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Brexit: la guerre des nerfs se poursuit à Londres

Le Royaume-Uni semble chaque jour de moins en moins gouverné. Le Parlement doit tenter aujourd'hui de dégager une vraie proposition alternative à celle que propose Theresa May à travers son accord, signé avec l'Union européenne mais rejeté à trois reprises par le législatif britannique. Le Royaume-Uni devrait quitter l'UE sans accord le 12 avril, sauf si Londres présente d'ici là une alternative et demande un nouveau report.



Pour ce lundi, de nouvelles options ont été déposées par des élus, des textes qui pour l'essentiel sont les mêmes que ceux de mercredi dernier. Le président de la Chambre des communes, John Bercow, devrait annoncer en milieu d'après-midi quelles motions seront débattues puis votées. La semaine dernière, seize « options » avaient été présentées. Il en avait sélectionné huit.

Aucun de ces votes indicatifs ne sera contraignant pour le gouvernement, mais le ministre de la Justice, David Gauke, a déclaré dimanche que le cabinet May devrait « étudier avec beaucoup d'intention la volonté du Parlement ».

On attend donc la sélection finale faite par le président de la Chambre des communes. Mais cette fois, il devrait y avoir moins de propositions et la possibilité de dégager une majorité. L'amendement dont on parle le plus depuis ce week-end, c'est celui qui propose avec l'accord de sortie de maintenir le Royaume-Uni dans l'union douanière. Le DUP nord-irlandais, jusqu'ici vent debout contre l'accord signé avec Theresa May, s'y montre ouvert.

Les patiences s'émoussent

Cette proposition avait déjà été bien accueillie la semaine dernière et surtout l'écart avec les contre était faible. Maintenant, Theresa May sera-t-elle en mesure d'y prêter une oreille ? La Première ministre est toujours sous pression et des pressions toutes contradictoires.

Remainers comme Brexiters, presque tous ses ministres maintenant menacent de démissionner ; les députés conservateurs eux perdent patience. Selon le tabloïd The Sun, 170 élus tories l'appellent à refuser un long report du divorce. 170, c'est plus de la moitié du groupe. Même dans son cabinet dit le Sunday Times, on se divise entre les partisans et opposants d'un retour devant les électeurs. Toute décision devient hasardeuse même dans son fief, on juge la cheffe du gouvernement en sursis quelques semaines encore au pouvoir, pas plus.

Côté bruxellois, Jean-Claude Juncker a déclaré dimanche soir que les Européens avaient fait montre de beaucoup de patience à l'égard des Britanniques dans le processus du Brexit mais qu'elle touchait à sa fin. Le président de la Commission européenne, interrogé par la télévision italienne, a ajouté qu'il aimerait que la Grande-Bretagne s'accorde « dans les prochaines heures ou les prochains jours » sur les conditions dans lesquelles elle entend quitter l'Union européenne; Un sommet européen extraordinaire est prévu pour le 10 avril.

Dans son fief, on se prépare à l'après May

La Première ministre affronte donc une nouvelle semaine de difficultés. Même dans son fief de Maidenhead, à une heure de transport à l’ouest de Londres, où elle a encore été réélue à 64% aux dernières législatives, on a tourné la page.

Ses concitoyens s'apprêtaient à accueillir Theresa May, de retour chez elle ce week-end, comme loyaux à 110%. Mais ils parlent d'elle au passé désormais. « Elle a tenté la quadrature du cercle, le pays est divisé, le parti est divisé, n'importe qui à sa place aurait eu des problèmes », tempère Richard Kellaway, retraité et président des conservateurs de la ville.

A peine trois mots pour son bilan : Gurch Singh, entrepreneur de 39 ans et candidat aux élections locales, s'inquiète surtout pour la suite : « Les gens sont en colère, nous le savons, nous entendons les gens sur le terrain, nous connaissons leurs préoccupations… Mais on va s en sortir, nous allons trouver une solution », espère-t-il.

Plus personne pour condamner les députés qui se sont rebellés. Ce qui préoccupe aujourd'hui, c’est la succession. « Theresa May a émergé comme notre leader, mais ça n'est pas acceptable pour les conservateurs. Je suis un responsable de parti, je suis intensément loyal, mais ce que nous voulons c’est une élection, pas quelqu'un qui émerge. »

Les militants veulent pouvoir choisir entre un éventail de personnalités. Boris Johnson, l'ennemi juré de Theresa May, a la cote. Même dans son fief, on voit la Première ministre en sursis pour à peine trois semaines encore.

rfi.fr

Lundi 1 Avril 2019 - 09:26



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