Côte d’Ivoire: rencontre avec l’un des leaders des mutins de Bouaké

A Bouaké, après les mutineries des dernières semaines, la tension a baissé. C'est de là qu'était parti le premier mouvement de colère des militaires qui réclamaient notamment des primes. Le gouvernement a promis d'accéder à leurs revendications et de payer 12 millions de francs CFA à 8 500 d'entre eux. Un premier versement a déjà été effectué. Désormais, les mutins ne s'expriment plus alors que la population s'interroge toujours sur cette crise et que les rumeurs vont bon train.



La rencontre se tient dans un lieu discret de Bouaké. Casquette, jeans, l'homme est habillé en civil. Il explique que la mutinerie vient des anciens rebelles pro-Ouattara dont la colère couvait depuis longtemps : « Ça me fait mal qu’on arrive à cette situation-là aujourd’hui. Mais c’était la seule manière de se faire entendre. A chaque fois, on se dit, on va soulever, on va se soulever. Donc psychologiquement, tout le monde était prêt. Rien n’était préparé. Mais quand ça a commencé, chacun savait que ça allait commencer. Mais quand ? Personne ne savait ».
 
Selon lui, des promesses n'ont pas été tenues, notamment des primes prévues dans l'accord de Ouagadougou, d'autres promises par les officiers rebelles de l'époque à ceux qui combattront, ou encore des intégrations ou avancements injustifiés. Résultats entre les mutins et leur hiérarchie, c'est la rupture : « C’est la tête qui est le poison. Et les chefs qui devaient rendre compte au président et expliquer, ne l’ont pas fait. Ils sont devenus des hommes d’affaires, ils s’en fichent de nous. On sait bien que l’armée, c’est la discipline, et c’est la hiérarchie. Et si la hiérarchie ne reflète pas l’humilité, voilà ce que ça donne ».
 
En tout cas, l'homme est aujourd'hui formel, il n'y aura plus de mutinerie : « Ça nous faisait comme même du mal puisqu’on n’a pas voulu que ça soit ainsi. Il n’y a plus d’inquiétude. C’est fini, même on a fait un dîner au camp. A partir de lundi, celui qui ne vient pas au camp, ça devient un problème. Nous, on s’organise à chaque camp pour punir les rebelles ».
 
La seule chose qui le ferait sortir de sa caserne, dit le soldat, ce serait qu'on attaque le président Ouattara.

Rfi.fr

Lundi 23 Janvier 2017 - 14:13



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