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Législatives au Bangladesh: les électeurs veulent un «changement» après la période de transition

Au Bangladesh, plus de 127 millions d’électeurs se rendent aux urnes, jeudi 12 février, pour des élections législatives cruciales. Il s'agit du premier scrutin depuis la destitution et la fuite de la Première ministre Sheikh Hasina, à l'été 2024, après la révolte étudiante réprimée dans le sang qui avait fait 1 400 morts.



À midi, dans la capitale Dacca, l'affluence varie énormément d'un centre à l'autre sur les plus de 2 000 bureaux de vote que compte la capitale. Certains centres étaient presque vides ce jeudi matin et d'autres où les files d'attente, en revanche, étaient impressionnantes. C'est notamment le cas près de la Commission électorale, constate notre envoyé spécial sur place, Abdoollah Earally.

Ahmad Hakim, 65 ans, est un ancien fonctionnaire. Pour lui, ce scrutin marque un renouveau : « J’ai voté nombre de fois, mais pas ces 15 dernières années. [...] Pouvoir voter est un droit, une responsabilité, affirme-t-il. Pendant une longue période c’était vain. Mais cette fois c’est très sérieux, maintenant on veut un changement. »

Dans la file d’attente qui s’étire du couloir de l’école jusque dans le jardin, Rafsan attend son tour. À 20 ans, il appartient à cette « génération Z » qui a porté le soulèvement de juillet 2024 : « J’étais excité hier soir, à l’idée de pouvoir voter comme il faut, sans injustice. Oui, c’est mon heure. »

Le chef du gouvernement provisoire, Muhammad Yunus, s'est réjoui de la tenue des élections législatives, un an et demi après la chute de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina, saluant « la fin du cauchemar et le début d'un nouveau rêve. Aujourd'hui nous entamons notre chemin vers un nouveau Bangladesh ».

Ces législatives s'accompagnent également d'un référendum constitutionnel. Au-delà du vote, le Bangladesh cherche à changer de modèle politique. Les électeurs ont deux bulletins de vote : le premier pour élire leurs députés, 300 sièges sont à pourvoir. Et le second bulletin concerne ce référendum pour changer de modèle politique. C'est ce qu'on appelle ici la « Charte de Juillet », en référence au soulèvement de juillet 2024.

Et l'une des mesures phares est très symbolique. Elle vise à limiter strictement le mandat du Premier ministre, à deux mandats maximum, afin d'éviter toute nouvelle dérive autoritaire au Bangladesh.

« L'islamisation de la société existe depuis très longtemps »
Après des années de régime autoritaire qui avait marginalisé l'opposition en arrêtant massivement certains de ses principaux dirigeants, la scène politique bangladaise est marquée par un retour en force du parti rival, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP).

L'autre retour est celui du parti islamiste Jamaat-e-Islami longtemps marginalisé, auquel se sont alliés certains leaders étudiants. Un an et demi après la révolution portée par la génération Z, assiste-t-on à une renaissance des islamistes du Jamaat-e-Islami, malgré son passé ? 

RFI

Jeudi 12 Février 2026 - 11:06


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