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Afrique de l’Ouest: Les chiffres vertigineux sur les flux financiers illicites



Par l’analyse des données de la décennie 2013-2022, le dernier rapport de Global Financial Integrity (GFI) révèle l’ampleur des flux financiers illicites (FFI) qui minent les économies ouest-africaines. Entre fausses facturations et porosité des frontières, la région perd des dizaines de milliards de dollars chaque année.

Selon l’étude de GFI portant sur les « écarts de valeur commerciale », plusieurs pays de la zone se classent parmi les plus touchés au monde par ces fuites de capitaux.  Le géant nigérian domine le classement régional en termes de volume brut. Avec 77,7 milliards de dollars d’écarts de valeur cumulés sur dix ans, le Nigeria reste le théâtre d’une évasion massive de capitaux. Le rapport pointe du doigt deux coupables majeurs : l’industrie pétrolière, où les manipulations de prix sont courantes, et des mécanismes sophistiqués de blanchiment d'argent.

Le Ghana (54,1 milliards dollars) et la Côte d’Ivoire (47,7 milliards dollars) subissent de plein fouet la « facturation erronée » (misinvoicing). Dans ces économies dépendantes des exportations d'or, de cacao et de pétrole, les écarts entre les valeurs déclarées à l'export et celles enregistrées par les pays destinataires suggèrent une fuite organisée de richesses qui échappent ainsi à l'impôt national. La Gambie affiche un ratio d’écart de 44 % par rapport à son commerce total. En d'autres termes, pour chaque tranche de 10 dollars échangés, plus de 4 dollars sont « volatilisés » ou mal enregistrés. Pour la Sierra Leone (36 % d'écart) et la Gambie, les irrégularités se concentrent massivement sur les échanges avec les économies avancées, notamment via le commerce des diamants et des minerais de grande valeur.  

À l’inverse, pour le Sénégal (25,5 milliards dollars d'écart) et le Togo, les flux illicites semblent davantage liés au commerce régional africain ou avec d'autres pays en développement, échappant ainsi aux radars des contrôles internationaux classiques. Avec des ratios de pertes avoisinant souvent le quart du commerce national (28 % pour le Ghana, 26 % pour le Togo, 25 % pour le Sénégal), les pays de l'Afrique de l'Ouest font face à un défi de taille.Pour les experts de GFI, la solution passe par une transparence accrue des bénéficiaires effectifs des entreprises et une coopération douanière renforcée pour harmoniser les déclarations entre pays exportateurs et importateurs.

F. Bakary Camara

Mardi 3 Février 2026 - 15:44


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