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Israël pillonne Gaza alors que le conflit meurtrier s'aggrave

Les affrontements entre Israël et le Hamas se poursuivent. Bombardements à Gaza, tirs de roquettes contre le territoire israélien… Quatre jours après le début de l'escalade, le bilan est lourd : 7 morts israéliens, 103 dont 27 enfants du côté des Palestiniens de Gaza, où la situation est dramatique. Dans le même temps, à Lod, ville située à mi-chemin entre Tel-Aviv et Jérusalem, les violences intercommunautaires continuent de faire rage.



Peu après minuit, ce jeudi 13 mai, des groupes armés palestiniens ont à nouveau tiré des roquettes depuis la bande de Gaza, tandis que l’aviation israélienne a poursuivi ses bombardements de sites du Hamas. Des centaines d'habitants palestiniens ont dû rapidement fuir leurs maisons et rejoindre les abris pour échapper aux frappes. 
 
On ne s'habitue jamais aux bombardements, ni à la guerre. Cela fait deux jours qu'on ne dort pas.
Maalak Mattar, 21 ans, est une jeune artiste gazaouïe. « Je sens que plus le temps passe, moins il y a de chance de survie, confie-t-elle. Chaque soir, on pense que ça sera la nuit, la pire nuit. Il n’y a plus d’espoir et le sentiment dominant est la peur. Et tout ça, c’est extrêmement dommageable pour notre santé. »
 
Maalak Mattar explique qu'il lui a fallu « sept ans pour réparer ses blessures depuis la guerre de 2014 ». « Et là, tout revient à nouveau, mais en pire, s'exclame-t-elle. Et nous, les Palestiniens de Gaza, on a peur de nous-mêmes. Parce que je me pose la question à moi-même : si je me fais tuer là, qu’est-ce qu’il se passe ? Rien ! Est-ce qu’Israël sera tenu responsable ? Il ne le sera jamais. Je n’ai plus aucun espoir sur la situation. Penser à quel point c’est facile de tuer des personnes… et rien ne se passe. C’est en train de se passer. »
 
Ce jeudi soir, la bande de Gaza était sur le point de subir une attaque de l'armée israélienne, selon une annonce officielle. Mais deux heures plus tard, rétropédalage : l'état-major évoque une erreur de « communication interne » et affirme désormais combattre du territoire depuis l'extérieur.
 
Violences intercommunautaires dans les villes mixtes
Dans le même temps, ce jeudi soir, des violences ont également éclaté dans plusieurs villes mixtes. Près de 1 000 membres de la police des frontières ont été appelés en renfort. Ces trois derniers jours, plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées.
 
Ces violences intercommunautaires plongent le pays dans le chaos. L’état d’urgence a été décrété à Lod. Un couvre-feu nocturne est également en vigueur dans cette ville située à mi-chemin entre Tel-Aviv et Jérusalem.
 
Ce jeudi à 20h, l’hélicoptère de la police israélienne survole la ville de Lod, à basse altitude. C’est le début du couvre-feu. Pourtant, des jeunes Arabes, musulmans et chrétiens, sont toujours rassemblés au pied de leur mosquée et de l’église mitoyenne, rapporte notre envoyé spécial, Sami Boukhelifa. Cagoulés, ils affirment monter la garde.  
 
« Tous les jours, les Juifs suprémacistes crient : "Mort aux Arabes !" Ils nous ont agressés. Et ils nous menacent aussi. Ils disent : "Nous allons brûler vos mosquées et vos lieux de culte" », dénonce l’un d’eux.
Ces Juifs suprémacistes sont des colons venus de Cisjordanie occupée, par bus entiers. Cette semaine, l’un d’entre eux a abattu un Arabe israélien. Pourtant, Avitai l’assure : lui et ses amis ne sont là que pour défendre leur communauté « des agresseurs arabes ».
 
« Montrez-moi un seul Juif qui aurait fait du mal à un Arabe. Jamais un Juif ne s’en prendrait à un Arabe. J’ai un ami qui vit ici et il tremble de peur. Il est terrorisé par ces événements. Je suis là pour le protéger. Moi, je veux la paix, mais les Arabes créent des problèmes », assure-t-il. 
 
Dans la ville, des salves de tirs résonnent. Certains colons sont armés. « Nous le sommes aussi », confie un Arabe israélien. La police est massivement déployée, mais ne semble pas pouvoir identifier l’origine des tirs.
 

RFI

Vendredi 14 Mai 2021 - 09:37


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