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Migration irrégulière: comment les convoyeurs déjouent les dispositifs de contrôle en mer



Les départs de pirogues de migrants du Sénégal vers l’Espagne ont multiplié ces dernières semaines. Si certaines pirogues ont eu la chance de rallier Las Palmas saines et sauves, d’autres ont été victimes de chavirement, causant la mort de plusieurs personnes.

Mais comment les convoyeurs et capitaines de fortune parviennent-ils à passer entre les mailles des filets du dispositif mixte de contrôle, géré en synergie par la marine nationale et les patrouilleurs de la Guardia Civil espagnole ?

Selon les informations de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et de pratiques assimilées (Dnlt), une entité créée en 2018 pour contenir cette saignée, le problème réside du fait qu’il  faut ratisser au quotidien. « La grosse difficulté notée sur le contrôle, réside dans le fait qu’il faut ratisser au quotidien plus de 700 km de côtes, pour une surface maritime couvrant environ 200.000 kilomètre carrés. En d’autres termes, il faut patrouiller sur en rayon d’action plus vaste plus vaste que la superficie terrestre du Sénégal », explique la DNTL, dans le journal L’Observateur.

Pour déjouer les plans des forces de sécurité, les convoyeurs mettent en place plusieurs stratégies. Les jours de départs sont choisis durant les périodes de célébrations (Fête de Korité, de Tabaski, les Magal et Gamou, qui sont les plus grands évènements religieux au Sénégal).

« Nous avons assisté cette année à une percée du système de ce qu’ils appellent dans leur jargon, les bateaux-taxis. Il s’agit de grandes embarcations qui généralement prennent départ dans la sous-région (Gambien ou Guinée). Ils font des escales sur les plages du littoral, le Sénégal y compris, et récupèrent des migrants avisés de l’arrivée du bateau-taxi », confie la DNLT.

D’autres modes d’opératoires utilisés dernièrement par les convoyeurs sont décelés. Il s’agit selon les hommes du commissaire Faye, des déports fragmentés vers d’autres plages plus discrètes. Dans la pratique, ce sont plusieurs petites pirogues qui sont utilisées pour embarquer entre 5 à 10 passagers. Au cours du contrôle en mer, ils se font passer pour des pêcheurs, et poursuivent ainsi leur trajet pour rejoindre des pirogues moyennes, lesquelles les acheminent en haute mer ou les attend une embarcation importante.

Autre subterfuge, il s’agit de l’astuce de la diversion. Les passagers sont convoyés vers une plage X, puis vers une deuxième plage, voire un troisième point de départ, avant le véritable et grand départ vers l’Espagne.

 Des nuitées prises dans des hôtels et auberges

Sur la terre ferme, les organisateurs de ces voyages clandestins ont également revu leur mode opératoire. Au lieu de réunir les migrants dans une maison, généralement située à proximité d'une plage de départ, les convoyeurs ont choisi une toute autre option plus discrète. Les organisateurs qui ont vu plusieurs de leurs projets capoter ces derniers temps à Dakar, ont choisi d'héberger leurs clients sénégalais et étrangers dans des hôtels, auberges et autres réceptifs.

Ainsi la complicité de certains gérants de ces réceptifs qui choisissent de ne pas dénoncer cette pratique est dénoncée. C'est d'ail- leurs pourquoi, notent-ils, «à ce jour, plusieurs gérants de ces réceptifs ont eu à être arrêtés et certains déférés ».



Mardi 18 Juillet 2023 - 10:20


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