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Licences délivrées à des étrangers: les pêcheurs artisanaux avertissent le ministre Alioune Ndoye

Les acteurs de la pêche ne veulent pas entendre parler d’attribution de nouvelles licences de pêche au Sénégal. Lundi dernier, lors de la célébration à Joal Fadiouth de la journée mondiale des océans, les pêcheurs artisanaux ont saisi l’occasion pour mettre en garde le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Alioune Ndoye, contre les permis d’exploitation de la mer par les bateaux étrangers.



Licences délivrées à des étrangers: les pêcheurs artisanaux avertissent le ministre Alioune Ndoye
L’édition 2020 de la Journée mondiale des océans a été célébrée dans un contexte de polémique portant sur l’attribution de licences de pêche à une cinquantaine de bateaux battant pavillons étrangers. Depuis bientôt trois mois, une controverse s’est installée entre les acteurs de tous bords du secteur de la pêche et le ministre de tutelle. Sorties contre sorties, les différentes parties livrent des arguments qui pour accuser, qui pour se défendre. La Société civile, par le biais du Forum civil notamment, à la date du 7 juin, a à travers une déclaration, appelé toutes les parties prenantes à ce débat à privilégier la concertation bénéfique à tous, tout en rappelant l’impérieuse nécessité de se fier à la législation en la matière.

A Joal-Fadiouth, premier port de débarquement de la pêche artisanale dans notre pays, les acteurs de la pêche ont profité de la célébration de cette JMO pour déverser leur bile sur le ministre Alioune Ndoye. Pêcheurs artisanaux, mareyeurs et femmes transformatrices ont tout simplement rué dans les brancards pour s’opposer à tout octroi de nouvelles licences de pêche aux bateaux étrangers. Leur argument est que la rareté de la ressource est causée principalement par la pêche industrielle, en particulier par les bateaux étrangers qui entraînent une surexploitation du poisson dans nos eaux « Non aux licences de pêche ». C’est le slogan scandé par les acteurs aux yeux de qui il serait illégal et illégitime que le ministre, qui avait suspendu l’immatriculation des pirogues, procède à une autorisation de navigation des bateaux étrangers.

Ainsi, Pape Gana guèye, vice-président du Conseil local de la pêche artisanale (CLPA) de Joal-Fadiouth, a demandé au ministre d’être cohérent dans sa politique. «Au début, le ministère de la pêche nous a imposés l’immatriculation de nos pirogues, nous avions refusé mais, après moult réflexions, nous avons donné notre accord. Hélas, après quelques temps, le ministère a suspendu l’immatriculation et nombreux sont les propriétaires de pirogues qui attendent désespérément la reprise » fulmine M. Guèye qui fait office de chargé de la communication du réseau des CLPA du département de Mbour.

«Nous n’avons pas assez de ressources pour en vendre»
Embouchant la même trompette, le président de l’association « Joal Pêche » est convaincu que la rareté de la ressource commence à avoir des conséquences désastreuses pour les acteurs de la pêche. «Nous n’avons pas assez de ressources pour en vendre. Aujourd’hui, le constat est général, notre pays n’a plus de ressources halieutiques. Le ministre dit qu’il n’a pas signé de licence, mais en haute mer nous rencontrons des bateaux de nationalités turque et chinoise dans les eaux sénégalaises. Donc, nous lui le ministre demandons une explication sur la présence de ces bateaux dans les eaux sénégalaises» assène Abibou Ndiaye.

Du fait de la surexploitation de la ressource entraînant la rareté du poisson, les Sénégalais sont obligés de se rendre dans d’autres pays et des fois clandestinement pour pouvoir pêcher. Selon M. Ndiaye, les femmes transformatrices, les mareyeurs et le secteur du transport sont en train de pâtir de cette situation. « La solution c’est la préservation de nos ressources avec l’existence d’aires marines protégées. C’est un paradoxe d’autoriser l’exploitation de la mer par des bateaux étrangers. Alors, nous devons faire tout pour protéger nos ressources sinon les générations futures ne trouveront rien dans la mer », martèle notre interlocuteur.

Tenue sous le thème « L’innovation pour un océan durable », cette Journée mondiale des océans (JMO) édition 2020 intervient dans un contexte particulier marqué par des polémiques, des tensions et des inquiétudes consécutives à des demandes de licences de pêche pour 56 bateaux. Pour la sauvegarde de la ressource, les acteurs s’opposent à une quelconque signature autorisant les bateaux étrangers à venir exploiter les ressources halieutiques nationales. Lors de cette journée, les acteurs de la pêche à Joal-Fadiouth ont distribué des masques de couleur rouge, symbole de leur frustration, sur lesquels on pouvait lire « Non à la pêche illégale ».

« Des transports maritimes durables au service d’une planète durable » est le thème retenu pour la Journée mondiale de la mer 2020. ce thème visait à faire connaître les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies et à mettre en évidence le travail entrepris par l’Organisation maritime internationale (OMI) et ses états membres pour atteindre les cibles fixées par ces objectifs.

Le Témoin

AYOBA FAYE

Mercredi 10 Juin 2020 - 12:46


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