Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)


PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)



Coronavirus en France : le gouvernement laisse-t-il l'épidémie "suivre son cours" ?

La stratégie de la France face à l'épidémie de coronavirus va à l'encontre des préconisations de l'OMS et de ce qui a été mis en place en Chine, expliquent plusieurs articles de presse. Alors que le nombre de cas progresse, cette stratégie viserait à atteindre une "immunité de groupe"...



Coronavirus en France : le gouvernement laisse-t-il l'épidémie "suivre son cours" ?
La France laisse-t-elle l'épidémie "suivre son cours" ?
Dimanche 15 mars, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education national a révélé sur Franceinfo que l'épidémie du coronavirus allait toucher "probablement" la moitié des Français. La stratégie de la France face à l'épidémie de coronavirus interroge depuis ce week-end, alors que de nouvelle mesures drastiques ont été annoncées et que le nombre de cas a doublé en 72 heures. Un article du journal Le Monde mais aussi un article du Figaro, publiés ce samedi 14 mars, indiquent que le gouvernement a décidé délibérément de laisser l'épidémie "suivre son cours", allant à l'encontre des préconisations de l'OMS et refusant de copier le modèle de réponse chinois face à la pandémie. A défaut de stopper brutalement l'épidémie avec un confinement total, comme en Chine, l'objectif des mesures graduées mises en place depuis le début de la crise par le gouvernement serait de ralentir la propagation du virus pour éviter l’engorgement des services d’urgence. Il s’agit donc non pas de stopper la progression du coronavirus, jugée inéluctable, mais "d’aplanir" la courbe épidémique comme l'a montré le ministre de la Santé Olivier Véran à la télévision.
 
 
La France s'inspirerait, sans le dire, de la stratégie de l'Allemagne où Angela Merkel a indiqué explicitement qu'elle tablait sur un taux de contamination de 60 à 70% de sa population. L'espoir d'une telle stratégie est d'atteindre, dans quelques mois, une "immunité de groupe", permettant au virus de décliner et de disparaître définitivement. A l'inverse, en Chine ou en Italie, où un endiguement total de l'épidémie est actuellement visé, on peut craindre un "rebond" du Covid-19 dans plusieurs mois, une fois que les confinements seront levés, la population n'ayant pas réellement et massivement "rencontré" le virus. Reste que selon le Figaro, la stratégie française est tout aussi risquée : elle pourrait aboutir à "des millions de personnes infectées, des centaines de milliers de cas graves, et des dizaines de milliers de morts potentiels".
 
Combien y a-t-il de cas de coronavirus en France ?
Le dernier bilan officiel du coronavirus en France, communiqué samedi soir, s'élève à 4500 cas, soit deux fois plus qu'il y a 72 heures. À ce jour, 91 personnes sont décédées et 154 autres se trouvent toujours dans un état grave, notamment au sein des services de réanimation. Le ministre de la santé Olivier Véran a confirmé que la propagation du virus s'était accélérée sur le territoire et a même qualifié l'épidémie de Covid-19 de "menace sanitaire inédite". La crainte d'une explosion des cas les plus graves dans les deux semaines à venir est très vive. Le nombre de cas de coronavirus dans le pays, communiqué chaque soir par le directeur général de la Santé, est néanmoins très incomplet. Alors qu'en Chine des tests de dépistage sont effectués systématiquement, dès les symptômes observés, ils ne sont pas automatiquement menés en France. "Le test est réalisé uniquement en cas de suspicion de la maladie, validée par le Samu et par un infectiologue référent", indique le gouvernement. De nombreux patients dont la santé n'est pas gravement atteinte sont souvent renvoyés chez eux après une simple consultation ou téléconsultation. Ce qui signifie qu'un nombre indéterminé de cas de coronavirus n'est pas comptabilisé dans les bilans officiels et que des patients pourraient véhiculer le virus sans le savoir.
 
 
Quelles mesures pour les transports ?
Dimanche 15 mars, Elisabeth Borne a dévoilé le futur plan de transport mis en place dès lundi 16 mars. Elle invite les Français à "limiter leurs déplacements" et annonce une offre de transports réduite dans les jours à venir sans "arrêt brutal et complet". Jean-Baptiste Djebbari a précisé que le trafic des RER A et B sera normal ainsi que le bus et le tramway. 80% du trafic sera assuré dans le métro. La SNCF prévoit 7 trains sur 10. Les stations services seront opérationnelles. Les liaisons aériennes vont être réduites. Les aéroports resteront ouverts malgré la fermeture de quelques terminaux à Paris.
 
La France suit-elle toujours un scénario à l'italienne ?
Selon les derniers chiffres disponibles, la France continue bel et bien à suivre une trajectoire à l'italienne dans la progression du coronavirus, avec un nombre de cas légèrement moins élevé. Selon plusieurs médias suivant l'évolution de l'épidémie dans le monde, notamment le Financial Times, les courbes du nombre de malades en Italie et en France suivent toujours des tracés très similaires à 8 ou 9 jours d'intervalle. Le nombre de morts semble en revanche nettement décrocher en France comparé à nos voisins transalpins. Nous étions à 91 personnes décédées selon le bilan de Santé publique France et du ministère de la Santé ce samedi soir. Au même stade, l'Italie en comptait plus du double et en compte aujourd'hui 1300.


Quel est le profil des patients morts du coronavirus en France ?
Le nombre de patients morts du coronavirus a lui aussi connu une forte hausse depuis mardi soir. 79 personnes sont décédées du Covid-19 en France depuis le premier cas mortel, un touriste chinois qui avait succombé à Paris le 15 février dernier. Jérôme Salomon a donné des indications sur ces victimes. La plupart des personnes tuées par le coronavirus sont âgées et souffraient de maladies chroniques. Mais depuis quelques jours, plusieurs médecins et épidémiologistes informent que les formes sévères du virus sont observées dans plusieurs classes d'âge à partir de 30 ans et parfois sur des patients de présentant aucun problème de santé.
 
Quelles sont les mesures en France ?
Samedi 14 mars, Edouard Philippe a annoncé la fermeture, à compter minuit, de tous les lieux non indispensables recevant du public à l'instar des restaurants, café, cinéma et discothèque. Les commerces alimentaires et des pharmacies restent ouverts. Les transports urbains continueront à fonctionner. Le Premier ministre conseille néanmoins de limiter les déplacements. Jeudi 12 mars, Emmanuel Macron avait réalisé une allocution télévisée suivie par 19 millions de Français et avait déjà annoncé la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités à partir de ce lundi 16 mars 2020. Il a aussi demandé a demandé "à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans", à celles et ceux "qui souffrent de maladie chroniques", ou "de handicap", de "rester chez eux le plus possible". Les élections municipales, qui doivent se tenir en France ce dimanche sont en revanche maintenues. Emmanuel Macron a aussi défendu le télétravail dans les entreprises "quand cela est possible" et a annoncé des aides de l'Etat pour les entreprises en difficulté avec notamment une prise en charge du chômage technique pour tous les salariés. Il a enfin rappelé les gestes "barrière" que communiquent le ministère de la Santé et Santé publique France depuis plusieurs jours : ne pas se serrer la main ou s'embrasser, se laver régulièrement les mains "longtemps et avec du savon", éternuer ou tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique.
 
Qu'est-ce que le stade 3 de l'épidémie ?
Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, a officialisé ce samedi 14 mars le passage au stade 3 en France. Le stade 3 est le plus important d'alerte prévu par le ministère de la Santé : la logique change alors par rapport au stade 2, puisqu'il s'agit non plus de freiner la progression du virus, mais de de préserver le fonctionnement de la société autant que de protéger la population. Outre une mobilisation accrue du système de santé et de ses personnels, le stade 3 permet localement des restrictions drastiques des visites dans les établissements d’hébergements collectifs, la suspension de tout ou partie des transports en commun, l'interdiction de tout rassemblement. Les fermetures des établissements scolaires, mesure annoncée jeudi 12 mars au soir par Emmanuel Macron, font partie des mesures possible dans ce stade épidémique. Le contrôle des prix et des stocks de certains produits peut également être imposé, des interdictions de déplacement dans les villes également. Des mesures qui ne sont pas automatiques, mais qui peuvent être prises au cas par cas.
 
 

RFI

Dimanche 15 Mars 2020 - 10:20



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter