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Fonds FORCE COVID19 : la mise en place du Comité de Supervision devrait précéder toute dépense, même urgente (Avenir Sénégal)



Samedi 11 avril 2020, le Président Macky Sall a lancé l'opération de convoyage des vivres dans les régions dans le cadre de l'assistance aux ménages impactés par le COVID-19, rappelle la plateforme Avenir Sénégal, dans un communiqué parvenu à PressAfrik.

Cette opération marque le début de la mise en œuvre du programme d’aide alimentaire d'urgence doté d'une enveloppe de 69 milliards de Francs CFA, tirée du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du coronavirus (FORCE-COVID-19) pour l'achat de 146.000 tonnes de denrées alimentaires à distribuer à environ un million de ménages ciblés sur l'ensemble du territoire national.

Tout en félicitant le Président de la République pour la diligence apportée dans la mise en place de ces programmes d’aide, la Plateforme AVENIR Senegaal Bi Nu Begg attire néanmoins son attention sur le fait que toutes les conditions de transparence, d’inclusion et d’équité ne sont pas encore garanties au moment où le Gouvernement procède à l’achat et à la distribution de vivres, à travers des commandes d’urgence engageant des dizaines de milliards de francs CFA.

Dans son adresse à la Nation du 3 avril 2020, veille de la fête du 60ème anniversaire de l’indépendance de la République du Sénégal, le Président Macky avait annoncé que l’ensemble des dépenses liées à la mise en œuvre du Programme de résilience économique et sociale seront couvertes par le Fonds « FORCE-COVID-19 », doté de mille milliards de FCFA, financé par l’État et des donations volontaires. Pour garantir une gestion irréprochable de ce fonds, il avait annoncé « qu’un Comité de pilotage serait mis en place pour assurer la supervision du Fonds. Ce Comité serait composé de représentants de l’État, de l’Assemblée nationale, toutes sensibilités confondues, et de la société civile. »

Ce Comité n’est toujours pas mis en place, plus d’une dizaine de jours après l’annonce du Président de la République. Le fait d’avoir engagé des dizaines de milliards pour l’achat de vivres et pour le transport de ces denrées, à travers des marchés de gré à gré justifiés par l’urgence, avant d’avoir mis en place le comité de supervision du Fonds est une manière de mettre la charrue avant les bœufs. Normalement le Gouvernement devrait avoir le même souci d’urgence dans la mise en place du Comité que dans celui de l’achat des vivres.

Les informations relayées par les médias, et jusqu’ici non clarifiées par le Ministère en charge du Développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale, sur les coût du transport des denrées alimentaires, les quantités de produits achetés, les prix d’achat des produits et les bénéficiaires des marchés octroyés sont de nature à jeter le trouble dans l’esprit des sénégalais.

C’est pourquoi la Plateforme AVENIR Senegaal Bi Nu Begg invite le Président Macky Sall à mettre en place, sans délai, le Comité de pilotage du Fonds « FORCE COVID 19 » pour garantir la transparence totale de la gestion de l’argent mobilisé par des sénégalais, au prix d’importants sacrifices. Une fois le Comité installé, les montants déjà engagés devraient  faire l’objet d’un audit complet, dont les résultats seront rendus publics.

Le Sénégal, à l’instar de nombreuses autres Nations, est face à son destin. À la fin de cette crise, tous les peuples tireront le bilan de leurs actions. On verra alors si le Président de la République du Sénégal a su se mettre dans une posture éthique et politique correspondant aux enjeux du moment. La morale, l’éthique et le droit le condamneraient s’il laissait des sénégalais se mettre en situation de s’enrichir à partir d’un fonds que l’État et d’autres sénégalais ont permis d’abonder en se privant. L’État perdrait  beaucoup de sa crédibilité et sa légitimité, déjà mise à rude épreuve, en subirait un sérieux coup.

Mais quoi qu’il en soit, le peuple Sénégalais se réservera toujours le droit de revendiquer un audit indépendant et complet par les organes de contrôle de la République comme l’Inspection Générale d’État (IGE), la Cour des Comptes, la CENTIF ou tout autre mécanisme d’audit et de contrôle qui pourrait être mis en place.

Salif SAKHANOKHO

Mardi 14 Avril 2020 - 09:34


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