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Sonko et la masseuse ou l’inimaginable scénario (Par Malick SY Journaliste)



Sonko et la masseuse ou l’inimaginable scénario (Par Malick SY Journaliste)
Viol. Il n'aura suffit que de quatre petites  lettres pour faire basculer l’exemplarité d’un homme jusque là au-dessus de tout soupçon. Même si le leader du Pastef est présumé innocent, il est incontestable que l’impact présumé d'empreintes digitales et génitales d’une anonyme masseuse sur Ousmane Sonko risquent de générer un mal encore beaucoup plus incapacitant que celui du dos qu’il a bien voulu soulager. Affaire sexuelle sur fond de menaces de mort avec arme à feu. Des mots crus et des termes saignants qui alourdissent terriblement le poids du soupçon qui pèse sur Ousmane Sonko.

De sujet politique à cible électorale

Arrivé troisième en 2019 pour sa toute première participation à une élection présidentielle avec  plus de 15% des suffrages, élu primo député lors de sa première tentative, adulé par une large frange de la jeunesse sénégalaise, chouchou des médias, le parcours politique du leader de PASTEF avait été jusque là, tout simplement prodigieux. Du moins jusqu’à cette fameuse soirée du 2 février 2021. Ce jour là, la trajectoire d’un des hommes politiques sénégalais les plus prometteurs s’est fracassée net. Visé par une plainte pour viol et menaces de mort, c'est le scénario du pire qui se dessine pour Ousmane Sonko. Tout porte à faire croire qu’il s’en rapproche inexorablement. 

Inutile de dire que voir le nom de Sonko au centre de ce torrent accusatoire va durablement abîmer l’image de celui qui s’était érigé en parangon de vertu en mettant régulièrement en scène sa probité.  Lui qui avait fait de ses versets grandiloquents, comminatoires et péremptoires sur l’éthique et la morale, sa marque de fabrique politique. 

Pis encore, le risque n’a jamais été aussi grand, si les faits sont avérés, de voir l'avenir politique d’Ousmane Sonko lui filer entre des doigts aussi masseurs que destructeurs que ceux d’une jeune fille à la réputation sulfureuse. Et cette question que tous les sénégalais se posent : qu’est-il arrivé à Ousmane Sonko.

Comment ? Pourquoi ?

Comment lui, devenu depuis quelques années la bête noire du régime de Macky Sall a-t-il pu se laisser enserrer dans des frasques sous les néons d’un sordide salon de massage? 
Comment lui, candidat putatif à la fonction présidentielle, passé de sujet politique à cible électorale à abattre par tous les moyens, a-t-il pu prendre le réel risque de pulvériser son avenir politique avec cette sombre affaire de viol présumé ? 

Comment lui, qui savait que rien n’allait lui être épargné ou pardonné et qui a reconnu dans un communiqué que «…des amis n’ont cessé de «l’»alerter sur un complot à venir portant sur des questions de mœurs… », en est-il arrivé à cette situation potentiellement politiquement et moralement autodestructrice ?

Pour avoir mis la morale au poste de commande de sa carrière politique et pour nous avoir vendu de «l’exemplarité» à tout-va sans en avoir la propriété exclusive ni le monopole, le « Sweat Beauté » vient de présenter l’addition au leader du parti Pastef. Et elle est bien salée. Tout un capital d’attraction politique dilapidé en un hybride massage nocturne. Toute une légende qui aura du mal à se remettre de cette potentielle faillite politique et morale.

Ousmane victime de Sonko

Mais au-delà de ce qu'il s’est passé dans l’intimité de ce salon et qui demeure une incontestable et grossière erreur politique, il y a surtout la faute morale de Sonko. Celle d’avoir enfreint le couvre feu en utilisant abusivement à des fins personnelles, les privilèges de député que le peuple du Sénégal lui a octroyés. Il n’y a pas de règles pour le bas peuple et une pour l’élite. Au nom de quels principes un député disposerait-il de droits exceptionnels au moment où des millions de sénégalais acceptent bon gré mal gré, les rigueurs et contraintes liées au couvre feu. En bravant les restrictions de circulation imposées à tous les Dakarois, le député « patriote » a délibérément roulé à contresens des règles de conduite républicaine en oubliant de joindre ses actes à ses discours. 

A vouloir conjuguer l’inconjugable, c’est-à-dire une promesse de probité morale avec un comportement abrasif, Ousmane Sonko, qui a fait de la rectitude morale l’idée matricielle de sa conquête du pouvoir, risque d’être le plus grand brûlé de son propre moralisme. C’est le remake tropical du syndrome Hollande avec son fameux « Moi président, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire. » On connaît la suite. Son fameux scooter au petit matin, le visage caché sous un casque intégral.

Au Sénégal, la politique ce n’est plus que les idées, ça peut être aussi une masseuse

Si les faits reprochés au leader de Pastef sont avérés, il devra tôt ou tard, faire face à toutes les rigueurs d’une enquête humiliante et intrusive où la justice ira fouiller jusque dans les toilettes de sa chambre à coucher. Mais en attendant, gardons-nous de condamner définitivement  Ousmane Sonko qui bénéficie encore et en toute hypothèse de la présomption d’innocence. D’autant que certaines voix, à commencer par celle du principal mis en cause, avancent des thèses conspirationnistes faisant croire à un vaste complot ourdi par le régime pour faire tomber le principal opposant au Président Macky Sall. Alors restons à l’écoute de la justice sénégalaise qui elle seule et seulement elle, pourra démêler le vrai du faux et le réel du virtuel. 

C’est une véritable gageure qui s’annonce pour notre magistrature qui fait face depuis quelques temps, à un vaste mouvement de défiance des citoyens sénégalais. La justice devra se montrer à la hauteur pour éviter encore une fois, de passer comme la coproductrice d’un coup d’état politico- judiciaire contre un opposant politique au Président de la République. Les deux précédents que sont les « affaires Karim Wade et Khalifa Sall » ont fait apparaître aux yeux de nombreux sénégalais, le Palais de justice comme la chambre d’échos du Palais Présidentiel.

La morale de « l’affaire Sonko »

Mais que personne ne s’y méprenne. Ce qu’on pourrait désormais appeler le « Sweat Beauté Gate » est révélateur des dérives de la compétition électorale au Sénégal. La politique, c’était avant tout un débat, aujourd’hui elle peut être une masseuse, un divorce, une éjaculation ou un sperme. Un palier de plus dans la dégradation de la démocratie sénégalaise. Car cette présumée affaire de viol, pourrait rayer des prochains bulletins électoraux, le nom du principal opposant au Président Sall. De ce psychodrame politico- judiciaire qui va certainement hypnotiser tout un pays, voire l’électriser, risquent de jaillir les effluves nauséeux d’une pratique de la politique où chaque fin justifie chaque moyen, où tous les coups seront désormais permis.

Cela dit, si Ousmane Sonko est coupable des faits qui lui sont reprochés, les lumières de son ascension s’éteindront sur ces rêves d'accession à la magistrature suprême. S’il sort blanchi de cette épreuve, son aura déjà à son paroxysme, n’en sera encore que plus grand. 

Mais au-delà de toute cette affaire, il y a une morale. Celle qui veut que lorsqu’on a les mots « exemplarité, éthique et république » au bout des lèvres à chaque bout de discours, on se doit d’être irréprochable. Dans une société sénégalaise plombée par l’hégémonie des faux dévots, faux marabouts, moralistes de pacotille, vertueux de bazar et autres faussaires en tout genre, l’affaire Ousmane Sonko est une belle piqûre de rappel de combien la réalité peut parfois se foutre de l’invraisemblable.

 Parce que cette « affaire Ousmane Sonko » aura surpris tout le monde,  elle a créé une déflagration médiatique et une onde de choc nationale dont personne ne peut encore mesurer l’échelle et les conséquences. Un interminable moment de cauchemar pour cet homme dont l’ensemble de la carrière politique pourrait se résumer en deux journées. La première où il confie son dos au « Sweet Beauté » et la seconde qui lui a valu une plainte pour viol sur dos. Et c’est bien cette dernière journée  qui pourrait lui briser la colonne vertébrale.
 

Salif SAKHANOKHO

Lundi 8 Février 2021 - 17:12


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