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Une COP de l’Afrique

Cette COP22 aura-t-elle été la COP de l'Afrique comme l'avait annoncé le Maroc ? Il y a eu des avancées sur le calendrier d'application de l'accord de Paris, beaucoup d'initiatives ont été lancées en marge des négociations, des promesses de financements supplémentaires ont été formulées, mais pour l'ONG Care, le compte n'y est pas : plusieurs sujets-clés pour l'Afrique comme la finance ou l'agriculture ont été écartés.



Les négociations se sont un peu grippées sur la question des finances. L'Afrique attendait des précisions sur les montants qui doivent lui permettre de s'adapter à la nouvelle donne climatique. Espoir déçu, selon Maxime Combe, chargé de mission au sein de l'ONG Care : « Je suis relativement surpris que les pays africains ne soient pas plus clairement montés au créneau, parce que les financements qui sont annoncés depuis très longtemps ne sont pas réellement sur la table et qu’on réunit dans des financements des choses très différentes et qui sont finalement pas de nature à permettre notamment aux pays qui vont être le plus impactés par le dérèglement climatique de faire face et de s’adapter aux conséquences de ces dérèglements climatiques. »
 
Ecartée également, la question de l'Agriculture, vitale pour l'Afrique. Le sujet a été abordé mais aucun consensus n'a été trouvé. « C’était censé être la COP africaine de l’agriculture, analyse Aurélie Ceinos, responsable changements climatiques au sein de l'ONG, et puis on a une décision qui reporte les discussions à juin prochain, mais avec aucune indication sur ce qu’on va faire. Les Etats ne veulent pas statuer et donner un cadre à ces négociations parce que derrière ça il y a des lobbies qui défendent les engrais, les OGM, ils ne veulent pas qu’on dise que l’agriculture qui est bonne pour le climat c’est l’agro-écologie et ce sont les pratiques durables. »
 
Pour pallier les lenteurs des négociations, des programmes parallèles de soutien à l'agriculture ont donc été lancés. Mais si ces programmes ne sont pas règlementes, l’ONG Care a peur que cela soit la porte ouverte à des dérives, y compris, et ce serait un comble, la promotion d'engrais chimiques néfastes pour l'environnement.

RFI

Samedi 19 Novembre 2016 - 06:31


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