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Forces étrangères au Mali : Plus de 15 000 hommes pour quoi faire ?

La question est d’actualité au moment où l’insécurité se généralise sur l’étendue du territoire national à un rythme quasi quotidien d’attaques perpétrées çà et là par des terroristes. Tous ces attentats, avec mort d’hommes et dégâts matériels, se font au nez et à la barbe des forces étrangères (Barkhane et Minusma) si elles n’en sont pas elles-mêmes les cibles. Plus que jamais, les populations maliennes s’interrogent sur la présence et l’utilité de ce « pléthore » d’éléments étrangers: 11 231 militaires et 1 745 policiers de la Minusma, près de 4000 hommes de l’opération Barkhane.



Forces étrangères au Mali : Plus de 15 000 hommes pour quoi faire ?
Le Mali se délite sur tous les plans. La situation sécuritaire, qui sert de prétexte à la présence sur le sol malien aux forces étrangères, semble aller de mal en pis. Pourquoi la Minusma ne mène-t-elle pas des opérations contre ces terroristes qui écument le nord du Mali et au-delà ? « Cela ne relève pas de leur mission », selon leurs responsables. D’où, ces voix qui s’élèvent de plus en plus au sein de l’opinion pour décrier la présence la mission onusienne au Mali. Quelle mission est-elle assignée à la Minusma ? Celui-ci est-il compatible avec la réalité du terrain ? Revue des mandats qui posent visiblement problème.
 
Le Conseil de sécurité a créé la Minusma par sa résolution 2100  (2013), du 25 avril 2013. En vertu de cette résolution, la Mission a été chargée d’appuyer le processus politique. Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité, a autorisé la Minusma à prendre toutes les mesures requises pour s'acquitter du mandat qui lui a été confié. Le Conseil de sécurité a demandé à la Minusma d’aider les autorités de transition maliennes, à stabiliser le pays et à appliquer la feuille de route pour la transition, en accordant une attention prioritaire aux principales agglomérations du Nord et aux axes de communication, en protégeant les civils, en surveillant la situation des droits de l’homme, en mettant en place les conditions indispensables à l’acheminement de l’aide humanitaire et au retour des déplacés, à l’extension de l’autorité de l’État et à la préparation d’élections libres, ouvertes à tous et pacifiques.
 
Dans sa résolution 2164 (2014) du 25 juin 2014, prorogeant le mandat de la Minusma pour une année supplémentaire, le Conseil a décidé d'axer le mandat sur des tâches prioritaires telles que la sécurité, la stabilisation et la protection des civils, l'appui au dialogue politique national et à la réconciliation nationale, ainsi qu'à l'appui au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays, à la reconstruction du secteur malien de la sécurité, à la promotion et la protection des droits de l’homme, ainsi qu’à l’aide humanitaire.
 
Par sa résolution 2227 (2015), le Conseil de Sécurité a renouvelé le mandat de la Minusma et l’a essentiellement réorienté sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali et la supervision du cessez-le-feu. Outre les tâches spécifiques assignées à la Minusma, le Conseil de Sécurité établit dans sa résolution 2227 les obligations incombant aux parties maliennes à l’Accord de paix et de réconciliation nationale et des acteurs internationaux concernés, y compris le Comité de Suivi de l’Accord (CSA) et ses membres.
 
Lors du troisième renouvellement du mandat de la Minusma, à travers sa  résolution 2295 (2016), le Conseil de Sécurité a décidé que la priorité stratégique de la Mission consiste à appuyer la mise en œuvre par le Gouvernement, les groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination, ainsi que par d’autres parties prenantes maliennes, de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, en particulier ses dispositions relatives au rétablissement et à l’extension progressive de l’autorité de l’État. Il autorise la Mission à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses zones de déploiement et demande à la Minusma d’adopter une démarche plus proactive et robuste afin de mener à bien son mandat.
 
La résolution 2364 (2017) maintien l’effectif de la Minusma à un maximum de 13 289 militaires et 1920 policiers. La priorité stratégique de la Mission demeure l’appui à la mise en œuvre par le Gouvernement, les groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination, ainsi que par d’autres parties prenantes maliennes, de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Et ce, en particulier dans ses dimensions politiques et ses aspects liés à la sécurité, notamment le rétablissement et l’extension progressifs de l’autorité de l’État.
 
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil de Sécurité décide que le mandat de la Minusma comportera les tâches prioritaires, comme l’appui à la mise en œuvre de l’Accord. Ainsi la mission devait appuyer les efforts du gouvernement pour rétablir et étendre effectivement et progressivement l’autorité de l’État et l’état de droit sur tout le territoire ; soutenir le cantonnement, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés. Et, par ailleurs, elle a aussi pour mission d’assurer, sans préjudice de la responsabilité première des autorités maliennes, la protection des civils menacés de violences physiques; en soutien aux autorités maliennes, stabiliser les principales agglomérations et les autres zones où les civils sont en danger, notamment dans le nord et le centre du Mali, et, à cet égard, renforcer les moyens d’alerte rapide, anticiper, écarter et contrer les menaces, notamment les menaces asymétriques, et prendre des mesures actives et robustes pour protéger les civils, y compris en effectuant activement et efficacement des patrouilles dans les zones où les civils sont en danger, et empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones, en ne menant d’opérations directes qu’en cas de menaces graves et crédibles; contribuer à créer les conditions de sécurité indispensables à l’acheminement sûr de l’aide humanitaire sous la direction de civils, conformément aux principes humanitaires, et au retour volontaire, en toute sécurité et dans la dignité, des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et des réfugiés, ou à l’intégration locale ou à la réinstallation des déplacés et des réfugiés, en coordination…
 
 
 
Tout sauf l’essentiel
 
Il était bon que l’opinion sache les grandes lignes des mandats de la Minusma afin de se faire une idée plus précise sur l’intérêt ou non de sa présence au Mali. Dans ce chapelet de tâches, nulle part, il n’est fait cas formellement de la lutte contre le terrorisme. Or, le plus grand problème auquel le Mali est confronté aujourd’hui, à l’instar de la sous-région, de la bande sahélo saharienne et du continent tout entier, c’est la percée du terrorisme et du djihadisme.
 
Certes, les défis du développement, de la sécurité alimentaire, des infrastructures sociales de base (santé, éducation, eau et électricité…) se posent ; mais tous sont liés à la résolution des défis de la paix et de la sécurité.
 
Le Mali n’a jamais été aussi découvert sur le plan sécuritaire que maintenant, même au plus fort de la crise en 2012. Il ne se passe quasiment plus de semaine sans que des populations civiles innocentes, des éléments des forces armées maliennes, des casques bleus de l’ONU, des militaires français de Barkhane ne meurent, victime d’actes terroristes isolés ou de grande envergure, alors que le territoire est quadrillé et peuplé de forces étrangères.
 
Pourquoi ne pas étendre le volet « Protection des civils et stabilisation » du mandat de la Minusma à la lutte contre le terrorisme ? Pourquoi ne pas permettre aux casques bleus de traquer les djihadistes jusque dans leurs derniers retranchements ? Pourquoi ne pas donner carte blanche aux militaires de l’ONU d’aviser en fonction de la situation qui se présente ? Même le laisser-aller qu’engendreraient ces questions vaudra mieux que l’état actuel du mandat de la Minusma sur lequel celui-ci n’a réalisé quasiment aucun volet. Alors qu’elle a déjà perdu 146 éléments.
 
 
 
La France ne fait pas mieux…
 
L'opération Barkhane a été instituée en août 2014, en remplacement de l'ex-Serval. Cette opération de l'armée française dans la bande sahélo-saharienne (BSS) a pour mission de combattre le terrorisme dans cette zone. Mais en dépit des attentats déjoués, les terroristes continuent d'avoir pignon sur rue au Mali et ailleurs. Le débat est donc ouvert entre le maintien et le départ de cette opération.
 
L'opération Barkhane est en ce moment au cœur d'une vaste polémique. Tandis que certains plaident pour son maintien, d'autres la clouent au pilori pour inefficacité sur le théâtre des opérations. Dotée de 3000 militaires, une vingtaine d’hélicoptères, 200 véhicules de logistique, 200 blindés, 6 avions de chasse, 3 drones et une dizaine d’avions de transport, cette opération de l'armée française installée au Mali a pourtant connu des heures de gloire. Déployée dans la vaste zone désertique du septentrion malien, elle a mené plusieurs opérations qui ont permis d'annihiler des attaques terroristes contre la population et des édifices au Mali. Toutefois, force est de reconnaitre que de nos jours, la force française n'enchante plus. Elle s'est montrée incapable de combattre efficacement contre le terrorisme au Sahel et singulièrement au Mali. S'y ajoute sa passivité dans les affrontements opposant les groupes armés rivaux mettant en péril le processus de paix. De plus, elle est accusée de commettre des bavures comme c'était le cas, il y a quelques mois, lorsque des militaires maliens ont été tués par des hélicoptères français.

Malijet.com

Jeudi 8 Mars 2018 - 14:53



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