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ANNIVERSAIRE DES INDéPENDANCES AFRICAINES: Daniel Ouezzin Coulibaly à l'occasion d'une réunion du RDA le 16 novembre 1956, à Bouaké en Côte d'Ivoire



Anniversaire des indépendances africaines
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«Je voulais dire à tous ceux qui sont des intellectuels ici, qu’il faut que vous preniez garde à certains mots qui sont sonores, à certains mots qui sont musicaux. Prenez garde, on parle beaucoup d’indépendance et d’autonomie. Bien sûr, tous ceux qui ont une certaine culture, tous ceux qui à l’école, ont appris les mots de liberté, de justice, de fraternité, d’indépendance, aiment bien qu’on leur parle d’indépendance. Ils ne pèsent pas assez les conséquences des mots trop tôt venus, les conséquences d’un fardeau très lourd. Ils ne voient pas ce qui se trouve derrière les mots. Ils aiment les mots. Faites bien attention, que si, un jour nous demandions notre indépendance et que la France, par hasard, accepte de rappeler tous les Français qui sont ici, qu’est-ce qui se passe à Bamako ? C’est-à-dire, est-ce que vous êtes d’accord, est-ce que vous pouvez faire quelque chose ? Quel est le patrimoine que vous avez pour supporter cette indépendance que vous demandez ? Comment allez-vous travailler ensemble ici alors qu’aujourd’hui pour quel que poste de conseiller, vous-mêmes, vous n’êtes même pas d’accord. C’est pourquoi le ministre vous dira plus que moi, l’option que nous ferons à Bamako pour poser le problème devant tous pour qu’on ne vienne pas ici tromper les populations avec des mots. Il faut que cela cesse. Nous avons toujours ici été qualifiés pour ceux qui disaient la vérité aux populations. Maintenant, seulement, au lieu de dire la vérité en public comme ici, nous allons aller dans les masses, nous allons aller dans les villages. Nous allons aller dans les campements. Nous allons porter partout la décision qui sera prise à Bamako pour que le ministre, que vous voyez ici, puissent un jour, en apportant à l’ensemble de l’univers français-africain, puissent dire « nous avons fait notre choix et c’est notre choix qui a prévalu ». Et je sais que tous ensemble, que vous soyez en Côte d’Ivoire, que vous soyez au Soudan, que vous soyez au Niger, tous ceux qui pensent que l’Union française c’est quelque chose que nous n’avons pas fini de construire, qu’il faut encore construire l’Union française… qu’avec les métropolitains qui sont ici, nous devons travailler en collaboration. Que nous devons donner l’exemple et que c’est d’abord en Côte d’Ivoire que nous avons su créer ce climat d’entente et de compréhension. C’est en Côte d’Ivoire que nous avons cultivé le germe qui va aller se répandre dans tous les autres territoires. La Côte d’Ivoire est le territoire-pilote. Il faut qu’elle reste ce territoire-pilote.»


Source : http://www.rfi.fr/afrique/20100618-daniel-ouezzin-...

urban

Vendredi 18 Juin 2010 - 16:01


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