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#PharmacieGate - Où en est on ? Qui croire entre le Commissaire Sangharé et le Pharmacien ? Les faits...



#PharmacieGate - Où en est on ? Qui croire entre le Commissaire Sangharé et le Pharmacien ?  Les faits...
Jeudi 15 août 2019, au moment où la communauté chrétienne du Sénégal commémore "l'Enlèvement de la Sainte Vierge au Ciel", une vidéo circule sur les Réseaux sociaux et sites en ligne. On y voit un homme du nom de Cheikhouna Gaye, qui se présente comme un Docteur en Pharmacie. Images de la caméra de surveillance installée dans son officine sise à la Patte d'Oie, à l'appui, il raconte comment un homme du nom de Sangharé l'a insulté, puis menotté et embarqué par l'aide de renfort qu'il a appelé, quelques minutes après leurs empoignades verbales. Vers 10 heures du matin, la toile s'enflamme.



Les internautes sont tous choqués par les images qu'ils voient défiler. La tête du Commissaire Sangharé est réclamée par les justiciers des Réseaux sociaux. Tout le monde attend avec impatience une réaction de la police nationale. Mais en attendant, chacun y va de son propre commentaire. Et les hommes en tenues n'ont pas trop la côte. On en profite pour leur rappeler toutes les fois où ils ont abusé de leur pouvoir pour brutaliser, maltraiter, humilier d'honnêtes citoyens. La question qui revient souvent dans les posts des uns et des autres c'est, pourquoi cet abus de pouvoir de la part des hommes de tenue sénégalais ?



La sanction du ministère de l'Intérieur tombe
14 heures passées de quelques minutes, nos confrères de i-Radio révèlent que le Commissaire Sangharé a été relevé de ses fonctions. A cet instant précis donc, il cesse d'occuper le poste de Commissaire de la Police des Parcelles Assainies qu'il occupait. Première décision de l'autorité (sans note officielle) contre son propre élément. La balance semble pencher en faveur du Docteur Cheikhouna Gaye. Et là encore la toile jubile et pense même déjà à une réparation du préjudice causé.



 

Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l'Action sociale
Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l'Action sociale
Un peu après 16 heures, le Gouvernement pose un autre acte qui conforte la thèse de l'abus de pouvoir. Le ministre de la Santé et de l'Action sociale fait le déplacement pour se rendre sur les lieux du "crime". Sur place, Abdoulaye Diouf Sarr marque sa solidarité et son soutien au pharmacien qui a été "agressé" par le Commissaire Sangharé. "(...) Inadmissible simplement. Je ne veux pas commenter outre-mesure. Mais je pense que tous les Sénégalais ont été choqués. Comme moi, effectivement, j'ai été choqué", dira-t-il devant les caméras qui étaient également sur place.

Le Communiqué de la Police tombe
La réaction tant attendue de la police arrive vers 16 heures 30 minutes. Et là encore, le Commissaire Sangharé est lâché par les siens. Dans le texte signé le Bureau des relations publiques de la Police nationale, on parle de mesures disciplinaires contre lui. "D'ores et déjà, la Police nationale tient à informer que l’Autorité a pris toutes les mesures disciplinaires attendues dans de pareilles circonstances malheureuses. De même, elle tient à préciser qu'elle ne ménagera aucun effort pour prévenir de pareils incidents dans la manière de servir de ses différentes unités", informe le communiqué officiel avant d'appeler "toutes les parties à la retenue".

Dans ce concert d'indignations, une seule voix s'est levée pour témoigner au Commissaire incriminé son soutien. C'est la chanteuse Queen Biz, qui se saisit de sa très influente page Facebook (presque 1 million d'abonnés) pour décrire un "homme calme et serein". Elle s'est attiré les foudres des internautes (la publication a suscité 3 500 réactions (j'aime, fou rire, colère...) et près de 6 000 commentaires.



Le "camp" du Commissaire Sangharé contre-attaque avec une nouvelle vidéo

Au réveil, le débat persiste. Ce vendredi 16 août, l'Ordre des pharmaciens convoque une conférence de presse et menace de se porter partie civile si le docteur Cheikhouna Gaye décide de porter l'affaire devant les tribunaux. Alors que les matinales radios continuent de ronger l'os en apportant des témoignages à charge ou à décharge sur le Commissaire, l'on nous apprend que ce dernier est tranquillement allé à son bureau pour exercer la fonction de laquelle il a été relevé la veille. 

Aussi, une nouvelle vidéo est publiée par ceux qu'on pourrait qualifier de soutiens du Commissaire Sangharé. Celle-ci dure 2 minutes, 22 secondes et montre une autre partie de la dispute entre le Commissaire et le Docteur à l'intérieur de la pharmacie Fadhilou Mbacké. C'est la Caméra 02 qui filme la scène qui se déroule le 14 août 2019 entre  22 h 40 minutes 00 seconde et 22 heures 42 minutes 22 secondes. Même s'il n'y a pas de son qui relate les échanges entre les deux hommes, on y voit clairement le Docteur, très en colère qui pointe plusieurs fois le doigt vers le Commissaire qui lui jette des mots qui semblent le mettre hors de lui. Il y a un homme habillé d'un tee-shirt de la même couleur que celui du Docteur qui s'interpose entre les deux après que le sieur Gaye ait pris le commissaire par le cou.

Entre les deux versions et tout le bruit, les faits

Le Commissaire Sangharé s'est présenté à la pharmacie Fadhilou Mbacké au soir du 14 août 2019 comme un citoyen en civil qui veut acheter un médicament. Le Docteur Gaye lui a signifié que le médicament en question (Tetavax, un anti-tétanique) ne pouvait pas être distribué sans ordonnance. Jusqu'ici, les deux parties sont d'accord. Mais ce qui s'est passé après et qui a conduit à l'altercation est sujet à différents commentaires. C'est selon qu'on soit de l'un ou l'autre côté.

Toutefois, il est à noter que le délit d'abus de pouvoir peut se vérifier. Ce n'est pas le Commissaire qui est venu acheter un médicament à la pharmacie. C'est le citoyen Bara Sangharé, habillé en boubou traditionnel. Qui, mieux que lui, doit connaître la voie à suivre en cas d'offense à lui faite ? Avait-il le droit, en tant que citoyen d'user de son pouvoir de commissaire pour convoyer des éléments de son commissariat dans la pharmacie afin de menotter et d'embarquer son vis-à-vis ?

La suite à réservée à cette histoire est entre les mains de l'autorité qui a pris hier des sanctions qui ont un peu tardé à s'appliquer. Finalement, des sources de la Rfm confirment que Sangharé a été muté à la Direction générale de la police nationale (Dgpn).

AYOBA FAYE

Vendredi 16 Août 2019 - 18:06



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