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Largement guérie du coronavirus, la Chine passe à l'offensive

Alors que la crise sanitaire semble sous contrôle dans le pays à l'origine de l'épidémie de Covid-19, le gouvernement dirige ses efforts vers son économie et sa stratégie internationale.



Les statistiques sont formelles: après avoir provoqué près de 82.000 cas et quelque 3.300 décès officiellement recensés, l'épidémie de Covid-19 s'est apaisée en Chine. Le 24 mars, 78 nouveaux cas ont été constatés, dont 74 proviennent de Chinois·es qui étaient hors de leur pays et qui viennent d'y rentrer.
Les autorités autorisent progressivement une reprise de l'activité; environ 70% des entreprises tourneraient à nouveau, mais le plein régime n'est pas prévu avant le deuxième trimestre et la situation est très différente selon les régions.
 
Retour progressif à la normale
À Wuhan, où l'épidémie est apparue, les déplacements des 11 millions d'habitant·es restent strictement limités jusqu'au 8 avril, même si certaines entreprises ont pu rouvrir en soumettant leur personnel à plusieurs contrôles de santé quotidiens.
 
Les commerces étant pour la plupart encore fermés, c'est sur leur smartphone que les citadin·es continuent de commander leur nourriture, laquelle est ensuite déposée à l'entrée de leur immeuble par des livreurs en combinaison de protection.
 
Parallèlement, pour les 50 millions de personnes qui vivent dans le Hubei, la province dont Wuhan est le chef-lieu, le confinement est désormais levé. Dans les autres grandes villes chinoises comme Shanghai, Canton ou Chongqing, la vie économique reprend son cours avec la réouverture des commerces et de la circulation automobile.
 
À Pékin, en revanche, quiconque sort de son domicile est encore contraint de montrer sa carte d'autorisation de circuler dans la ville. Elle est verte pour qui est en bonne santé, jaune pour qui est guéri·e. L'adresse et le numéro de téléphone y sont inscrits.
 
Cette carte doit être présentée pour se rendre à la banque ou dans les magasins qui recommencent à fonctionner. À l'entrée, un·e employé·e se charge de prendre la température de la personne avec un thermomètre en forme de pistolet; des gants sont ensuite donnés, qu'il faudra jeter en repartant.
 

Si l'on veut faire des achats dans les marchés qui réapparaissent à Pékin depuis quelques jours, il faut commencer par faire la queue, en se tenant à distance de la personne qui est devant. L'autorisation de se diriger vers les étals est donnée lorsqu'un membre du comité de quartier soulève son drapeau vert.
 
Des règles similaires sont appliquées pour limiter le nombre de personnes pouvant entrer dans l'Institut français de Pékin. Le 21 mars, cet établissement, qui dépend de l'Ambassade de France, a été le premier parmi les instituts étrangers à rouvrir ses portes –ce qui pour l'instant permet essentiellement d'aller y emprunter des livres et DVD en français.
 
Dans chaque ville de Chine, ce sont les municipalités et les responsables locaux du Parti communiste qui reçoivent l'ordre du gouvernement central de rétablir les conditions d'une vie normale, en se faisant aider par les membres des comités de quartiers.
 
L'encadrement très strict de la population pendant deux mois a sans doute grandement contribué à stopper la progression du Covid-19. Mais les dirigeants chinois se gardent de crier victoire, et les médias se contentent de rapporter des commentaires tels que celui de Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, qui déclarait le 20 mars: «Wuhan donne de l'espoir au reste du monde en montrant que même la situation la plus grave est réversible.»

slate.fr

Vendredi 27 Mars 2020 - 09:09



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