« Les autorités algériennes prennent la responsabilité d’une dégradation brutale de nos relations bilatérales », écrit le chef de l'État français, qui rappelle « l'intérêt » pour les deux pays de reprendre le dialogue engagé le 31 mars dernier. Dans son communiqué, l'Élysée exprime sa « consternation » après ce nouveau brusque coup de froid qui intervient quinze jours seulement après un appel entre le président Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune , censé relancer les relations après des mois de crise.
Ce nouveau raidissement fait suite à l'arrestation de trois ressortissants algériens, dont un employé consulaire, soupçonnés d'être impliqués dans l'enlèvement sur le sol français de l'influenceur et opposant algérien Amir Boukhors, il y a un an. Les trois ressortissants ont été mis en examen le 11 avril pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire, en relation avec une entreprise terroriste, et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, et ont été placés en détention provisoire. Dès samedi, le ministère algérien des Affaires étrangères avait dénoncé « l'argumentaire vermoulu et farfelu » du ministère français de l'Intérieur et fustigé une « cabale judiciaire inadmissible ».
« La France défendra ses intérêts et continuera d’exiger de l’Algérie qu’elle respecte pleinement ses obligations à son égard, s’agissant tout particulièrement de notre sécurité nationale et de la coopération en matière migratoire. Ces exigences vont avec l’ambition que la France continuera d’avoir pour ses relations avec l’Algérie, compte tenu de ses intérêts, de son histoire et des liens humains existants entre nos deux pays », poursuit le communiqué de l'Élysée.
Sur le réseau X, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, qui était personnellement allé à Alger début avril, affirme que « les autorités algériennes ont choisi l'escalade ». « Nous répliquons comme annoncé », ajoute-t-il. « Le dialogue, toujours, mais pas à sens unique », conclut le ministre.
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