Jean-Baptiste Ndahindurwa, c'est son nom de baptême, a 23 ans lorsqu'il hérite du trône en 1959. A l'époque, c'est encore la Belgique qui contrôle le pays, et le Mwami, roi du Rwanda, n'est plus le monarque prestigieux qu'ont été ses prédécesseurs au XIe siècle.
En 1961, la Belgique a lancé un processus d'autonomie interne, et un référendum est organisé : 80 % des Rwandais votent pour l’abolition de la monarchie. Kigeli V, qui vivra dès lors en exil, n'assistera pas à l'indépendance du Rwanda, proclamée en juillet 1962.
Passé par la Tanzanie, l'Ouganda et le Kenya, il s'installe aux Etats-Unis dans les années 1990. Le dernier journaliste américain qui a rencontré le monarque déchu dans son exil de la banlieue de Washington décrit un vieil homme vivant humblement grâce aux aides sociales américaines et aux dons de la diaspora.
En exil depuis plus de cinquante ans, et en dépit d'un ultime appel lancé au printemps dernier par le Parti vert démocratique du Rwanda, Kigeli V n'aura jamais eu l'occasion de revoir les mille collines sur lesquelles il n'aura que très brièvement et très symboliquement régné.
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