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Agression du président Dioncounda Traoré: le Mali bat le record du ridicule


Rédigé le Lundi 28 Mai 2012 à 14:24 | Lu 978 fois | 0 commentaire(s)


Avec le tabassage de son président, Dioncounda Traoré, notre pays bat tous les records mondiaux de ridicule. Figurera-t-il au Guiness 2012 ?
Le Mali ne cesse de battre les records mondiaux. A ce titre, il mérite de figurer au Guiness 2012. Jugez-en vous-mêmes !


Agression du président Dioncounda Traoré: le Mali bat le record du ridicule
Premier record battu par le pays des grands guerriers Soudjata Kéita et Kankou Moussa: celui de la vaillance militaire. Il a suffi, en effet, d’un demi-millier de  narcotrafiquants barbus, alliés à des soldats de Kadhafi fuyant la Libye et les bombes de l’OTAN, pour mettre la main sur les deux tiers de notre territoire. Les mauvaises langues racontent que quiconque, aujourd’hui, s’amuserait à jouer de la musique touareg ou arabe près d’un camp militaire malien est sûr d’y semer une débandade éperdue. Il se raconte que nos soldats sont très braves pour se battre entre eux (souvenez-vous de la fameuse guerre des bérets) mais que face aux gens enturbannés ou barbus, ils sont plus agiles des jambes que Karl Lewis, le champion olympique ! Mais comme le peuple malien paie pour sa sécurité, il fallait lui rendre compte. Les hautes autorités l’ont fait de la plus belle manière en lui expliquant ce qu’il a vu n’était pas une fuite mais plutôt un repli stratégique des armées. Sauf qu’on ne nous dit toujours pas quand les armées se déplieront !…

Notre valeureuse troupe, après ses exercices de sprint face aux rebelles, n’a pas tardé, heureusement,  à redorer son blason puisqu’elle a mis à son tour en fuite plus gradé qu’elle: le général ATT. Le « vieux commando », comme il s’est personnellement surnommé après sa chute, a dû, pour échapper aux bombes des mutins, se faire porter, tel un enfant malade de la polio, sur le dos du patron de sa garde, un certain colonel Abidine Guindo, et dévaler la colline du pouvoir. D’avoir ainsi fui avec son chef n’a pas porté chance au colonel Guindo qui, suite à la guerre des bérets, a pris lui-même la clé des champs. A croire, décidément, que la fuite est devenue une maladie contagieuse dans nos contrées…

Deuxième record battu avec brio par notre cher pays : celui du ridicule. Sans égard pour le grand âge (70 ans) ni pour le tendre sourire du président intérimaire, Dioncounda Traoré, des sbires à la solde d’une ineffable Convention Nationale ont cru bon de le battre jusqu’au sang, le laissant pour mort entre les mains de sa propre garde. Cerise sur le…bâton, si l’on ose écrire, pas un coup de feu n’a été tiré, ni le moindre manifestant arrêté. Du reste, au lieu de s’enfuir après leur forfait comme le ferait n’importe quel assassin, les agresseurs du président, ainsi qu’on le constate  se sont tranquillement assis dans la cour du palais de Koulouba pour parler de la pluie et du beau temps. Pour un peu, ils auraient mis au pot un petit sachet de thé vert de Chine pour fêter les funérailles de leur victime ! Tabasser un président en exercice défie tellement l’imagination que le code pénal malien ne l’a pas prévu. Cette sévère loi punit, certes, l’outrage au chef de l’Etat (c’est-à-dire le manque de respect à son égard), mais pas son tabassage qui, en principe, relève de la science-fiction, du crime impossible. Voyez-vous, dans l’histoire de l’humanité, nul n’a vu ni entendu parler d’un chef d’Etat molesté par une foule aux mains nues. Des présidents tués comme l’Algérien Boudiaf, brûlés comme l’italien Mussolini,  oui; mais un président copieusement battu dans ses bureaux et devant ses gardes armés, par Allah, voilà une sauce trop forte de piment !

Or après cette mémorable séance de bastonnade présidentielle, qu’avons-nous vu ? Nous avons vu  le
Premier ministre, tout juste de retour de la planète Mars et bardé de « pleins pouvoirs », s’adresser à la nation. Et qu’a dit cet éminent prêcheur ? Que le chat a pris la souris, que la souris a mordu la queue du chat, que la queue du chat a enflé, que la souris a dansé de joie, qu’il faut de la nivaquine et de l’aspirine pour soigner le chat, et patati et patata ! L’auguste titulaire de tous les pouvoirs n’a parlé ni de l’infamie commise sur la personne du président ni des éventuelles sanctions prises contre les criminels. A ce jour d’ailleurs, ni le ministre de la sécurité (chargé du maintien d’ordre), ni le chef de la police, ni celui de la gendarmerie, ni aucun responsable de la garde présidentielle n’ont été limogés, à plus forte raison incarcérés. Or, en l’occurrence, personne n’en voudrait au Premier ministre d’infliger aux coupables la pire sanction qui soit: par exemple,  un séjour forcé à Gao ou Tombouctou, sous les tentes d’Iyad Ag Ghali! Bref, tout se passe comme si on avait simplement bastonné un âne domestique pour faire taire ses incommodants pets ! Les organisateurs de la Convention Nationale, inspiratrice principale de l’agression ? Ils boivent du petit lait. On se demande même si quelqu’un de haut placé n’y a pas rajouté une pincée de lait Nido et un doigt de miel !

En effet, ces organisateurs sont connus comme le loup blanc et il n’y a qu’à mettre le nez aux fenêtres pour les voir défiler. Leur meneur aime arborer la barbe et les favoris de Fidel Castro; sa lapidation serait, à dire de pèlerin, aussi méritoire que celle des stèles sataniques de la Mecque. Certes, le bonhomme a le diable au corps depuis longtemps mais si, ces derniers temps, le diable lui-même a peur de lui,  c’est parce qu’il a terriblement faim: lui qui a chanté les louanges des putschistes dès les premiers chants du coq n’a pas digéré de ne pas hériter du moindre strapontin dans le gouvernement. Se sentant trahi par ses amis en treillis, il caresse le riant projet d’installer sous nos cieux ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau au Somaliland. On peut comprendre que l’anarchiste national prenne la tête d’un bloc constitué de micro-organismes aussi populaires que l’Association des Pêcheurs, l’Association Moussa Dadis Camara, le Club Ahmed Sékou Touré et le Club des amis de la lecture. Mais qu’il ait pu entraîner dans son sillage des avocats et des syndicalistes, hommes en principe avertis des affaires de la vie, ne cesse de nous étonner. L’explication vient, sans doute, de ce que le pays a cessé d’abriter un Etat. De fait, s’il subsistait ne serait-ce qu’un petit bout d’Etat malien, comment croire qu’un tondu et deux pélés veuillent former une présidence, un gouvernement et un parlement parallèles après deux jours de bavardages qu’ils appellent Convention ?

Tiékorobani




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