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Visites techniques des charrettes: les Ong applaudissent, les conducteurs encore sceptiques

​L’arrêté interministériel portant réglementation du transport par des véhicules à traction animale signé le 09 décembre 2016 ne fait pas que des heureux à Rufisque. Si les organisations de protection des animaux applaudissent la mesure, le scepticisme s’installe chez les acteurs dans la vieille cité coloniale de Rufisque.



Visites techniques des charrettes: les Ong applaudissent, les conducteurs encore sceptiques
Désormais, les charrettes et calèches sont soumises à la visite technique. Un certificat d’aptitude de circuler sera livré dorénavant aux véhicules hippomobiles par la division régionale des transports terrestres. Plus de quatre ans après la signature de l’arrêté interministériel portant réglementation du transport par des véhicules à traction animale, un atelier de vulgarisation portant sur : « sécurité routière et bien-être des équidés », s’est tenu à ce propos le 16 mars dernier afin de renforcer la formation des agents de police.

A Rufisque, ville où les chevaux et calèches font partie du décor, les organisations de défense des animaux et les charretiers ne tiennent pas encore le même discours. Si les défenseurs encouragent la mesure, les acteurs restent pour l’heure sceptiques. Pour Abdoulaye Thiam, représentant de l’ONG Wold Horse Welfare, les choses sont claires. « Dans le chapitre intitulé aptitude technique et assurance du véhicule utilisé à des fins commerciales, en son article 10, il est dit que tout propriétaire d’un véhicule hippomobile doit se présenter tous les six mois (06) à une visite technique effectuée par le bureau régional des transports routiers chargé de délivrer un certificat d’aptitude technique …Il est heureux de constater que les autorités se sont résolues à faire appliquer cet arrêté », fait remarquer le représentant local de l’Ong.

« Cette visite a pour but de vérifier l’état de la carrosserie, de l’éclairage, de la signalisation et du harnachement. Cet article exige aux cochers de se conformer à cette disposition », renseigne-t-il. L’arrêté signé le 09 décembre 2016, ce n’est qu’en mars dernier que les agents de police ont été sensibilisés à son application à travers un atelier organisé avec l’appui de l’ONG, Brooke. Cet arrêté concerne « la circulation des véhicules hippomobiles affectés au transport des personnes et des biens à des fins commerciales et/ou domestiques sur le territoire national » lit-on en son article 1.

Depuis le début du processus, il y a quatre ans, des associations comme l’Association rufisquoise pour la protection des animaux(ARPA) et des ONG comme Wold Horse Welfare ont été impliquées aux discussions sous l’égide de la Direction générale des équidés. Aujourd’hui, elles se réjouissent que des avancées notables soient notées avec cet arrêté qui vise selon eux à assurer une meilleure sécurité sur la route et à lutter contre la maltraitance envers les équidés.

La mesure ne fait pas l’unanimité
Du côté des conducteurs de calèches au niveau de Rufisque et environs, cette mesure est loin de faire l’unanimité. Si certains s’excitent déjà à l’idée de passer la visite technique, d’autres semblent adopter une posture mitigée à l’énoncé du sujet. Malick Ndiaye, un conducteur de calèche, très connu à Bargny, s’interroge sur cette nouvelle disposition. « Depuis quand les charrettes passent t- elles la visite technique ? Nous voulons nous conformer aux règles en vigueur, mais il se trouve que notre travail est régi dans l’informel. Nous risquons de connaitre les mêmes tracasseries policières que les conducteurs de taxis », s’inquiète le jeune homme.

Même son de cloche chez ce cocher interpellé en pleine circulation au centre-ville de Rufisque. Coincé dans les embouteillages sur la rue Adama Lô, notre interlocuteur se donne tout de même le temps de répondre à notre interpellation. « C’est une mesure salutaire, mais difficile à réaliser. Prenez l’exemple des saisonniers, ils ne sont pas toujours sur place. Ils peuvent se rendre à n’importe quel moment à l’intérieur du pays pour les besoins de l’hivernage. Vous voyez que c’est difficile », soutient ce jeune charretier qui se fait appeler Baye Fall.

Dans ce fréquenté haras de Santhiaba dans la commune de Rufisque Nord qui sert également de point de stationnement aux charretiers de la zone, cet arrêté interministériel soulève moult réactions. Rien qu’à l’énoncé de la question, les avis divergent. « C’est vrai que la mesure avait été émise il y a quelques années par les autorités, mais son applicabilité sur le terrain nécessite beaucoup d’efforts de sensibilisation. (…). C’est une bonne chose de vouloir réguler le secteur. J’ai acquis au fil des ans une certaine expérience du métier. Il est arrivé le moment d’encadrer la profession…», tente d’expliquer notre interlocuteur.

« C’est impossible », interrompt un jeune conducteur. « Vouloir imposer des visites techniques aux charrettes et aux calèches relève de l’utopie. C’est juste une manière pour l’Etat de nous soutirer nos maigres moyens de subsistance », enchaine vigoureusement son vis-à-vis resté à l’écart au tout début des échanges.

Le Témoin

AYOBA FAYE

Jeudi 15 Avril 2021 - 12:53


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