« Il faut s’en féliciter, parce que quand vous espérez décrocher 2.850 milliards FCFA et qu’au finish vous frôliez la barre des 8.000 milliards, ça montre un réel engouement de la communauté internationale envers notre économie », a d’emblée commenté le maitre de conférence en science économique de l’Université de Bambey qui précise que « si le montant permet de financer les secteurs moteurs de la croissance, on risque d’avoir une croissance estimée à plus de 15% ».
En réalité, « c’est un satisfécit international et une confiance renouvelée due à la qualité de la gouvernance, notamment l’indice de Mo Ibrahim qui a classé le Sénégal parmi les 10 pays africains les plus réformateurs et le premier en Afrique francophone », a complété le Dr Diagne. Pour lui, «c’est compte tenu de tout cela que les bailleurs ont exprimé leur volonté d’accompagner cette phase II du Pse».
En plus des membres de l’opposition qui n’ont pas salué cette manne financière dont le pays a bénéficié, des Sénégalais en n’ont fait une polémique, s’inquiétant même de l’avenir économique du pays qui connait un problème de trésorerie. Si l’on en croit l'économiste, il n’y pas d’inquiétudes à se faire.
«Il n’y a pas d’inquiétudes à se faire. Ce montant sera injecté dans les secteurs clé de notre économie », notamment l’Agriculture, l’Energie, le Pétrole, le Gaz, les Mines, le Tourisme et la Finance. «C’est un endettement qui va se répercuter sur la croissance de notre économie à partir de l’année prochaine», dira-t-il.
Toutefois, il ne faut pas croiser les bras. Souleymane Astou Diagne a attiré l’attention des dirigeants sur des erreurs à éviter. «Il faut s'assurer que les infrastructures se fassent correctement. Les décideurs de la politique économique doivent veiller, être avant-gardistes, essayer de faire de sorte que l’ensemble du montant soit injecté dans des secteurs productifs à haute intensité capitalistique et qui nous permet de nous retrouver avec une forte croissance », suggère l’économiste.
Mamadou Lamine Dillo affiche son pessimisme : «Il faut interroger Macky sur ce qu’il a promis »
Si Dr Souleymane salue entièrement "la confiance" des bailleurs de fonds vis-à-vis du Sénégal, il en est tout autre chez certains membres de l'opposition. Considéré comme un des plus grands pourfendeurs de Macky Sall, Dr Mamadou Lamine Diallo, qui a préféré, en premier temps sur le sujet, a fini par faire étalage des suspicions que lui inspire cette nouvelle dette contractée par le Président Sall.
«Je n’ai aucun commentaire à faire », a-t-il déclaré au bout du fil. Le député à l’Assemblée explique sa position par le fait qu’il ne dispose pas encore d’assez d’éléments pouvant lui permettre de s’appesantir sur le sujet : «Vous savez moi, je ne suis pas du genre à me prononcer sur des choses que je ne maitrise pas. Je ne parle jamais pour parler simplement. Quand je dois m’exprimer sur une question, il faut au préalable que je sois d’abord au diapason.»
Leader de Tekki d'ajouter : «j’attends d’abord d’avoir les documents sous la main pour étudier les tenants et les aboutissants et à ce moment-là, je donnerai mon avis », a-t-il ajouté.
Cependant, le parlementaire nourrit des suspicions quant à l’engouement des bailleurs de fonds qui ont accordé au Sénégal plus que ce qu’il espérait (8000 milliards au lieu de 2000 milliards de francs). «Il faut que l’on s’interroge sur ce qu’il (Macky Sall) a promis, mais aussi, attendre de voir la suite.»
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