Cette étape s'annonce centrale dans la visite du pape au Cameroun. Le Grand Dialogue national organisé en 2019 par Paul Biya, le président du pays depuis 43 ans, n'a pas permis de mettre fin à la violence qui a pris de nouvelles formes ces dernières années : kidnappings, criminalité urbaine, barrages sur les axes routiers, sans oublier les « ghost town mondays » les lundis « ville morte » imposés par les séparatistes.
À Bamenda, les habitants rencontrés placent beaucoup d’espoir dans la venue du chef de l’Église catholique. Florence, fervente catholique, attend la venue du pape Léon XIV avec impatience. « Je suis si heureuse qu'il ait choisi Bamenda après toutes ces années de crise. En foulant le sol de Bamenda, je sais qu'il nous apportera la paix », confie-t-elle à notre correspondant sur place, Alphonse Tebeck.
Même espoir pour Leonard, qui souhaite que le chef de l'Église catholique prenne la mesure du quotidien des habitants. « Certains d'entre nous peuvent sembler libres, mais la peur est toujours là. Nos oreilles sont comme des antennes, à l'affût du moindre danger. (...) C'est donc l'occasion pour chacun de nous de joindre nos prières pour la paix au Cameroun et particulièrement dans les régions anglophones », explique-t-il.
Des attentes d'apaisement politique
D’autres attendent du pape qu’il interpelle directement les autorités. « Depuis neuf ans, la population de Bamenda n'a pas connu la paix, insiste Edwin. Nous avons tellement de déplacés, de morts, de destruction. Pour la première fois en plus de neuf ans, tous les belligérants ont accepté une trêve pour cette visite du Pape. Nous espérons une paix durable ».
Pour Derick, « cette ambiance particulière contribue déjà à unifier la région ». « On voit même des politiciens et des administrateurs, pourtant peu attentifs à nos problèmes, se mettre ensemble pour assurer le succès de cet événement. Sa venue apporte ce qui manquait cruellement à la région depuis si longtemps : l'unité. C'est beau à voir », observe l'homme.
Le professeur Willibroad Dze Ngwa, président et fondateur de l’Institut universitaire pour la Paix, lui-même originaire de la région anglophone, travaille sur ce conflit depuis de nombreuses années.
Engagé de longue date sur cette crise, il a adressé plusieurs lettres au président Paul Biya depuis l’annonce de la venue du pape. « C’est le moment propice pour libérer ces gens, les prisonniers politiques. Surtout les leaders qui sont incarcérés », plaide-t-il au micro de notre envoyée spéciale à Bamenda, Véronique Gaymard, avec Nicolas Benita.
La zone est très bien choisie pour apaiser les cœurs, mais il ne faudrait pas que ce soit le peuple qui vienne apaiser le cœur de ces populations, alors qu'il n'y a pas une volonté politique réelle pour continuer la paix et la réconciliation entre les Camerounais.
Chef spirituel mais également chef d’État, Léon XIV doit participer à une rencontre interreligieuse pour la paix à la cathédrale Saint-Joseph de Bamenda, avant de présider une messe en plein air à l’aéroport de la ville, un lieu très symbolique puisque l’aéroport a été l’épicentre du conflit.
Ce déplacement se déroule sous très haute sécurité. Les séparatistes anglophones ont annoncé un cessez-le-feu de trois jours pour permettre aux habitants de se rendre à la messe à l’aéroport de Bamenda.
À Bamenda, les habitants rencontrés placent beaucoup d’espoir dans la venue du chef de l’Église catholique. Florence, fervente catholique, attend la venue du pape Léon XIV avec impatience. « Je suis si heureuse qu'il ait choisi Bamenda après toutes ces années de crise. En foulant le sol de Bamenda, je sais qu'il nous apportera la paix », confie-t-elle à notre correspondant sur place, Alphonse Tebeck.
Même espoir pour Leonard, qui souhaite que le chef de l'Église catholique prenne la mesure du quotidien des habitants. « Certains d'entre nous peuvent sembler libres, mais la peur est toujours là. Nos oreilles sont comme des antennes, à l'affût du moindre danger. (...) C'est donc l'occasion pour chacun de nous de joindre nos prières pour la paix au Cameroun et particulièrement dans les régions anglophones », explique-t-il.
Des attentes d'apaisement politique
D’autres attendent du pape qu’il interpelle directement les autorités. « Depuis neuf ans, la population de Bamenda n'a pas connu la paix, insiste Edwin. Nous avons tellement de déplacés, de morts, de destruction. Pour la première fois en plus de neuf ans, tous les belligérants ont accepté une trêve pour cette visite du Pape. Nous espérons une paix durable ».
Pour Derick, « cette ambiance particulière contribue déjà à unifier la région ». « On voit même des politiciens et des administrateurs, pourtant peu attentifs à nos problèmes, se mettre ensemble pour assurer le succès de cet événement. Sa venue apporte ce qui manquait cruellement à la région depuis si longtemps : l'unité. C'est beau à voir », observe l'homme.
Le professeur Willibroad Dze Ngwa, président et fondateur de l’Institut universitaire pour la Paix, lui-même originaire de la région anglophone, travaille sur ce conflit depuis de nombreuses années.
Engagé de longue date sur cette crise, il a adressé plusieurs lettres au président Paul Biya depuis l’annonce de la venue du pape. « C’est le moment propice pour libérer ces gens, les prisonniers politiques. Surtout les leaders qui sont incarcérés », plaide-t-il au micro de notre envoyée spéciale à Bamenda, Véronique Gaymard, avec Nicolas Benita.
La zone est très bien choisie pour apaiser les cœurs, mais il ne faudrait pas que ce soit le peuple qui vienne apaiser le cœur de ces populations, alors qu'il n'y a pas une volonté politique réelle pour continuer la paix et la réconciliation entre les Camerounais.
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