contrat sécuritaire initialement proposé.
« Ils ne l’ont rempli que partiellement », précise Thierry Vircoulon, « dans la mesure où, avec le déploiement par le groupe paramilitaire Wagner de 1 500 hommes, ils ne sont parvenus à sécuriser que la capitale Bangui et un certain nombre de chefs-lieux de province ». Le chercheur reconnaît que les mercenaires de Wagner sont également parvenus à former et équiper certains bataillons de l'armée centrafricaine. « Mais ils ne sont pas parvenus à pacifier la Centrafrique et à faire en sorte que les groupes armés qui sont dans la brousse soient complètement défaits et disparaissent », souligne-t-il. Depuis la fin 2021, les mercenaires de Wagner sont en effet harcelés par un certain nombre de ces groupes armés loin dans la brousse.
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