Au Mali, le colonel Alpha Yaya Sangaré – ou plutôt ex-colonel depuis sa radiation de l'armée – a été condamné, jeudi 3 septembre 2026, à 20 années de prison ferme. Arrêté en mars 2024 après la publication d'un livre dans lequel il relayait des accusations d'exactions portées contre l'armée malienne, ce haut gradé a été jugé fin août par la chambre criminelle du pôle judiciaire anti-cybercriminalité, qui a rendu son très lourd verdict.
Il y a une semaine, le parquet avait requis la peine de mort – non appliquée au Mali – pour « trahison ». Alpha Yaya Sangaré a finalement été condamné à 20 ans de prison ferme pour « atteinte à la sécurité extérieure de l'État », les charges ayant été requalifiées, selon des informations confirmées à RFI de source judiciaire malienne.
Fin février 2024, le colonel Sangaré présentait à Bamako son livre Mali : le défi du terrorisme en Afrique. Plusieurs ministres de transition assistaient alors à l'événement, avant de découvrir quelques jours plus tard des passages dans lesquels l'ancien commandant de la gendarmerie de Bamako relaie des accusations d'exactions portées contre l'armée malienne par l'ONG Human Rights Watch. « Ni la hiérarchie militaire, ni les autorités judiciaires n'ont procédé à des enquêtes sur ces abus présumés », écrivait encore le colonel Sangaré. Des « accusations mensongères », avait alors dénoncé le ministère de la Défense. Dans la foulée, Alpha Yaya Sangaré était interpellé à son domicile.
Radié de l'armée par décret présidentiel en décembre 2025, le désormais ex-colonel Sangaré n'était pourtant pas une voix critique de la Transition. Mais sa liberté de parole et, selon certains observateurs, sa richesse personnelle et sa popularité au sein de l'armée, ont suscité l'ire des militaires au pouvoir.
Sollicités par RFI, ni le procureur du pôle anti-cybercriminalité, ni l'avocat d'Alpha Yaya Sangaré, qui avait demandé l'annulation de la procédure et l'acquittement, n'ont souhaité commenter.
Il y a une semaine, le parquet avait requis la peine de mort – non appliquée au Mali – pour « trahison ». Alpha Yaya Sangaré a finalement été condamné à 20 ans de prison ferme pour « atteinte à la sécurité extérieure de l'État », les charges ayant été requalifiées, selon des informations confirmées à RFI de source judiciaire malienne.
Fin février 2024, le colonel Sangaré présentait à Bamako son livre Mali : le défi du terrorisme en Afrique. Plusieurs ministres de transition assistaient alors à l'événement, avant de découvrir quelques jours plus tard des passages dans lesquels l'ancien commandant de la gendarmerie de Bamako relaie des accusations d'exactions portées contre l'armée malienne par l'ONG Human Rights Watch. « Ni la hiérarchie militaire, ni les autorités judiciaires n'ont procédé à des enquêtes sur ces abus présumés », écrivait encore le colonel Sangaré. Des « accusations mensongères », avait alors dénoncé le ministère de la Défense. Dans la foulée, Alpha Yaya Sangaré était interpellé à son domicile.
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