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L'avenir de l'Algérie en question le jour des obsèques d'Ahmed Gaïd Salah

​L'Algérie a enterré mercredi 25 décembre Ahmed Gaïd Salah. La cérémonie de funérailles a débuté avec l'arrivée de la dépouille du chef de l'état-major au palais du Peule à Alger. La disparition brutale de l'homme fort du pays va-t-elle changer la donne sur la scène politique algérienne ? Quelle sera la marge de manœuvre du nouveau président Abdelmajid Tebboune élu avec l'appui de l'armée ?




Ce sont des funérailles officielles et populaires d'une ampleur inédite pour un militaire, qui se sont déroulées en début d'après-midi, mercredi en Algérie. Alors même que le général Gaïd Salah était contesté par le Hirak, le mouvement populaire qui demande la fin du système politico-militaire algérien, la cérémonie, retransmise par la télévision algérienne, a rappelé celles organisées pour les anciens présidents Ben Bella, Boumediene ou Boudiaf.

« Il y eu énormément de monde, relate Akram Kharief, journaliste spécialiste de la politique algérienne. On a vu des milliers et des milliers d’Algériens accompagner le cortège funéraire, parfois en courant sur des kilomètres. Il est totalement indéniable de dire qu’il y a eu du monde et qu’il y a eu, aussi, beaucoup de gens qui appréciaient la personne et qui étaient là-bas sincèrement, non pas par positionnement politique. Ces personnes estimaient que Gaïd Salah méritait des obsèques nationales et même, pour certains, une entrée dans l’histoire. »

L'avenir de l'Algérie en question le jour des obsèques d'Ahmed Gaïd Salah
À la sortie du palais du Peuple, la dépouille de Gaïd Salah, enveloppée du drapeau algérien, a en effet été saluée par les youyous des femmes, comme jadis pour les martyrs du pays. Transporté sur un affût de canon tiré par un véhicule de l'armée, le cerceuil a traversé la capitale en tête d'un long cortège. Sur le chemin, des milliers de citoyens s'étaient rassemblés, saluant le passage du cortège funéraire, ensuite accueilli par une immense foule amassée devant le cimetière d'El Alia.
Le général Boualem Madi, directeur de la communication au ministère de la Défense, lui a rendu un vibrant hommage, saluant « un héros parmi les héros ». Ahmed Gaïd Salah a été enterré au sein du carré des martyrs, où reposent les anciens chefs d'État et les grandes figures de la lutte pour l'indépendance.
L'incarnation du pouvoir pendant près d'un an
Depuis des décennies, des généraux de l'armée sont au cœur du pouvoir en Algérie. Avec le début du Hirak, il y a dix mois, le général Ahmed Gaïd Salah s'est propulsé sur le devant de la scène. C'était lui qui prenait toutes les décisions politiques, lui encore qui s'adressait régulièrement aux manifestants.
« Le pouvoir algérien considère que M. Gaïd Salah a été celui qui a géré les dix mois de crise politique. Selon le pouvoir, c’est lui qui aurait aussi décidé de ne pas utiliser la violence contre les manifestants », rappelle Akram Kharief. Aux yeux de ce dernier, l'ampleur de la cérémonie est « une façon de dire qu’il a été le président réel de l’Algérie entre le 2 avril 2019 et le 12 décembre 2019, la meilleure preuve étant qu’il a même été décoré, lors de la cérémonie d’investiture, de la médaille du mérite Sadr qui n’est attribuée en théorie qu’aux chefs d’État ».

rfi.fr

Jeudi 26 Décembre 2019 - 08:31


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