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#Coronavirus: la pilule ne passe pas

Nombreux sont les journaux du continent à continuer à s'indigner des déclarations d'un chercheur et d'un médecin français sur la chaîne de télévision LCI la semaine passée. Ils avaient évoqué la possibilité de tester un vaccin contre la maladie en Afrique... « Une polémique dangereuse » lance Jeune Afrique, là où l'Observateur Paalga au Burkina Faso s'exclame « Gare au néonazisme médical ! » et s'insurge contre la tentation des pays occidentaux de faire de l'Afrique « un continent cobaye » après en avoir fait « un continent poubelle », alors même que l'Europe et les États Unis sont les épicentres de l'épidémie. Le Pays, toujours au Burkina Faso, souligne d'ailleurs que « la logique aurait voulu que l'on appliquât les essais cliniques en priorité aux pays occidentaux ».



De vives réactions partout sur le continent qui s'expliquent, poursuit Le Pays, par le fait que « bien des expérimentations vaccinales se sont réalisées sur des Africains. Et parfois ces derniers ne savent même pas qu'ils ont servi à la réalisation d'essais cliniques ».
 
La levée de boucliers a en tout cas été générale, les journaux et sites d'informations du continent relayant des communiqués d'associations de défense des droits de l'homme ou de l'ancien footballeur Didier Drogba, pour qui l'Afrique ne doit pas être un laboratoire.
 
Jeune Afrique nuance toutefois le tableau : oui, ces déclarations sont « inadmissibles et racistes », tance l'immunologue kényane Yvonne Mburu, membre du Conseil Présidentiel pour l'Afrique en France. Mais l'hypothèse scientifique lancée par l'un des deux protagonistes de l'affaire, le microbiologiste Camille Locht, pourrait être une bonne nouvelle pour les Africains.
 
En effet, le vaccin BCG, contre la tuberculose, serait potentiellement efficace contre d'autres maladies respiratoires dont le Covid-19. Or les Africains ont très largement été vaccinés dans des périodes récentes, contrairement aux Européens. Des essais cliniques pourraient donc permettre de confirmer ou non cette hypothèse d'une meilleure protection, explique Jeune Afrique.
 
Sauf que ce type de polémiques va forcément rendre tout travail scientifique plus difficile
 
Évidemment et Jeune Afrique le souligne avec l'exemple du Docteur Muyembe, coordonnateur de la riposte contre le Covid-19 en République Démocratique du Congo, vivement critiqué après qu'il a affirmé que le pays allait accueillir des essais vaccinaux en coopération avec les États Unis et la Chine. Il a du revenir sur ses déclarations mais cela a laissé des traces, le site d'information Actualité.cd a ainsi publié hier une demande d'explications adressée par un avocat au docteur Muyembe.
 
La pression pèse aussi sur les responsables politiques. Les sites d'informations au Mali et au Burkina Faso, mais aussi au Sénégal et en Côte d'Ivoire ont ainsi relayé ce week-end des communiqués des présidences et des autorités sanitaires démentant tout accord pour mener des expérimentations vaccinales sur leur sol.
 
Il faut dire que l'épidémie suscite déjà beaucoup de craintes sur le continent. Le journal ivoirien Fraternité Matin revient ainsi sur cet incident hier dans la commune de Yopougon : plusieurs dizaines de personnes ont saccagé le futur centre d'accueil pour malades du Covid-19.
 
Afriksoir.net évoque un « soulèvement populaire » lié au choix de l'emplacement. Dans son reportage, le site donne la parole à des manifestants qui craignent l'importation dans leur quartier de cas venus notamment de Cocody, l'un des épicentres de l'épidémie dans le pays. La Côte d'Ivoire qui a enregistré hier deux nouveaux décès dus au coronavirus.
 
« D'Abidjan à Pretoria », c'est « l'anxiété et l'attente des pics épidémiques » résume Aujourd'hui au Faso. « Et dans ce combat pour la vie », explique le journal burkinabé citant le discours de la Reine d'Angleterre hier soir, « les Africains comme les Européens ont mal à la quarantaine ». Mais le quotidien implore : « il faut tenir 3 mois d’âpre lutte, de discipline, de prise de conscience pour enfin voir les étreintes mortelles du Covid-19 se relâcher. »
 
Au Mali, des nouvelles de Soumaïla Cissé
 
Et le chef de l'opposition, enlevé voilà plus d'une semaine, « va bien » selon son parti l'URD dans une déclaration relayée à la fois par les sites d'information maliens et le site marocain Barlamane.com.
 
Maliweb explique que le chef de l'opposition « n'a pas encore été autorisé à parler à ses proches au téléphone (…) mais qu'il aurait reçu des médicaments ».
 
Malijet précise de son côté que désormais seul le chef de l'opposition est détenu après la libération de huit membres de sa délégation. « Les négociations se poursuivent » selon l'Union pour la République et la Démocratie

RFI

Lundi 6 Avril 2020 - 09:33



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