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#Covid19- MédiS Sénégal ferme ses portes, le cri de cœur de 117 employés permanents et plus de 200 journaliers et temporaires



#Covid19- MédiS Sénégal ferme ses portes, le cri de cœur de 117 employés permanents et plus de 200 journaliers et temporaires
MédiS Sénégal qui est la seule industrie pharmaceutique de manufacturing sénégalais en exploitation a fermé ses portes depuis le 15 janvier 2020 en déclarant un chômage technique à cause de difficultés financières, révèlent la section syndicale, dans une note transmise à PressAfrik ce jeudi. 

Les 117 employés permanents et plus de 200 journaliers et temporaires pour assurer ses activités lancent un cri de cœur, car la faillite de MédiS Sénégal représenterait une catastrophe sanitaire et industrielle avec une suppression de plus de 250 emplois.

Pourtant, selon le syndicat, certains médicaments de la firme (Chloroquine, Paracétamol, Doliprane, Quinine et Terpine) sont actuellement utilisés dans le traitement symptomatique du COVID-19. Nonobstant les rencontres décrochées avec le ministre de la santé et les Directeurs de plusieurs institutions de la République (Direction du Travail, Direction de l’industrie, Direction de la Pharmacie et du Médicament, Haut Conseil du Dialogue Social, CNTS) la situation s’aggrave de jour en jour, ce qui va à l’encontre de la politique de l’Etat en matière de lutte contre les faux médicaments et la promotion de l’industrie pharmaceutique locale. 

L’Etat du Sénégal ne détient pas plus de 5% des actions de Médis Sénégal qui appartient pourtant au secteur stratégique de l’industrie du médicament. Nous demandons à l’Etat du Sénégal d’augmenter ses parts dans le capital dans le but d’avoir du cash pour redémarrer la production et imposer à la Direction de MédiS Sénégal le respect de ses engagements prises. Lors d’une rencontre récente le 20 mars, le Directeur de la Pharmacie et du Médicament (DPM) nous a informés que si une conciliation à l’amiable n’est pas vite trouvée entre les deux parties (Direction de MédiS et son Personnel), l’Etat du Sénégal pourrait utiliser son pouvoir de réquisition afin d’éviter une rupture de ces médicaments de traitement du COVID-19. 

Conscient des multiples problèmes (humain, technique et financier) rencontrés par l’entreprise, les Délégués du Personnel avaient pris la responsabilité d’alerter le Président du Conseil d’Administration et les Autorités sénégalaises (Président de la République, Ministre de la santé et Directions rattachées DPM/PNA, Ministre de l’industrie, Ministre du travail) sur la mauvaise gouvernance et le risque sanitaire en cas de faillite de l’entreprise à travers un mémorandum datant du 19 décembre 2019. 

En réponse au mémorandum des délégués du personnel, la direction Générale de MédiS a pris la décision unilatérale et en violation des directives du code du travail sénégalais à envoyer la quasi-totalité du personnel en chômage technique à partir du 15 janvier 2020 pour une durée de six (06) mois. 

Le plan de chômage technique partiel avec un effectif réduit de 30 employés qui nous a été proposé par la Direction représente une restructuration radicale de l’entreprise qui consiste donc à une réduction drastique du personnel et l’orientation de l’activité à faire uniquement du conditionnement secondaire des nouvelles molécules à Dakar déjà fabriqués à Tunis et l’abandon pure et simple de la partie Fabrication de tous les produits de santé publique de l’ancien portefeuille à Dakar pour cause de faibles marges. 

C’est pourquoi nous sommes convaincus que tout employé envoyé en chômage technique est purement licencié sans droits parce qu’on aura plus besoin de lui dans cette nouvelle stratégie. Ce projet capitaliste n’est pas bénéfique ni pour les emplois (suppression), ni pour l’Etat (politique sanitaire, promotion de l’industrie pharmaceutique locale, lutte contre les faux médicaments), ni pour la population (accès aux médicaments à faible coût).

A ce jour, les employés de MédiS Sénégal sont restés 3 mois sans salaire et sans prise en charge médical avec leur famille. La production de MédiS Sénégal est à l’arrêt depuis le 15 décembre 2019 alors que beaucoup de médicaments de santé publique (Gardénal, Phénobarbital, Fer etc.) sont en rupture actuellement au Sénégal. 

Salif SAKHANOKHO

Jeudi 26 Mars 2020 - 17:45



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