La candidature de Macky Sall, officiellement déposée par le Burundi le 2 mars 2026, est un coup tactique de haute volée qui contourne les hésitations de Dakar. Loin d'être une improvisation, cette nomination couronne deux années d'une campagne diplomatique méthodique menée en coulisses.
L'atout maître de l'ancien président sénégalais réside dans son soutien souterrain : selon des sources diplomatiques concordantes, il aurait déjà obtenu des garanties cruciales auprès de trois membres permanents du Conseil de sécurité. Ces grandes puissances voient en lui le leader capable d'insuffler un «nouveau souffle» à une organisation souvent paralysée par les rivalités géopolitiques.
Le "Réalisme Efficace" comme marque de fabrique
Le profil de Macky Sall séduit par sa capacité de médiation éprouvée. Son passage à la présidence de l'Union Africaine (2022-2023) a marqué les esprits, notamment lorsqu'il a conduit une mission diplomatique auprès de Vladimir Poutine et des autorités ukrainiennes en juin 2022. Cette aptitude à négocier «dans la même heure» avec Moscou, Washington et Pékin est précisément ce que recherchent les membres du Conseil de sécurité.
Au-delà de son entregent, Macky Sall dispose d'un avantage structurel massif : le poids politique de l'Afrique. Avec 54 États membres, le continent constitue le plus grand bloc de vote à l'Assemblée générale (27,97% des voix).Pour beaucoup de chefs d'État africains, le moment est venu pour l'Afrique d'accéder au poste suprême pour rééquilibrer un système historiquement dominé par l'Europe.
L'obstacle Bachelet et les bémols de la rotation
Face à cette montée en puissance, Michelle Bachelet reste une adversaire redoutable. Soutenue par le Chili, le Brésil et le Mexique, elle s'appuie sur deux leviers puissants : la rotation régionale, l'Amérique latine n'ayant pas occupé le poste depuis 1991, et l' enjeu du genre. Le mouvement « Women for SG » rappelle avec force qu'en 81 ans, l'ONU n'a jamais été dirigé par une femme.
Cependant, la candidature de Bachelet se heurte à la fragmentation possible du vote latino-américain et à l'absence du réservoir de voix automatique dont dispose Sall avec le bloc africain.
Un tournant décisif
Le paradoxe de cette élection se joue également à Dakar. En refusant de porter son ancien président, l'État du Sénégal s'expose à un isolement diplomatique, alors que le profil de Sall dépasse désormais les querelles domestiques pour devenir un enjeu continental.
Le duel est désormais frontal
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