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Affaire Diary Sow: Au-delà des états d'âme d'une jeune fille (Opinion)



À travers cette affaire Diary Sow on ne pourra pas faire l'économie de se poser des questions sur certaines choses connexes à l'affaire puisque, semble-t-il, on est arrivé au dénouement sauf rebondissement surprenant. Cet épilogue heureux pour la jeune femme semble décevoir ou dérouter plus d'un qui s'imaginait des scénarios beaucoup plus extraordinaires voire tragiques.

Cette jeune fille a été sous les feux de la rampe de manière extraordinaire pour avoir été "meilleure élève du Sénégal" au concours général deux fois de suite sous l'égide de son Tonton-ministre. Avec toute l'exposition folle qu'offre le concours général - cérémonie au grand théâtre retransmise en direct à la télévision, présidée par le Président de la République et tout le tintamarre qui l'accompagne - qui expose de très jeunes élèves qui n'ont fait qu'avoir de bonnes notes à l'école, je trouve que c'est so much, inutile, ringard et dangereux. Ces élèves sont juste à encourager le plus sobrement possible et à mettre dans de bonnes conditions de réussite. Pas besoin de les starifier. On connaît malheureusement la déception et l'instabilité psychologique qui suivent souvent les jeunes starlettes montées en épingle par des adultes pour des raisons qui les sont étrangères. Souvent pour la fierté du parent.

Quand demain ils apporteront une quelconque fierté au pays en une avancée scientifique ou intellectuelle quelque soit le domaine on pourra célébrer.
On a qu'à faire l'inventaire de l'apport des anciens meilleurs élèves devenus adultes.
En outre, je ne vois pas comment ce genre de distinction peut stimuler les autres à devenir meilleurs. Ce qui peut aider les élèves de manière générale à devenir meilleurs c'est surtout l'amélioration du système éducatif et des conditions de l'école.

Cet élitisme et superexposition qui se sont imposés à Diary Sow l'ont propulsée dans un sphère qu'elle n'a pas voulu quitter malgré ce que laisse croire sa fugue d'après sa lettre à son Tonton-ministre . Elle a publié roman dès son premier année de prépa, ce qui lui a permis de refaire surface au Sénégal et faire le tour des plateaux télévisés, cérémonie de dédicace et un crochet au palais de la République toujours sous l'égide de son Tonton-ministre. N'est ce pas là un désir d'être sous les projecteurs ? La vie anonyme à Paris ne l'a t-elle pas faite disjoncter ? Des paramètres à prendre en compte.

Je l'avais déjà dit ici, le concours général est une supercherie. Comment peut-on faire concourir des élèves sélectionnés très jeunes qu'on met dans d'excellentes conditions au Prytanée militaire, à Mariama Ba, au lycée d'excellence de Diourbel ect, avec des élèves laissés à eux-mêmes dans des abris provisoires ? C'est injuste.
Et malgré cela certains lycées populaires s'illustrent, je pense à Limamoulaye, Abdoulaye Sadji, à Seydou Nourou Tall ...

Et pour finir, jusqu'à quand nous continuerons à se borner à sélectionner les élèves les plus prometteurs et de les convoyer à l'étranger soit il pour qu'ils fassent de meilleurs études ?
Cette pratique de l'époque coloniale pose deux incongruités.

Premièrement, c'est un aveu crasse de la République qui confesse ne pas pouvoir former ses citoyens et délègue la tâche à une autre république. Desire-t-on vraiment des citoyens cent pour cent sénégalais ou on fabrique des mi figure mi raisin ?

Deuxième chose, c'est une fuite des cerveaux organisée par l'État. Il prend en charge les moyens de départ et d'étude de ses boursiers à l'étranger qui ne reviennent que très rarement. Aucun suivi de leurs parcours et aucune assurance d'un retour sur investissement après la formation. C'est une folie.

Auteur inconnu

AYOBA FAYE

Dimanche 24 Janvier 2021 - 10:21


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