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Sénégal: le pouvoir des "Nervis" croît devant le silence du Gouvernement

A moins de 6 mois des élections locales, il y a un phénomène qui n'augure rien de bon. Des gros bras armés dictent la loi du plus fort dans les manifestations hostiles au régime en place. Des événements de mars à la tournée économique du chef de l'Etat dans le nord du pays, PressAfrik a fait le point sur ce fléau qui prend une ampleur très dangereuse.



Ils sont robustes, s’habillent comme des agents de sécurité. Souvent en civil, ils sont armés de gros bâtons, gourdins, matraques, taser et parfois d’armes blanches. Ces hommes souvent de forte corpulence sont habituellement engagés par des personnalités ou hommes politiques, en situation d’instabilité, pour faire face à leurs opposants.

Au Sénégal, la présence de ces « gros bras »,  surnommés "nervis" a été à l’origine de nombreuses exactions sur les populations et de pas mal d’incidents. Ce qui alertent sur les dangers de leur présence dans le dispositif de maintien de l’ordre.

En effet, au mois de mars dernier, lors des violentes manifestations qui ont suivi l'arrestation de l'opposant Ousmane Sonko, plusieurs vidéos et photos ont montré des individus armés de gourdins, machettes et fusils cheminer aux côtés des forces de l'ordre dans les artères de la capitale sénégalaise. Ils n'ont jamais été rappelé à l'ordre par la police qui semblait même se complaire de leur présence au front.

Lors de ces émeutes meurtrières qui ont occasionné la mort de plus d'une dizaine personnes (14 selon le bilan du M2D et 12 d'après le Gouvernement), une vidéo d’une minute trente-sept secondes (1mn 37) devenue virale sur les réseaux sociaux, diffusée le 6 mars, montre des hommes en civil pourchassant une foule avec des fusils dans le quartier du Plateau à Dakar. Ils tirent sans sourciller sur des manifestants.
De pareilles scènes se sont reproduites dans la banlieue dakaroise durant la même période. Des pick-ups non-immatriculés, derrière les véhicules de la police. À leur bord, se trouvent des individus tenant des bâtons, prêts à mater. Plusieurs organisations de la société civile sont montées au créneau. C’est le cas de la Raddho et le Forum civil section sénégalaise de Transparency International qui a envoyé un courrier au ministère de l’Intérieur pour demander des « éclairages ». Le mouvement citoyen M2D a quant à lui demandé « l’ouverture  d’une enquête » pour faire la lumière sur la présence de ces "milices" dans les manifestations de mars



 

Sénégal: le pouvoir des "Nervis" croît devant le silence du Gouvernement

Le mercredi 5 mai 2021, l’activiste Guy Marius Sagna qui s’est rendu à Nianing (département de Mbour) pour s’enquérir d’un problème foncier pour lequel il a été sollicité, a été attaqué et malmené par des individus. Selon le FRAPP, c’est le maire de Malicounda et non moins Directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) qui a engagé et envoyé de nervis pour attaquer son leader.


A Saint-Louis, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, sur sa page Facebook a déploré ce climat de terreur instauré par des hommes armés dans la capitale du Nord lors du passage de Macky Sall. Une dame a été lâchement malmenée, son visage amoché par des individus.

 


Des heurts entre "nervis" et policiers à Saint-Louis
Le 12 juin, des individus armés de gourdins et de matraques qui s’identifient également par leur forte corpulence ont embarqué dans le cortège du chef de l’Etat à bord des voitures 8X8 à Saint-Louis, en marge de la tournée économique. Difficile de les distinguer des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) et de ceux du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Ils avaient presque le même accoutrement, en plus d'être à bord des pick-up de la Présidence.

Nos confrères du journal Enquête font savoir, dans leur livraison de ce mardi 15 juin, que ces nervis avaient, sur l'avenue Général De Gaulle de Saint-Louis, bloqué, avec leurs gros véhicules, la circulation, alors que c’est par-là que le président de la République devait repartir et qu’il fallait mettre de l'ordre. « Les échanges entre eux et le commissaire central de Saint-Louis étaient vifs et tendus. Ils ont fini par libérer la voie, en avançant leurs voitures. Mais plus loin vers le commissariat central, un nouvel incident les a opposés à des policiers disposés dans le jalonnement. Les gros bras voulaient intégrer le dispositif, ce à quoi se sont farouchement opposés les policiers ».

Le Gouvernement joue aux aveugles face à la question
Interrogé par la radio RFM, le 4 mars dernier sur cette question, le ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome botte en touche. « Moi, je ne connais pas de nervis. Je connais des forces de défense et de sécurité. Et les forces de défense et de sécurité s'habillent aussi bien en tenue militaire ou policières qu'en tenue civile », s’est-il défendu.

L'activiste Guy Marius Sagna met en garde le Président Macky Sall
Guy Marius Sagna quant à lui avertit le chef de l’Etat sur la présence de ces nervis aux côtés des forces de défense et de sécurité dans son cortège en tournée économique dans le Fouta. " Monsieur le président Macky Sall, le premier nervis qui sera tué au Sénégal sera signé de votre propre main. Les populations ne peuvent continuer à subir la violence de vos nervis sans se défendre. Et ce sera de la légitime défense"
 
Selon l’activiste, le Président Macky Sall utilise des nervis et encourage son entourage à en faire autant.

Pire, dénonce le membre de Frapp, "le Président Macky Sall dit à la Police et à la Gendarmerie de fermer les yeux devant les violences faites par les nervis aux populations, révolutionnaires, activistes, opposants…" A l’en croire, le peuple ne pourra pas, en plus de lui, supporter ses nervis.

 


L'exemple Ndiaga Diouf 
Le 22 décembre 2011nervi Ndiaga Diouf succombait à ses blessures, après avoir reçu une balle au cours d'une fusillade devant les locaux de la mairie de Dakar-Sacré coeur. Barthélémy Dias a été inculpé et placé sous mandat de dépôt avant de bénéficier d'une liberté provisoire. 
La victime était venue ce jour-là avec plusieurs autres de ses camarades pour attaquer le maire et ses collaborateurs. Dias-fils avait dégainé son arme et tiré sur le groupe de nervis engagé par le régime d'alors.

Arrêté avec 12 autres personnes pour coups mortels, coups et blessures volontaires et détention d’arme sans autorisation administrative, l’édile de Sacré-Cœur/Mermoz avait écopé, en première instance, d’une peine de 2 ans dont 6 mois de prison ferme, pour le meurtre du nervi, lors de l’attaque de la mairie en septembre 2011. Ses co-prévenus Habib Dieng et Babacar Faye avaient été condamnés à la même peine de prison, pour les mêmes faits. En sus de leur peine, ils devaient allouer à la famille de la victime la somme de 25 millions de francs CFA. 

Le procès sera jugé en Appel, le 7 juillet prochain.

Fana CiSSE

Mardi 15 Juin 2021 - 14:36


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