« Ce tribunal est indépendant », scande le président du tribunal de grande instance de Bunia, Alphonse Wonga. Le magistrat se félicite du soutien de la représentante de Joseph Kabila. « Surtout que c'est la première fois », précise-t-il évoquant de temps à autre un appui des partenaires au développement.
Un soutien financier de la présidence surtout pour permettre aux victimes comme aux prévenus de bénéficier d'avocats. Et c'est ce qui explique aussi la célérité de la procédure. « C’est l'un des éléments qui freinent la bonne tenue des procès », indique une source judiciaire locale. « Ni les victimes, ni les accusés n’ont les moyens de se payer un avocat ».
Parmi les autres difficultés à tenir des procès, les délais de prescription trop courts en ce qui concerne les violences sexuelles. Trois mois entre l'arrestation et le prononcé de la condamnation. C'est trop peu, surtout quand il y a des lenteurs dans l'instruction, car tout le monde manque de moyens, dit encore cette source judiciaire locale.
Il y a deux ans, le fonds des Nations unies pour la population avait publié un rapport sur les violences sexuelles en Ituri. En 2012, sur les quelque 3 300 cas recensés, seuls 2% des victimes avaient porté plainte. Et aucune arrestation n’avait été enregistrée. La situation s’est améliorée, notamment grâce à la qualité des magistrats nommés à Bunia et à une coopération accrue avec la Monusco, explique un observateur. Même si, regrette-t-il encore trop peu de cas font l'objet d'enquête et qu'il reste toujours aussi difficile d'identifier les responsables de viols de masse.
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