C'est une annonce qui n'est pas sans surprendre au Burundi : les ennemis d'hier qui décident de s'allier. D'un côté, l'Uprona (Union pour le progrès national), le principal parti tutsi qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 30 ans. De l'autre, son adversaire historique, les FNL (Forces nationales de libération), la première rébellion hutue à avoir pris les armes dans les années 80.
Une nouvelle coalition présentée comme une union sacrée face au danger. Le pays « est au bord du gouffre », martèle-t-on dans ces partis. Et pour Charles Nditije et Agathon Rwasa, le danger s'appelle CNDD-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie). Tous deux ont été officiellement évincés de la tête de leurs partis par des proches du parti au pouvoir et ne pourront concourir aux prochaines élections en 2015 qu'en candidats indépendants.
Barrer la route au CNDD-FDD
L'objectif de cette coalition est donc clair : barrer la route au CNDD-FDD. Les deux partis ont donc signé une déclaration qui les engage à mettre rapidement en place une même plateforme politique. D'abord en présentant un programme et des listes communes aux communales et aux législatives, mais aussi un candidat unique à la présidentielle.
Ils appellent dans ce texte toutes les forces politiques, morales et sociales du Burundi à s’engager dans ce combat contre le pouvoir en place pour « sauver le Burundi ». Pour l'instant, rien de tout cela n'est encore fait. Mais l'Uprona de Nditidje et les FNL de Rwasa affichent leur optimisme : « Nous avons déjà négocié à Arusha », rappellent-ils. L'Uprona et les FLN présentent cette coalition comme la preuve que la donne politique a changé au Burundi, elle n'est plus ethnique.
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