Le Parlement européen a validé mardi 10 février une réforme majeure du système d'asile européen en incluant une liste commune de « pays d'origine sûrs » dont l'objectif est d'accélérer les démarches liées aux demandes d'asile dans des pays où, selon l'Union européenne (UE), il n'y a pas de persécutions, de risques de tortures ou de traitements inhumains.
Parmi les pays cités, trois sont africains : le Maroc, l'Égypte et la Tunisie. Les conditions pour demander l'asile dans l'Union européenne deviendront ainsi bien plus compliquées pour les ressortissants des pays concernés.
Concrètement, ce changement de statut a pour objectif, selon l'UE, d'accélérer la procédure de demande d'asile, jugée peu susceptible de déboucher positivement.
« Une approche plus ferme pour lutter contre les abus »
L'examen plus rapide des demandes égyptiennes, marocaines et tunisiennes, n'entraînera pas automatiquement un refus. Mais seule « une crainte fondée de persécution ou de risque grave au retour dans le pays d'origine » sera dorénavant prise en compte.
Alors que le Parlement européen estime par la voix du rapporteur italien Alessandro Ciriani que la création de cette liste « met fin à une période d'ambiguïté et propose une approche plus ferme pour lutter contre les abus », les associations de défense des droits humains s'insurgent.
Dans une tribune, La Ligue des droits de l'homme ou encore SOS Méditerranée demandent le rejet de cette liste et critiquent la présence de la Tunisie, dont la situation, selon les signataires du texte, exclut toute classification comme « sûre ».
« C'est en contradiction flagrante avec la situation observée en Tunisie »
Cette décision a en effet été vivement critiquée par un collectif d'associations, qui a signé une tribune à l'initiative de l'Anafé (Association nationale d'aide aux frontières pour les étrangers). Selon son président, Olivier Clochard, la place de la Tunisie dans cette liste est erronée. « On se pose énormément de questions. C'est en contradiction flagrante avec la situation des droits humains qui est observée dans ce pays, affirme-t-il au micro de Sophiane Amazian. Beaucoup d'organisations ne cessent de le rappeler, que ce soit vis-à-vis des Tunisiens eux-mêmes, mais aussi vis-à-vis des personnes migrantes qui sont soit en transit ou soit installées dans ce pays ».
Il poursuit : « Déclarer ce pays comme sûr, ça conduit d'une part à refuser l'accès à la protection de ces personnes qui pourraient provenir de la Tunisie, et ça conduit aussi quelque part, à légitimer la violence et les persécutions qui existent depuis l'arrivée du nouvel autocrate à la tête de la Tunisie [une référence au chef de l’État Kaïs Saïed, NDLR]. »
La mise en place de ces nouvelles règles interviendra dans plusieurs mois, après adoption définitive par les institutions européennes.
Parmi les pays cités, trois sont africains : le Maroc, l'Égypte et la Tunisie. Les conditions pour demander l'asile dans l'Union européenne deviendront ainsi bien plus compliquées pour les ressortissants des pays concernés.
Concrètement, ce changement de statut a pour objectif, selon l'UE, d'accélérer la procédure de demande d'asile, jugée peu susceptible de déboucher positivement.
« Une approche plus ferme pour lutter contre les abus »
L'examen plus rapide des demandes égyptiennes, marocaines et tunisiennes, n'entraînera pas automatiquement un refus. Mais seule « une crainte fondée de persécution ou de risque grave au retour dans le pays d'origine » sera dorénavant prise en compte.
Alors que le Parlement européen estime par la voix du rapporteur italien Alessandro Ciriani que la création de cette liste « met fin à une période d'ambiguïté et propose une approche plus ferme pour lutter contre les abus », les associations de défense des droits humains s'insurgent.
Dans une tribune, La Ligue des droits de l'homme ou encore SOS Méditerranée demandent le rejet de cette liste et critiquent la présence de la Tunisie, dont la situation, selon les signataires du texte, exclut toute classification comme « sûre ».
« C'est en contradiction flagrante avec la situation observée en Tunisie »
Cette décision a en effet été vivement critiquée par un collectif d'associations, qui a signé une tribune à l'initiative de l'Anafé (Association nationale d'aide aux frontières pour les étrangers). Selon son président, Olivier Clochard, la place de la Tunisie dans cette liste est erronée. « On se pose énormément de questions. C'est en contradiction flagrante avec la situation des droits humains qui est observée dans ce pays, affirme-t-il au micro de Sophiane Amazian. Beaucoup d'organisations ne cessent de le rappeler, que ce soit vis-à-vis des Tunisiens eux-mêmes, mais aussi vis-à-vis des personnes migrantes qui sont soit en transit ou soit installées dans ce pays ».
Il poursuit : « Déclarer ce pays comme sûr, ça conduit d'une part à refuser l'accès à la protection de ces personnes qui pourraient provenir de la Tunisie, et ça conduit aussi quelque part, à légitimer la violence et les persécutions qui existent depuis l'arrivée du nouvel autocrate à la tête de la Tunisie [une référence au chef de l’État Kaïs Saïed, NDLR]. »
La mise en place de ces nouvelles règles interviendra dans plusieurs mois, après adoption définitive par les institutions européennes.
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