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Les populations de Khondio suffoquent dans la pollution à outrance des ICS



Deux camions des ICS déversant ici des produits toxiques sur la plage du village de Khondio  le 18 septembre 2018
Deux camions des ICS déversant ici des produits toxiques sur la plage du village de Khondio le 18 septembre 2018
Khondio, village de la commune de Darou Khoudoss, département de Tivaouane, vit mal sa proximité avec les Industries chimiques du Sénégal (Ics) qui déversent dans la mer, à quelques encablures du village, ses déchets toxiques. Une situation que dénoncent les populations de cette contrée qui fustigent également le manque d’infrastructures de base.

Région minière du Sénégal, Thiès connaît un nombre important de sites d’exploitation de mines et de carrières. Ces industries extractives ont un impact réel sur l’environnement et la santé des populations, à l’image des Industries chimiques du Sénégal (Ics), installées dans le département de Tivaouane, plus précisément dans la commune de Darou Khoudoss. Les populations riveraines de cette unité industrielle vivent, en effet, un calvaire au quotidien du fait de la dégradation de leur environnement et d’une pollution atmos­phérique qui influent négativement sur leur santé et celle du bétail. Une situation que dénoncent les populations de Khondio qui sont sorties hier en masse pour fustiger leur «mal-vivre».

Mamadou Sow, porte-parole du collectif «Khondio ma localité», s’étrangle : «Depuis l’implantation des Ics dans la zone, notre village sert de quai de déversement de ses déchets toxiques.» En effet, expliquent les populations de Khondio, «de grandes quantités de résidus d’acide sulfuro-phosphatique, appelés ‘’jus fluo’’, sont déversées à la mer et sur la plage de Khondio. Ces résidus sont visiblement un danger pour la santé humaine et animale en raison de la pollution de l’environnement et des infiltrations de la nappe phréatique». M. Sow note : «Souvent, lorsque le vent s’oriente vers le village, les gens ont du mal à respirer. Ce qui occasionne des cas de maladies pulmonaires.» Pis, dénonce-t-il, «les Ics, durant tout ce temps qu’elles nous polluent, n’ont jamais donné aucune forme de compensation dans le cadre de sa Responsabilité sociétale d’entreprise aux populations de Khondio. Alors que c’est à cause de leur pollution que nos rendements agricoles baissent d’année en année. Et cela est tout à fait anormal. C’est un manque de considération de la part des Ics à l’égard des populations de Khondio. Et nous estimons que cette situation a assez duré. Nous subissons toutes les conséquences des implantations des Ics à Mboro et cela ne peut plus perdurer».

Au-delà de ces questions environnementales, les populations dénoncent l’absence d’infrastructures de base dans leur localité qui ne bénéficie pas d’une case de santé digne de ce nom. «L’infrastructure sanitaire ne fonctionne pas normalement. D’ailleurs, le salaire de l’infirmier qui y officie est pris en charge par une association dénommée Aprosem», explique M. Sow. Du coup, poursuit-il Mamadou Sow, «nous n’avons pas accès aux soins sanitaires. Pour nous soigner, on doit faire 8 km pour rallier Mboro. Et les femmes en état sont transportées sur des charrettes avec des risques énormes. Parce que les Ics transportent ces résidus par des camions citernes de 12m3 sur une piste en mauvais état. Ce qui représente un grand risque d’accident pour la population, surtout les enfants qui empruntent cette piste chaque jour pour aller à l’école. Nous n’en pouvons plus», s’époumone le porte-parole des populations de Khondio. Que dire «de la route du village en mauvais état et presque impraticable» ?

Quid de l’électricité et de l’eau qui sont des denrées rares ? «Le village n’est pas électrifié alors que nous sommes à 4 km du poste électrique. On n’a pas accès à l’eau potable. Et les autorités des Eaux et forêt nous ont dit qu’il y a, depuis 1960, un décret qui est là et qui interdit aux habitants de ce village de faire une extension dans le champ pour creuser un puits ou même de construire», explique le porte-parole des populations qui perd presque son latin lorsqu’il s’agit de s’épancher sur le problème de l’emploi : «Vous ne verrez aucun jeune de ce village qui a un contrat fixe aux Ics.» Et il exhorte le chef de l’Etat et les autorités locales de prendre en charge leurs problèmes. «Le maire de Darou Khou­doss a été élu par les populations. Il doit donc les représenter et leur venir en aide», insiste-t-il.

Texte: lequotidien.sn
Titre de la rédaction

AYOBA FAYE

Mercredi 26 Juin 2019 - 14:51



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