Ngongo, un village de la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. Sur l’écran installé dans la salle de classe, des images d’archives et des séquences filmées dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale, à La Haye. Pendant deux heures, serrés sur des bancs d’écoliers, une soixantaine d'adultes suivent attentivement les explications données en français et en swahili par les représentants de la CPI, sur le procès qui s'ouvre la semaine prochaine aux Pays-Bas.
Objectif : « Créer un pont » entre La Haye et l'Ituri
Ce village, situé à 20 km au nord de Bunia, est l'un de ceux qui a vécu dans sa chair les exactions de celui que l'on surnommait alors « Terminator », Bosco Ntaganda. Selon la CPI, l’ancien chef de guerre et ses hommes de l'Union des patriotes congolais et des Forces patriotiques pour la libération du Congo ont, entre le 6 août 2002 et le 31 décembre 2003, tué ou persécuté quiconque n'appartenant par à l'ethnie Heman, s'attaquant essentiellement aux représentants supposés de l'ethnie Lendu. Dix ans après, le procès, reporté début juillet, doit s'ouvrir à La Haye ce mercredi 2 septembre. Face aux juges, Bosco Ntaganda devra répondre de treize chefs d’accusation, dont ceux de « crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité ».
A cinq jours de l'ouverture, des représentants de la Cour pénale internationale retournent ainsi dans ces villages reculés victimes de ces exactions, à l'époque, pour les informer sur le début et les détails du procès. Une opération de communication à destination des populations de l’Ituri qui est essentielle, selon Margot Tedesco, représentante de la Cour pénale internationale. « Ce sont les premières personnes concernées par les affaires. On vient donc avec ce matériel audiovisuel pour répondre à leurs préoccupations, créer un pont entre La Haye, qui est à 8 000 km d’ici, et les communautés affectées. »
Souvenirs vivaces et attentes fortes
Dans ce procès devant la Cour pénale internationale, Bosco Ntaganda est jugé uniquement pour les crimes commis en Ituri, même si le général rebelle a eu une longue carrière, qui l’a notamment conduit dans les provinces congolaises du Nord et du Sud-Kivu, aux côtés du M23 entre 2012 et 2013. Mais dans le village de Ngongo, les années n'ont pas amenuisé la soif de justice. « Il y a eu, surtout, la tuerie. Il y a eu l’incendie, aussi, se souvient Marie-Edwige, l’une des habitantes du village. Ils ont brulé des cases, ici, partout. Dans tous les villages, des maisons ont été brulées. Il faut qu’il soit jugé. »
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