Le dialogue semble définitivement rompu entre la direction de Boto S.A. et ses employés. Après plusieurs tentatives de médiation restées infructueuses, le bureau des délégués du personnel a décidé de passer à la vitesse supérieure. Ce mouvement fait suite à un procès-verbal (PV) de non-conciliation dressé par l'inspection régionale du travail de Kédougou.
Selon Lamine Tandiang, délégué du personnel, cette procédure s'inscrit strictement dans le cadre légal :
« Cette saisine pour conflit collectif a abouti à un PV de non-conciliation en application des articles 272 et 273 du Code du Travail. Nous avons donc déposé un préavis de grève valable un mois. »
Le point de friction majeur réside dans le calcul de la rémunération du temps de travail additionnel. Les travailleurs contestent l'application d'un système de forfait qu'ils jugent déconnecté de la réalité du terrain.
« Ce préavis concerne exclusivement l'application d'un forfait d'heures supplémentaires qui ne récompense pas convenablement le volume horaire réellement abattu par les travailleurs sur le site », explique M. Tandiang au micro d'iRadio. L'objectif des délégués est clair : mettre à profit ce délai d'un mois pour contraindre la direction à ouvrir des négociations sérieuses afin d'aboutir à un "forfait convenable".
Un malaise plus profond
Au-delà de la question financière, c’est la méthode de gouvernance de l'entreprise qui est pointée du doigt. Les représentants du personnel dénoncent un manque de concertation sur plusieurs dossiers sensibles.
« Dans le cadre du droit négocié, aucune partie ne peut prendre de décision unilatérale. C'est pourtant ce qu'a fait la direction, et c'est ce que nous contestons aujourd'hui », martèle le délégué. Si le paiement des heures supplémentaires est le déclencheur de ce préavis, d'autres griefs professionnels restent en suspens, laissant planer la menace d'une paralysie totale des activités si aucun accord n'est trouvé d'ici 30 jours.
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