Objet : De la cohérence du "Projet" : Entre adhésion sur les valeurs et exigence de justice sociale.
Monsieur le Premier Ministre,
C’est en ma double qualité de professeur de mathématiques et de membre de la Coordination et de la Cellule de Communication de PASTEF Saint-Louis que je vous adresse cette missive. Je m’exprime ici avec la franchise du militant de la première heure, celui qui a porté le "Don de soi pour la Patrie" au plus fort de la tourmente, convaincu que notre rôle est aussi d’être le premier rempart contre les dérives du système que nous avons combattu.
Sur le terrain des valeurs, votre passage devant les députés de l'Assemblée Nationale a été un moment de clarification salutaire. Votre volonté affirmée de durcir les peines contre l’homosexualité à travers un projet de loi ferme rencontre notre totale adhésion. Vous protégez ainsi le contrat social et moral qui nous lie au peuple sénégalais. Sur ce point, en tant que militant très engagé et défenseur du militantisme basé sur l'éthique, le patriotisme et la vérité, je vous apporte un soutien sans faille.
Cependant, Monsieur le Premier Ministre, le "Patriote" que je suis ne peut rester muet face à la situation des Universités mais surtout de l'école sénégalaise et à vos récentes déclarations sur la grève des enseignants. Je dénonce avec toute l'énergie nécessaire la prise de parole de votre Ministre de la Fonction Publique, Monsieur Olivier Boucal, appelant à un « pacte de stabilité » et à une « trêve sociale ». Son discours nous paraît aujourd'hui injuste et infondé tant que les racines de l'iniquité ne sont pas extirpées.
Souvenez-vous, Monsieur le Premier Ministre, de vos positions lorsque vous étiez dans l'opposition. Vous étiez le premier à dénoncer la surimposition qui dévore les maigres revenus des enseignants et à fustiger le manque d'équité salariale entre les différents corps de la fonction publique. Vous démontiez avec brio l'argument du régime sortant qui prétendait que la masse salariale des enseignants empêchait toute réforme. Aujourd'hui, nous servir le même argument de la "tension budgétaire" et du "poids de la dette" sonne comme un renoncement aux principes de rupture que nous avons vendus au peuple.
Le "sacrifice patriote" que vous sollicitez ne peut être crédible que s'il commence par le sommet de l'État. Comment demander aux enseignants de patienter alors que :
Le train de vie de l’État reste insultant : les véhicules de luxe octroyés aux députés et les privilèges de la haute administration n'ont pas encore été sacrifiés sur l'autel de la rigueur.
Nous notons toujours le foisonnement d'agences aux missions redondantes (nous pouvons prendre en exemple la DER, l'ANPEJ, le 3FPT ou l'ADEPME) leur fusion et/ou suppression n'est toujours pas une réalité actée, maintenant ainsi des niches de gaspillage et de clientélisme.
Des "éléments du système" tant décriés continuent de jouir d'avantages indécents dans certaines directions, tandis qu'on demande au professeur, pilier de la nation, de faire preuve de "patriotisme".
Monsieur le Premier Ministre, vous avez dit que "PASTEF doit être l'opposition de PASTEF". Personnellement , je prends ce mot d'ordre au sérieux. Nous ne voulons pas d'une alternance de visages, mais d'une révolution de l'équité. L'État doit d'abord montrer l'exemple du renoncement avant de solliciter celui des travailleurs. Le budget ne sera jamais trop serré pour la justice sociale si l'on commence par réduire le luxe institutionnel.
Dans l'attente d'actes concrets reflétant nos promesses de rupture, recevez, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de mon engagement patriotique.
Vieux Masse GUEYE
Professeur de Mathématiques au Nouveau Lycée de Louga
Membre de la Coordination et de la Cellule Communication de PASTEF Saint-Louis
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