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89e session ordinaire de la CADHP : la société civile africaine alerte sur le rétrécissement de l’espace civique



La société civile africaine est réunie en conclave à Dakar. Le Forum des ONG participant à la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), qui se tient dans la capitale sénégalaise du 8 au 10 octobre 2026, a ouvert ses travaux. Cette édition marque les 40 ans de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Le président de la Commission, Me Idrissa Sow, a officiellement lancé les travaux. 

« La vraie mesure de la force de la Charte africaine réside avant tout dans sa capacité à transformer concrètement la vie des femmes et des hommes à qui elle garantit des droits », a-t-il déclaré dans la terre de la Teranga. 

« Dans quelle mesure les droits proclamés font-ils une différence directe dans la vie des populations ? », interroge-t-il. Il a salué le rôle des ONG qui documentent, alertent et accompagnent les victimes.

Un système sous pression. Idrissa Sow alerte sur le rétrécissement de l'espace civique. Intimidations, arrestations arbitraires, restrictions à la liberté d'expression et de manifestation. « Un système de protection des droits ne peut fonctionner si ceux qui alertent craignent des représailles », a-t-il martelé.

 Il pointe aussi les nouveaux défis. Conflits, déplacements, violences basées sur le genre, changement climatique, intelligence artificielle. « L'Afrique ne doit pas être seulement consommatrice de technologies, elle doit participer à définir les normes », plaide-t-il.

Espaces civiques sûrs pour les ONG 

Même préoccupation aux Nations unies. La Représentante spéciale pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Barrie Lynne Freeman, a réaffirmé son soutien à la société civile. Elle fait le lien entre droits humains, climat et eau. Les inondations qui touchent Dakar en sont la preuve. « Garantir une gestion équitable, inclusive et durable de l'eau n'est pas seulement un impératif de développement, c'est aussi un investissement dans la prévention des conflits », a-t-elle souligné.

 Elle dénonce un environnement de travail de plus en plus difficile pour les défenseurs. « Nous avons besoin d'espaces civiques sûrs où les ONG peuvent s'organiser et participer aux décisions », dit-elle. Elle salue le dialogue annuel institué par le Sénégal entre le ministère de la Justice et la société civile.

Le thème du Forum donne le cap : l'eau et l'assainissement pour l'Agenda 2063. Le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, était représenté par le Directeur des droits humains, Julien Ngane Ndour. Le message est politique. L'eau n'est pas une question technique. Elle touche à la dignité, à la santé et à la paix. « Les générations futures ne nous demanderont pas combien de fois nous avons parlé de l'eau. Elles nous demanderont ce que nous avons fait pour la rendre accessible », a-t-il déclaré.

 « L'eau doit être placée au cœur de nos politiques publiques, de notre contrat social et de notre vision de l'Afrique à l'horizon 2063 », plaide-t-il. Il appelle à transformer les textes en réalisations concrètes. « Les Etats ont besoin de vous, de votre expertise et de votre capacité à proposer des solutions », lance-t-il à la société civile.

Hapsatou Kane

Jeudi 8 Octobre 2026 - 19:22


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