L’actualité de ces dernières semaines a été marquée par l’affaire de serviettes hygiéniques et de couches fabriquées par une entreprise étrangère détenant une filiale au Sénégal. Cela a suscité une vive polémique suite aux sorties de l’Agence de réglementation pharmaceutique, ordonnant le retrait de ces produits avant de les déclarer conformes aux normes de sécurité. En attendant que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP) fasse la lumière sur cette affaire, votre site PressAfrik rappelle un autre scandale qui n’a jamais suscité une forte réaction des autorités, contrairement au « scandale Softcare ».
Il s’agit de l’enquête réalisée par l’ONG Public Eye, en collaboration avec le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN) sur les produits alimentaires destinés aux nouveau-nés dans les pays à faible et modéré taux de développement. En Avril 2024, l’organisme de surveillance basé à Zurich avait révélé que « Nestlé ajoute du sucre au lait pour bébé et aux céréales tels que Cérélac et Nido dans les pays les plus pauvres ».
La teneur en sucre ajouté des céréales pour bébés est de 5,9 grammes au Sénégal
Les résultats des tests réalisés sur 150 produits dans des pays différents ont montré que presque toutes les céréales à base de blé Cérélac de Nestlé dans ces régions, destinées aux nourrissons à partir de six mois, contenaient des sucres ajoutés équivalant en moyenne à 4 grammes par portion, soit un morceau de sucre. Le volume le plus élevé de sucre ajouté à un produit, soit 7,3 grammes par portion, a été détecté aux Philippines, suivi de 6,8 grammes au Nigeria et de 5,9 grammes au Sénégal. Par ailleurs, les produits laitiers en poudre Nido destinés aux enfants de un à trois ans contenaient près de deux grammes de sucre ajouté par portion. Au Sénégal, c’est 0,5 gramme de sucre ajouté dans les laits en poudre Nido pour enfants à partir d’un an. L’enquête montre que, « pour Nestlé, tous les bébés ne sont pas égaux en matière de sucre ajouté ». « Alors qu’en Suisse, où la société a son siège et les pays développés, les principales marques de céréales infantiles et de laits de croissance vendues par le géant agroalimentaire sont exemptes de sucre ajouté ».
Risque de maladies chroniques telles que le diabète ou l’hypertension pour les enfants
« Enrichis en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels », ces produits seraient, selon la multinationale, spécialement conçus pour répondre aux besoins des bébés et enfants en bas âge. Ils contribueraient à renforcer leur croissance, leur système immunitaire et leur développement cognitif. L’étude avait montré que si Nestlé communique volontiers sur les vitamines, minéraux et autres nutriments contenus dans ses produits, elle ne fait pas preuve de la même transparence concernant le sucre ajouté. Les pédiatres et experts en nutrition infantile interrogés par Public Eye dénoncent ces pratiques qui s’avèrent dangereuses. « C’est extrêmement préoccupant. Le sucre ne devrait pas être ajouté aux aliments destinés aux bébés et aux jeunes enfants parce qu’il est inutile et a un fort pouvoir addictif. Les enfants rechercheront des aliments de plus en plus sucrés, amorçant un cycle négatif qui augmente le risque de troubles liés à l’alimentation à l’âge adulte, comme l’obésité, ainsi que d’autres maladies chroniques telles que le diabète ou l’hypertension », déplore un épidémiologiste.
L'Oms a également prévenu que l'exposition au sucre dès le plus jeune âge peut créer une préférence pour les produits sucrés tout au long de la vie, ce qui augmente le risque de développer l'obésité et d'autres maladies chroniques. Depuis 2022, elle appelle à l'interdiction des sucres ajoutés dans les produits destinés aux bébés et aux jeunes enfants de moins de trois ans.
Adoption du décret portant sur la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants
Ces révélations interpellaient les autorités sanitaires du Sénégal à renforcer davantage le contrôle sur les produits destinés aux enfants. Contrairement au scandale Softcare, qui est pris à bras le corps par les autorités, l’enquête menée par Public Eye n’a jamais fait l’objet d’une contre expertise au Sénégal pour se rassurer. Des associations ont lancé une pétition pour exiger à « Nestlé de mettre fin à ce double standard injustifié et nuisible ». Quant à l’Etat de «mener des enquêtes indépendantes pour vérifier la véracité de ces allégations concernant les produits Nestlé, mais aussi, à engager des poursuites judiciaires, au besoin, contre les entreprises responsables si les allégations sont avérées». Le 06 mai 2024 le député Guy Marius Sagna avait déposé une « proposition de résolution de mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire sur le « scandale du sucre ajouté » dans les produits Nido et Cérélac de Nestlé.
Selon le député, une vingtaine de ces propositions n’ont jamais été inscrites à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale et la majorité BBY. Le 25 avril 2025, lors du conseil des ministres, le conseil a adopté le décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants, un document qui a fait 13 ans dans le circuit, selon le Ministère de la Santé et de l'Action sociale (Msas).
Pour le représentant de l'UNICEF Sénégal, Jacques Boyer « certaines publicités et promotions trompeuses poussent les familles à abandonner l’allaitement, alors que le lait maternel est l’aliment le plus sûr et le plus complet pour protéger la santé des bébés. « L’adoption de ce décret marque une avancée majeure pour la santé des enfants. Mais son application effective dépendra de la mobilisation de tous : institutions, professionnels de santé, société civile et communautés » disait-il lors d’un atelier de vulgarisation de ce décret.
Il s’agit de l’enquête réalisée par l’ONG Public Eye, en collaboration avec le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN) sur les produits alimentaires destinés aux nouveau-nés dans les pays à faible et modéré taux de développement. En Avril 2024, l’organisme de surveillance basé à Zurich avait révélé que « Nestlé ajoute du sucre au lait pour bébé et aux céréales tels que Cérélac et Nido dans les pays les plus pauvres ».
La teneur en sucre ajouté des céréales pour bébés est de 5,9 grammes au Sénégal
Les résultats des tests réalisés sur 150 produits dans des pays différents ont montré que presque toutes les céréales à base de blé Cérélac de Nestlé dans ces régions, destinées aux nourrissons à partir de six mois, contenaient des sucres ajoutés équivalant en moyenne à 4 grammes par portion, soit un morceau de sucre. Le volume le plus élevé de sucre ajouté à un produit, soit 7,3 grammes par portion, a été détecté aux Philippines, suivi de 6,8 grammes au Nigeria et de 5,9 grammes au Sénégal. Par ailleurs, les produits laitiers en poudre Nido destinés aux enfants de un à trois ans contenaient près de deux grammes de sucre ajouté par portion. Au Sénégal, c’est 0,5 gramme de sucre ajouté dans les laits en poudre Nido pour enfants à partir d’un an. L’enquête montre que, « pour Nestlé, tous les bébés ne sont pas égaux en matière de sucre ajouté ». « Alors qu’en Suisse, où la société a son siège et les pays développés, les principales marques de céréales infantiles et de laits de croissance vendues par le géant agroalimentaire sont exemptes de sucre ajouté ».
Risque de maladies chroniques telles que le diabète ou l’hypertension pour les enfants
« Enrichis en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels », ces produits seraient, selon la multinationale, spécialement conçus pour répondre aux besoins des bébés et enfants en bas âge. Ils contribueraient à renforcer leur croissance, leur système immunitaire et leur développement cognitif. L’étude avait montré que si Nestlé communique volontiers sur les vitamines, minéraux et autres nutriments contenus dans ses produits, elle ne fait pas preuve de la même transparence concernant le sucre ajouté. Les pédiatres et experts en nutrition infantile interrogés par Public Eye dénoncent ces pratiques qui s’avèrent dangereuses. « C’est extrêmement préoccupant. Le sucre ne devrait pas être ajouté aux aliments destinés aux bébés et aux jeunes enfants parce qu’il est inutile et a un fort pouvoir addictif. Les enfants rechercheront des aliments de plus en plus sucrés, amorçant un cycle négatif qui augmente le risque de troubles liés à l’alimentation à l’âge adulte, comme l’obésité, ainsi que d’autres maladies chroniques telles que le diabète ou l’hypertension », déplore un épidémiologiste.
L'Oms a également prévenu que l'exposition au sucre dès le plus jeune âge peut créer une préférence pour les produits sucrés tout au long de la vie, ce qui augmente le risque de développer l'obésité et d'autres maladies chroniques. Depuis 2022, elle appelle à l'interdiction des sucres ajoutés dans les produits destinés aux bébés et aux jeunes enfants de moins de trois ans.
Adoption du décret portant sur la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants
Ces révélations interpellaient les autorités sanitaires du Sénégal à renforcer davantage le contrôle sur les produits destinés aux enfants. Contrairement au scandale Softcare, qui est pris à bras le corps par les autorités, l’enquête menée par Public Eye n’a jamais fait l’objet d’une contre expertise au Sénégal pour se rassurer. Des associations ont lancé une pétition pour exiger à « Nestlé de mettre fin à ce double standard injustifié et nuisible ». Quant à l’Etat de «mener des enquêtes indépendantes pour vérifier la véracité de ces allégations concernant les produits Nestlé, mais aussi, à engager des poursuites judiciaires, au besoin, contre les entreprises responsables si les allégations sont avérées». Le 06 mai 2024 le député Guy Marius Sagna avait déposé une « proposition de résolution de mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire sur le « scandale du sucre ajouté » dans les produits Nido et Cérélac de Nestlé.
Selon le député, une vingtaine de ces propositions n’ont jamais été inscrites à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale et la majorité BBY. Le 25 avril 2025, lors du conseil des ministres, le conseil a adopté le décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants, un document qui a fait 13 ans dans le circuit, selon le Ministère de la Santé et de l'Action sociale (Msas).
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