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Europe centrale: face à l’afflux de migrants, chacun joue sa partition

Un camion de migrants a été intercepté hier matin dans l'ouest de l'Autriche. Il transportait 26 personnes dont trois jeunes enfants, venus de Syrie, du Bangladesh et d'Afghanistan. Les passagers étaient déshydratés mais ils ont malgré tout eu de la chance, à l’inverse des 71 migrants retrouvés morts à l'arrière d'un autre camion mercredi. La « route des Balkans » apporte chaque jour son lot de drames et face à eux, les pays se replient sur eux-mêmes.



Face à l'afflux de migrants, les pays d'Europe centrale se sentent dépassés et optent pour des politiques peu solidaires, voire totalement exclusives.

 • En Hongrie, un mur de barbelés critiqué

Les Hongrois viennent d’achever de tirer une ligne de barbelés de 175 kilomètres  le long de leur frontière avec la Serbie (voir encadré). Et ils promettent de la compléter d’ici la fin de l’année d’une palissade de 4 mètres de haut. Une initive à laquelle ont peu goûté Bruxelles, Belgrade et les ONG, qui ont vivement critiqué le manque d'humanisme du gouvernement Orban et le repli sur soi du pays.

 • En République tchèque, certains pensent à l'Otan

Le vice-Premier ministre tchèque, Andrej Babis, entend faire verrouiller les frontières extérieures de l’espace Schengen par les troupes de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord : « Nous devons immédiatement fermer l'espace Schengen, nous avons besoin de défendre Schengen. » Ainsi les troupes de l'Otan devraient, selon celui qui dirige aussi le mouvement ANO, souvent taxé de populisme, aider la Bulgarie et la Macédoine à faire face à l'afflux de migrants.

 •  En Slovaquie, on est prêt à accueillir... juste des chrétiens

Les Slovaques veulent bien accueillir des réfugiés mais à condition qu’ils soient Syriens, chrétiens et pas plus de 200. Raison invoquée : « Ils [les chrétiens] ont de grandes capacités potentielles de s’intégrer de façon transparente à notre société, selon le ministère de l'Intérieur slovaque. Nous n’avons rien contre la religion et ce n’est pas de la discrimination. C’est juste un effort de la part de la Slovaquie pour réussir leur intégration. » Une décision qui a, là encore, froissé Bruxelles.

 • En Pologne, priorité aux Ukrainiens

Et le président de la Pologne, Andrzej Duda, ne veut pas accepter actuellement de migrants au motif qu’il réserve ses centres d’accueil à d’éventuels réfugiés ukrainiens. « La Pologne, en tant que membre de l'Union européenne veut se montrer solidaire mais concernant les réfugiés nous avons un problème particulier en raison du conflit en Ukraine. [...] Déjà maintenant, il y a des indications selon lesquelles des centaines de milliers d'Ukrainiens veulent fuir [en allant] chez nous », a-t-il indiqué, fin août, avant une visite en Allemagne.

En revanche sous l’impulsion de Paris et de Berlin qui ont compris que ce sont près d’un demi-million de personnes qui se sont ruées sur l’Europe depuis le début de cette année, et que ce n’est pas fini, Slovènes et Autrichiens ont rejoint le camp des pays enfin ouverts à un règlement européen complet et permanent de toutes les questions liées aux migrations.

L’absence de débat d’ensemble continue donc. Mais sous le choc des réalités, les toujours très pragmatiques dirigeants des pays de l’Union européenne commencent à changer d’orientation.


 ■ Le mur de barbelés hongrois ne décourage pas les migrants

Avec notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy

 


Malgré l’annonce par la Hongrie de l’achèvement de sa clôture, les passages clandestins de la frontière ont continué toute la nuit. Une quinzaine de bus de migrants, pour la plupart des refugiés syriens et irakiens, sont arrivés à la gare routière de Subotica.

Dans la plupart des cas, les migrants ont aussitôt repris des bus locaux de nuit, spécialement affrétés pour eux, qui les ont conduits dans divers villages frontaliers. A Backi Vinogradi par exemple, deux groupes de 50 personnes - deux bus - ont marché sur la frontière dans la nuit.

Sur presque toutes les routes secondaires, il n’est pas possible de rouler quelques kilomètres sans tomber sur des groupes de réfugiés en marche. La plupart de ces groupes choisissent de passer la frontière juste à côté de routes principales ou de la voie de chemin de fer. Ces endroits sont donc très surveillés par la police hongroise.

Il y aurait cependant des zones non surveillées, surtout parce que non empruntées par les migrants. Des habitants de certains villages font état de chemins dans les champs où il n’y a ni policiers, ni barbelés.


Rfi

Dimanche 30 Août 2015 - 09:24