Il y a des gestes simples, intimes, presque sacrés. Et puis il y a ceux qui passent par un objectif grand angle, bras tendus, sourire calibré, lumière de stade comprise. Moussa Niakhaté, défenseur rugueux et fils reconnaissant sous projecteurs, a choisi la seconde option : rendre hommage à sa mère, assise sur les gradins du somptueux stade Ibn Battuta, venue supporter son fils, en tenant ses bras… et en se prenant un selfie. L’amour filial, version Ligue des réseaux sociaux.
La scène se veut bouleversante. Elle est surtout très contemporaine. La mère, fidèle parmi les fidèles, spectatrice anonyme noyée dans le béton chic et les sièges flambant neufs d’Ibn Battuta, devient soudain personnage principal à la fin du match. Niakhaté accourt vers elle, l’empoigne tendrement par les bras, mais garde l’œil rivé ailleurs : sur l’écran. L’émotion est réelle, sans doute, mais elle attend son cadrage.
Autrefois, on montait dans les gradins pour saluer sa mère à la discrétion d’un regard, d’une accolade volée. Aujourd’hui, on immortalise l’instant. On l’exporte. On le publie. La gratitude maternelle se décline en pixels haute définition, la tendresse en stories, l’amour en selfie post-match, sponsorisé par l’époque.
La mère, elle, n’a pas changé. Elle est là, digne, silencieuse, venue soutenir son fils sans caméra ni mise en scène. Elle n’avait besoin ni du stade somptueux ni de l’objectif frontal pour être fière. Mais l’époque exige des preuves. Alors le fils rend hommage, bras enlacés, téléphone levé, émotion capturée avant de retomber.
Rien de condamnable, bien sûr. Juste un symptôme. Celui d’un monde où même l’amour filial doit passer par la validation publique, où l’hommage n’existe pleinement que s’il est visible, partagé, commenté. Moussa Niakhaté n’invente rien : il joue simplement le match de son temps.
Et la mère, elle, rentrera sans doute chez elle avec autre chose qu’une photo : la certitude tranquille d’avoir soutenu son fils. Le selfie s’effacera peut-être dans le flux. L’amour, lui, n’avait pas besoin du stade Ibn Battuta pour être monumental.
Malick BA
La scène se veut bouleversante. Elle est surtout très contemporaine. La mère, fidèle parmi les fidèles, spectatrice anonyme noyée dans le béton chic et les sièges flambant neufs d’Ibn Battuta, devient soudain personnage principal à la fin du match. Niakhaté accourt vers elle, l’empoigne tendrement par les bras, mais garde l’œil rivé ailleurs : sur l’écran. L’émotion est réelle, sans doute, mais elle attend son cadrage.
Autrefois, on montait dans les gradins pour saluer sa mère à la discrétion d’un regard, d’une accolade volée. Aujourd’hui, on immortalise l’instant. On l’exporte. On le publie. La gratitude maternelle se décline en pixels haute définition, la tendresse en stories, l’amour en selfie post-match, sponsorisé par l’époque.
La mère, elle, n’a pas changé. Elle est là, digne, silencieuse, venue soutenir son fils sans caméra ni mise en scène. Elle n’avait besoin ni du stade somptueux ni de l’objectif frontal pour être fière. Mais l’époque exige des preuves. Alors le fils rend hommage, bras enlacés, téléphone levé, émotion capturée avant de retomber.
Rien de condamnable, bien sûr. Juste un symptôme. Celui d’un monde où même l’amour filial doit passer par la validation publique, où l’hommage n’existe pleinement que s’il est visible, partagé, commenté. Moussa Niakhaté n’invente rien : il joue simplement le match de son temps.
Et la mère, elle, rentrera sans doute chez elle avec autre chose qu’une photo : la certitude tranquille d’avoir soutenu son fils. Le selfie s’effacera peut-être dans le flux. L’amour, lui, n’avait pas besoin du stade Ibn Battuta pour être monumental.
Malick BA
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