La Libye en retient un certain nombre. Plus d’une centaine de Comoriens y seraient actuellement. Les autorités comoriennes travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues libyens et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour favoriser leur retour : 149 Comoriens déjà été rapatriés dans l’archipel.
Mohamed Youssouf, un jeune homme de taille moyenne à l’air triste, a le regard dans le vague. Il semble plongé dans ses souvenirs. Il était en Libye durant des mois. Avec deux autres Comoriens, il a été piégé par des passeurs, comoriens eux aussi.
« Du Soudan, on est allés en Libye, raconte-t-il. Pourtant, les Comoriens qui nous ont emmenés nous disaient que pour 3000 euros, on quitterait directement le Soudan pour l’Italie par la mer. En arrivant dans la dernière maison, on a trouvé d’autres gens qui se sont présentés comme des bandits. Ils nous ont demandé 5500 euros. On a dit qu’on ne les avait pas. Ils nous ont dit que sinon, ils nous tueraient. »
Pour Mohamed Youssouf, le plus difficile reste la violence extrême. Dès leur arrivée, ils ont dû creuser la tombe de deux détenus érythréens décédés la veille. Puis, les coups ont commencé à pleuvoir.
« Celui avec qui j’étais, a été allongé par terre sur le ventre, poursuit-il. À ce moment-là, l’un d’entre eux filmait avec son téléphone. Ils ont commencé à le frapper si fort qu’il criait ses dernières prières. Des violences, on en a vu, surtout les filles violées. On a passé plus de quatre mois dans cette prison : on ne dormait pas, on nous sortait brutalement, on nous jetait de l’eau dessus, on nous frappait avec des cordes et des câbles, on nous comptait la nuit pour vérifier que personne ne s’était pas évadé. C’était dur. »
Et durant son passage en Libye, Mohamed reste sans contact avec sa famille, pour la protéger. « Ils ont voulu qu’on envoie ces images aux Comores, poursuit-il. Moi, j’ai refusé parce que ça aurait pu tuer les plus fragiles, on ne sait jamais. Ma mère est morte pendant que j’étais en Libye et je n’en savais rien. C’est en rentrant que je l’ai découvert. En mourant, elle a dit aux gens que ce qui lui pesait, c’était de ne pas avoir de mes nouvelles. Ça lui a causé trop de peine, je ne l’ai su qu’après : ce chagrin de ne pas savoir l’a obsédé. À mon retour, certaines personnes, pas ma famille mais d’autres, m’appelaient pour me dire que c’était ma faute si elle était morte. Mais ça m’est égal ce qu’ils pensent. » L’important pour Mohamed est maintenant de se reconstruire une vie ici et il avoue timidement que ce n’est pas facile.
Mohamed Youssouf, un jeune homme de taille moyenne à l’air triste, a le regard dans le vague. Il semble plongé dans ses souvenirs. Il était en Libye durant des mois. Avec deux autres Comoriens, il a été piégé par des passeurs, comoriens eux aussi.
« Du Soudan, on est allés en Libye, raconte-t-il. Pourtant, les Comoriens qui nous ont emmenés nous disaient que pour 3000 euros, on quitterait directement le Soudan pour l’Italie par la mer. En arrivant dans la dernière maison, on a trouvé d’autres gens qui se sont présentés comme des bandits. Ils nous ont demandé 5500 euros. On a dit qu’on ne les avait pas. Ils nous ont dit que sinon, ils nous tueraient. »
Pour Mohamed Youssouf, le plus difficile reste la violence extrême. Dès leur arrivée, ils ont dû creuser la tombe de deux détenus érythréens décédés la veille. Puis, les coups ont commencé à pleuvoir.
« Celui avec qui j’étais, a été allongé par terre sur le ventre, poursuit-il. À ce moment-là, l’un d’entre eux filmait avec son téléphone. Ils ont commencé à le frapper si fort qu’il criait ses dernières prières. Des violences, on en a vu, surtout les filles violées. On a passé plus de quatre mois dans cette prison : on ne dormait pas, on nous sortait brutalement, on nous jetait de l’eau dessus, on nous frappait avec des cordes et des câbles, on nous comptait la nuit pour vérifier que personne ne s’était pas évadé. C’était dur. »
Et durant son passage en Libye, Mohamed reste sans contact avec sa famille, pour la protéger. « Ils ont voulu qu’on envoie ces images aux Comores, poursuit-il. Moi, j’ai refusé parce que ça aurait pu tuer les plus fragiles, on ne sait jamais. Ma mère est morte pendant que j’étais en Libye et je n’en savais rien. C’est en rentrant que je l’ai découvert. En mourant, elle a dit aux gens que ce qui lui pesait, c’était de ne pas avoir de mes nouvelles. Ça lui a causé trop de peine, je ne l’ai su qu’après : ce chagrin de ne pas savoir l’a obsédé. À mon retour, certaines personnes, pas ma famille mais d’autres, m’appelaient pour me dire que c’était ma faute si elle était morte. Mais ça m’est égal ce qu’ils pensent. » L’important pour Mohamed est maintenant de se reconstruire une vie ici et il avoue timidement que ce n’est pas facile.
Autres articles
-
Le Médiateur de la CEDEAO auprès de l’AES plaide pour une coopération exemplaire entre les deux espaces
-
Ebola en République Démocratique du Congo : l'OMS annonce plus de 900 cas suspects
-
Ebola en RDC: une cargaison de matériel de MSF en route pour l'Ituri
-
RDC: de nouvelles mesures pour tenter d'endiguer Ebola, dix jours après l'annonce d'une nouvelle épidémie
-
Nigeria: le président sortant Bola Ahmed Tinubu officiellement investi pour briguer sa succession





Le Médiateur de la CEDEAO auprès de l’AES plaide pour une coopération exemplaire entre les deux espaces


