Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)

Publicité

« L’écotourisme lié aux oiseaux migrateurs : un levier économique majeur pour les zones humides »,expert

Au-delà de leur rôle écologique, les oiseaux migrateurs génèrent une importante activité économique pour les populations locales du littoral sénégalais. Entre recettes touristiques directes, valorisation des espaces naturels et création d'emplois verts, l'observation aviaire attire chaque mois des centaines de visiteurs à Palmarin et dans le Saloum. Dans ces zones où l'extraction du sel ralentit durant l'hivernage et où les écosystèmes subissent une forte pression, la préservation de l'avifaune constitue un axe central pour le développement économique durable.



 La présence massive des oiseaux migrateurs au Sénégal ne constitue pas seulement une richesse écologique, elle alimente un secteur économique en plein essor. Les zones humides côtières et continentales du pays, qui offrent des sites d’alimentation, de repos et d’hivernage indispensables aux animaux sauvages, s'imposent comme un pôle d'attraction touristique. L'affirmation est de Khady Guèye, coordinatrice de programmes et experte en ornithologie à l'ONG Wetlands International. Elle s’exprimait lors d’un atelier de renforcement des capacités intitulé « Communiquer pour la nature : renforcer le rôle des médias et des créateurs de contenus dans la conservation des Zones humides, des Oiseaux migrateurs et l’action climatique », tenu à Ndagane.
 

Toutefois, la capacité de ces écosystèmes à générer de la valeur économique est directement menacée par la dégradation du littoral. Le consultant en environnement Moustapha Sène avertit que le Sénégal reste fortement exposé aux aléas climatiques dans ses principaux secteurs économiques. Il a rappelé que « les zones humides sont parmi les biotopes les plus menacés, principalement par le drainage, la mise en valeur des terres, la pollution et la surexploitation des espèces marines ».

 
Citant une étude conjointe de l'UEMOA et de l'UICN, Moustapha Sène a indiqué que la dégradation de la mangrove et l'érosion côtière réduisent les rendements de la pêche et menacent les infrastructures touristiques. L'absence de coordination des aménagements antiérosifs accentue les périls sur les biens et la sécurité des acteurs économiques du littoral, remettant en cause les équilibres financiers des zones d'accueil de l'avifaune.
 
Malgré ces contraintes, la présence des oiseaux migrateurs favorise l'essor d’activités payantes au bénéfice des communautés riveraines. L'adjoint au conservateur de la réserve naturelle de Palmarin, Lamine Loum a souligné  que la bonne conservation des espaces est une « source d'écotourisme ». Il précise recevoir des spécialistes et des passionnés d'ornithologie venus d'un peu partout dans le monde pour observer des espèces comme les goélands, les sternes et les barges, regroupées sur le site de Niasse.
 
Pour générer des ressources financières régulières, la gestion des espaces protégés a été structurée autour de l'accueil du public. Lamine Loum a expliqué que « le site est soumis à une clé d’accès », imposant un forfait réglementé pour chaque visite à usage touristique, scientifique ou scolaire. Selon les périodes, la réserve accueille entre 400 et 1 000 visiteurs par mois hors hivernage, ce qui permet d'alimenter les fonds locaux.
 
Cette activité écotouristique prend le relais des travaux traditionnels lors des baisses de régime saisonnières. Pendant la saison des pluies, l’extraction artisanale dans les puits de sel est interrompue, ce qui ralentit les revenus des ménages. La présence des oiseaux d'eau permet de maintenir une dynamique économique locale et de soutenir les emplois liés au guidage, au transport et à l'accueil. Lamine Loum a souligné d'ailleurs que l'un des objectifs de la création de la réserve est de « promouvoir l’emploi à travers l’écotourisme via l’exploitation des ressources naturelles ».
 
Cette valorisation financière va de pair avec une organisation communautaire du territoire. La réserve de Palmarin, qui s'étend sur 10 400 hectares et réunit quatre villages, fonctionne selon un modèle participatif co-géré par un comité villageois et les services de l'État, selon M. Loum. De son coté, Khady Guèye a rappelé à ce sujet que « la conservation doit se faire pour les communautés et par les communautés », montrant l'articulation directe entre la préservation des espèces et les intérêts socio-économiques des habitants.
 
 
Le développement de l'écotourisme lié aux oiseaux migrateurs montre que la protection de la biodiversité peut constituer une source de revenus pour les zones rurales. La pérennité de ce modèle économique repose désormais sur la capacité des communautés à maintenir l'équilibre entre la fréquentation touristique, la poursuite des activités humaines et la quiétude des espèces sur les sites d'accueil.
 


Mardi 1 Septembre 2026 - 22:53


div id="taboola-below-article-thumbnails">

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter